En conclusion, nous en identifions deux sources des arguments sceptiques: l'insaisissabilité des méthodes et l'insaisissabilité des possibilités. Nous n'avons pas de notion ordinaire des méthodes, et sommes enclins à en adopter une conception internaliste. Notre conception ordinaire des possibilités est instable et peut-être sensible au contexte, et nous sommes facilement amenés à prendre toute possibilité pour une possibilité réelle. Ces deux faits expliquent la force intuitive du scepticisme Cartésien. L'externalisme écarte ce dernier, mais pas une forme modérée de scepticisme dans laquelle nos méthodes s'avèreraient au mieux quasi-infaillibles. Que cette forme modérée de scepticisme soit vraie ou non dépend de détails fins de l'individuation des méthodes et de la sémantique des possibilités réelles. Le problème sceptique reste ouvert.

Un ensemble d'appendices complètent ce travail. Les trois premiers abordent des questions annexes et techniques liées aux parties II et III. Les deux derniers, plus longs, examinent en détail des questions plus avancées concernant les analyses modales de la connaissance, notamment les analyses en termes de sûreté. Le premier pose un problème pour l'idée, largement partagée, que la notion de sûreté doit être conçue comme étant relative au temps: moyennant quelques suppositions naturelles, cette idée est incompatible avec la clôture épistémique, c'est-à-dire la préservation de la connaissance par la déduction. Le second examine la question de savoir si les réquisits modaux doivent être centrés sur un sujet: est-ce que pour savoir quelque chose, je dois avoir une croyance fondée sur une méthode qui ne me conduirait pas à des croyances fausses, ou qui ne conduirait personne à des croyances fausses? La plupart des auteurs adoptent la première option sans la justifier; nous défendons la seconde.

PS: absence

Je suis en vacances pour une semaine, je ne répondrai aux commentaires qu'après le 7 juillet!