Philotropes

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mercredi 1 février 2012

Naturalisme et sciences sociales : le débat se déplace en sociologie

Olivier Morin me signale que la revue Sociologies est actuellement le théâtre d'un débat sur l'intérêt des approches naturalistes en sciences sociales. Tout commence avec un article de Laurence Kaufmann et Laurent Cordonnier, suivi d'une réponse d'Albert Ogien et d'une autre de Louis Quéré. Puis, dans le numéro de Janvier 2012, tout s'emballe :

Après avoir ouvert la discussion sur le naturalisme social lors de la livraison précédente, SociologieS a reçu plusieurs textes reprenant et amendant les arguments et critiques énoncés par Albert Ogien et Louis Quéré. Bien sûr Laurence Kaufmann et Laurent Cordonnier ont utilisé leur droit de réponse, mais Joëlle Proust défend une intégration en sciences sociales des savoirs issus de la biologie évolutionnaire et des sciences cognitives, Olivier Morin défend un naturalisme minimal en sciences sociales, Christine Clavien plaide pour l’ouverture permettant une réelle interdisciplinarité dans la saisie de la socialité humaine et Nathalie Heinich souligne l’impasse d’une approche réductionniste, qu’elle soit naturaliste ou anti-naturaliste.

samedi 24 septembre 2011

LIVRE: Recension de "La Morale Humaine et les Sciences"

Vous pouvez retrouver sur nonfiction une recension par Martin Gibert de l'ouvrage dirigé par Alberto Masala et Jérôme Ravat, La Morale Humaine et les Sciences (disponible uniquement en format électronique ici). Pour rappel, le volume est tiré des interventions qui constituaient les Journées "Naturaliser la Morale".

lundi 12 septembre 2011

Williamson contre le naturalisme

Il y a quelques jours Timothy Williamson a signé un commentaire orienté grand-public dans la rubrique The Stone de la version on-line de The New York Times dans laquelle il s'attaque à la fameuse question du naturalisme. Il me semblait que cela pourrait intéresser les lecteurs de ce blog.

L'argument de Williamson semble très simple : si l'on entend par « naturalisme » une théorie ou une doctrine, alors c'est une doctrine qui affirme, d'une part, que seul le monde naturel existe, et d'autre part, que seule la méthode scientifique nous permet de découvrir ce qui existe. Or, selon Williamson ni la première, ni la seconde affirmation ne sont satisfaisantes et il vaut mieux alors ne pas adhérer à cette doctrine qui ne tient pas la route.

Contre la première affirmation du naturalisme, Williamson mentionne d'abord le problème du superflu du « monde naturel » : qu'est-ce qui compte comme le monde naturel ? L’auteur remarque que la science contemporaine ne limite plus la description du monde à la matière ou aux atomes. Quels sont alors les critères pour dire ce qui est naturel (et non super-naturel) ? Outre ce problème du superflu concernant ce qui compte comme ingrédients du « monde naturel » Williamson signale, à l’induction pessimiste, que les théories des sciences actuelles, risquent bel et bien d'être remplacées par d'autres théories futures, à l'instar de la majorité des théories postulées par les sciences d'antan. Cela rend évidemment la description du monde naturel, sur la base de nos théories scientifiques, pour le moins risquée. Une option ici est, comme le précise Williamson, de dire que le monde naturel est ce que la méthode scientifique (au sens méta-théorique) va permettre éventuellement de découvrir dans un futur lointain. Cela revient au bout de compte à adopter uniquement la deuxième affirmation du naturalisme : c'est seulement la méthode scientifique qui nous permet (ou plutôt nous permettra) de découvrir ce qui existe.

Contre ce naturalisme méthodologique, Williamson utilise un argument qui reprend le problème de la démarcation entre science et non-science. Qu'est-ce que la méthode scientifique contrairement à une méthode non-scientifique ? Si l'on définit la méthode scientifique de façon trop restrictive (comme la méthode hypothético-deductive) alors on risque d’exclure certains domaines qui sont néanmoins une source importante de nos connaissance (comme les mathématiques, la logique, l’histoire..). En outre, si l'on définit la méthode scientifique de façon trop inclusive, on risque d'inclure plus que ce que les naturalistes voudraient. Et dès lors, la démarcation entre la science et non-science semble s'effacer.

Personnellement mon problème avec la position de Williamson ne concerne pas tant sa critique envers le naturalisme (quoique certains points semblent trop rapides : H-D semble être dépassé, même si son esprit est gardé. Ou encore le projet quinnien de naturalisation des maths mérite néanmoins plus d'attention.). Ce qui m'étonne vraiment, c'est le substitut proposé par Williamson pour les naturalistes une fois la doctrine abandonnée : selon lui, au lieu d’adhérer à une doctrine ambiguë et dogmatique (« le naturalisme »), il faut avoir un état d'esprit scientifique, « une façon de réfléchir scientifique » (qu'il voit comme ce qui a motivé le naturalisme). Ce « réfléchir de façon scientifique » est identifié comme étant « une exemplification de certaines valeurs », telles que : « curiosité, honnêteté, précision, exactitude, rigueur ». Certes, ce sont de belles valeurs ou principes que les scientifiques appliquent. Pourtant, le problème est que ces mêmes valeurs sont partagées par une multitude et non seulement par des esprits scientifiques. Ainsi, le même problème de démarcation revient. Car au bout de compte, ces valeurs de rigueur, de précision, de curiosité etc. sont certes, incarnées par les scientifiques, mais un ramasseur de champignons par exemple, me semble-t-il les incarne aussi parfaitement sans pour autant d'être un scientifique. Ainsi en quoi est-ce que la science diffère-t-elle d'un cercle de mycologie si ce qui compte est simplement une certaine façon de réfléchir ?

