
Il est paru hier et c'est un régal pour ceux qui aiment les expériences de pensée (ceux qui attendent par contre une théorie morale développée seront déçus : ce n'est pas le but de l'ouvrage).
Je cite un passage que je trouve drôle :
L'idée de faire des expériences sur les comportements pour confirmer des hypothèses sur la "nature humaine" est ancienne.
Kant était un amateur de cet exercice, pour lequel il n'était peut-être pas très doué. L'une de ses hypothèses était qu'une femme boude plus longtemps si on lui dit qu'elle est vieille (c'est objectif) que si on la traite de laide (c'est subjectif).*
(*Il l'aurait réellement testé sur ses soeurs, ce qui lui aurait peut-être valu, aujourd'hui, des poursuites judiciaires pour cruauté mentale : Louis Ernest Borowski, Reinhold Berhnard Jachmann et Ehrgott André Wasianski, Kant Intime, dir., trad. Jean Mistler, Paris, Grasset, 1985.)
Je me demande si ça ne compte pas comme utiliser une personne uniquement comme un moyen, et pas comme une fin.