Et vous, êtes vous convaincus par les arguments de Williamson?

P.S. Une discussion intéressante concernant l'article de Williamson est aussi ici.

jeudi 19 mai 2011

THESE: Marie-Christine Nizzi sur "Le propre et l'etranger : le concept d'identite vecue en premiere personne"

Le samedi 21 mai à 14h00, Marie-Christine Nizzi défendra sa thèse dans l'Amphi de Gestion, Université Paris 1 – Panthéon-Sorbonne, 14 rue Cujas.

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mercredi 5 janvier 2011

TEASER: Francis Wolff sur "Notre Humanité" (ou comment donner envie d'acheter un livre)

Le site du Monde des Religions vient de mettre en ligne quelques fragments, entremêlés de remarques, d'un entretien avec Francis Wolff au sujet de son dernier livre, Notre Humanité. Ce qu'on peut au moins dire, c'est que le suspense est à son comble et que ça donne envie d'acheter le livre.

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mercredi 17 novembre 2010

Sur l'argument de l'indispensabilité des mathématiques

J'ai l'intention de soumettre l'article suivant à une revue : Le réalisme mathématique est-il indispensable ?. Tous les commentaires pour améliorer ce travail sont les bienvenus !

jeudi 21 octobre 2010

LIVRE: Nicolas Baumard sur "Comment nous sommes devenus moraux"

C'est aujourd'hui que sort chez Odile Jacob le livre de Nicolas Baumard intitulé "Comment nous sommes devenus moraux", tiré de sa thèse. N'hésitez pas à l'acheter et à le lire. Je vous le conseille fortement.

Nicolas Baumard sera aussi sur France Inter Lundi 25 octobre à 6h50 pour parler de son livre.

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vendredi 15 octobre 2010

EDITEUR: Editions Matériologiques

Une nouvelle maison d'édition vient de voir le jour : les Editions Matériologiques, qui prennent la suite de la collection du même nom récemment abandonnée par Syllepse. Son but est clair :"Les Éditions Matériologiques publient des œuvres scientifiques et philosophiques inscrites dans les champs naturaliste et matérialiste."

L'un de leur premiers ouvrage sera La Morale Humaine et les Sciences, dirigé par Alberto Masala et Jérôme Ravat. Le livre est tiré du colloque Naturaliser la Morale auquel j'avais participé. La première version de ma contribution peut être lue ici.

Les Editions Matériologique reprennent aussi à Syllepses la publication de la revue Matière Première. Le premier numéro de la revue est disponible en ligne (il suffit de s'inscrire pour le télécharger). Vous y trouverez entre autres des article de Nicolas Baumard et Jérôme Ravat (encore).

mercredi 10 mars 2010

Nicolas Baumard (et autres) sur l'empathie

Lundi 22 février, Nicolas Baumard, un ancien collègue de l'Institut Jean Nicod, était sur France Culture pour parler de l'empathie, accompagné de quelques seconds couteaux (Frans de Waal et Pascal Picq). L'émission peut encore être écoutée ici.

Tout au long de l'emission, on pourra s'amuser de l'étonnement de Frans de Waal devant le manque de philosophes français naturalistes et notamment les thèses d'Elisabeth Badinter.

mardi 11 août 2009

Matérialisme et liberté de la volonté

Un jeune lecteur de Philotropes me fait part de l'anxiété qu'il ressent en réfléchissant aux implications du naturalisme pour la liberté de la volonté. (Et, double signe de son tempérament philosophique, il n'en rejette pas pour autant le naturalisme, ni n'en écarte de son esprit ses implications supposées!) La question est aussi classique que profonde; voici son courrier et ma réponse, et cela m'intéresserait de savoir ce que d'autres (notamment naturalistes) auraient répondu.

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lundi 18 mai 2009

CONF: "Naturaliser la Morale" - Compte-rendu

La conférence "Naturaliser la Morale" s'est bien passé. Vous pouvez trouver le texte de mon intervention ici et mon magnifique powerpoint ici.

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mercredi 13 mai 2009

CONF: "Naturaliser la Morale", oui ! mais dans une autre salle

La conférence change de place (mais pas d'horaire).

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dimanche 10 mai 2009

CONF : Conférence "Naturaliser la Morale"

Le vendredi 15 et le samedi 16 mai en Sorbonne. Organisée par Jérome Ravat et Alberto Masala (de l'équipe "Rationalités contemporaines" de l'Université Paris IV-Sorbonne). Je serai là.

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Nietzsche et le naturalisme

Quelques liens vers des articles présentant Nietzsche comme un philosophe naturaliste plutôt que comme un proto-postmoderne.

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mercredi 12 mars 2008

Un argument contre l'épiphénoménisme

Ou : "Autobiographie intellectuelle : comment je me suis tiré une balle dans le pied."

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jeudi 30 mars 2006

Briser le charme: Dennett sur la religion

D. Dennett sort un nouvel ouvrage naturaliste: Breaking the Spell: Religion as a Natural Phenomenon (Briser le charme: la religion comme phénomène naturel).

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