Connaissance, Methodes et l'Impossibilité de l'Erreur (IV)
Par julien dutant le vendredi 2 juillet 2010, 04:16 - Philosophie - Lien permanent
Suite du résumé de ma thèse, fraîchement soutenue: partie IV, philosophie du langage.
La partie IV examine l'infaillibilisme des méthodes du point de vue de la
philosophie du langage en reliant l'infaillibilisme des méthodes aux
attributions ordinaires de connaissance et à leur sémantique. Nous soutenons
que notre usage des verbes modaux dits «circonstanciels» (comme «il aurait pu
remporter la partie») et des conditionnels dits «contrefactuels» ou
«subjonctifs» (comme «s'il avait remporté la partie, nous l'aurions félicité»)
reflètent une l'existence d'une certaine notion de possibilité que nous nommons
la possibilité réelle. Étant données certaines connexions intuitives entre ces
constructions et les attributions de connaissance, nous défendons une
sémantique pour «savoir» selon laquelle la connaissance requiert d'éviter les
possibilité réelles d'erreur. Les traitements communs des modaux
circonstanciels et des conditionnels subjonctifs (Kratzer 2010, Gillies 2007)
suggèrent que la possibilité réelle est sensible au contexte: différents
contextes de conversations peuvent compter des domaines divers de possibilités
comme étant des possibilités réelles - des possibilités devant être prises
au sérieux. La sémantique peut ainsi donner une version du contextualisme à
propos des attributions de connaissance. Nous montrons que cette dernière évite
un nombre de problèmes que rencontrent les versions du contextualisme de Keith
DeRose (1995, 2009) et David Lewis (1996) - dont certains n'ont pas
encore été signalés dans la littérature, comme le fait que la sémantique de
Lewis viole la factivité de la connaissance. Une version invariantiste de la
sémantique est néanmoins défendable, mais elle mènerait naturellement à une
conception hétérodoxe des modaux circonstanciels et des conditionnels
contrefactuels comme étant invariants eux aussi.
PS: absence
Je suis en vacances pour une semaine, je ne répondrai aux commentaires qu'après le 7 juillet!
Commentaires
Pas le moindre commentaire sur votre thèse.
Le reste de la galaxie s'en fout?
Oui. C'est normal. C'est comme ça.
Des années passées dans un tunnel. Comme un rat?
Pire, une taupe.
Et qui sort enfin le museau en éructant "tremblez galaxies, mugissez, ma thèse enfin soutenue, c'est fait, c'est tout frais, attention, n'avancez pas sinon je recule et je met un pied dedans!"
Putain, personne, ils s'en foutent. Déprime.
Peut-être un articulet, quelque notules à tirer des pis de cette chèvre de thèse. Pauvre vieille peau, déjà stérile. Allez, deux merguez quand même.
Le mieux ensuite est de prendre des vacances à Parian, boire du mescal à l'ombre d'un cloître, citron, sel, en attendant la froide couleur jonquille de l'aube lorsque les portes des cantina rouvrent.
Se bourrer de Prosac, à défaut d'héroïne, dans une chambre d'étudiant en banlieue, pas mal non plus.
La dépression post-thésale se soigne. C'est douloureux?
Hmm, moins qu'une désagrégation pour un normal supérieur.
You see what I mean?
Pour l'instant, je ne me ferais pas trop de souci pour Julien : que peu de monde ait lu une thèse qui n'a pas été rendue publique et n'a été soutenue que récemment me parait tout à fait normal. Ce qui serait très inquiétant, c'est que, 5 ou 6 ans après sa thèse, pas une seule personne n'ait pris le soin de citer ou de même de lire les articles qu'il aurait pu en tirer, même ceux publiés dans une revue de bon niveau. Là, oui... ce serait un véritable signe d'échec.
A le relire, mont petit mot était sans doute un tantinet déplaisant. Je peux faire pire. Illustration.
(mode troll méchant on).
"Pour l'instant, je ne me ferais pas trop de souci pour Julien : "
Le reste du monde, et cela fait du monde, s'en fout complètement de Julien.
"que peu de monde ait lu une thèse qui n'a pas été rendue publique"
Remplacer "thèse" par "fille" et "lu" par "...", et l'ombre d'un sourire graveleux éclairera certaines faces.
Le temps ne fera rien à l'affaire. C'est plié. Bien avant la thèse. L'erreur fut de naître. Pas de sa faute, je sais. Mais c'est lui qui va souffrir.
"Ce qui serait très inquiétant, c'est que, 5 ou 6 ans après sa thèse, pas une seule personne n'ait pris le soin de citer ou de même de lire les articles qu'il aurait pu en tirer, même ceux publiés dans une revue de bon niveau."
Vous qui le connaissez mieux, vous êtes encore plus cruel. Sinon, pourquoi employer le conditionnel? Avec des amis comme vous, point n'est besoin d'ennemi.
"Là, oui... ce serait un véritable signe d'échec."
Vous prenez date. C'est un pari. C'est fait, c'est dit.
(mode troll méchant off)
Là il faudrait que je devienne gentil. Bon, un essai.
Une thèse cela sert à quoi?
Se trouver un emploi en CDI.
Bonne chance à toutes et à tous. Et à vous Julien.
Aïe. Je suis pas très doué pour la gentillesse.
C'est quand même plus facile la méchanceté anonyme !
J'ai un peu honte. Pas trop, mais un peu.
Je ne recommencerai pas, promis.
Bah, ce n'est pas si méchant, Cassandre, d'autant que votre commentaire est atténué à sa fin. Je vous conseille Bussy-Rabutin, auteur d'une histoire amoureuse des Gaules.
Je retiens cette phrase : "Avec des amis comme vous, point n'est besoin d'ennemis", je ne sais pas trop si vous en êtes l'auteur, mais cela supposé, il serait bien plaisant de lire quelques uns de vos épigrammes.
Je regrette toutefois que vous n'ayez su percevoir l'intérêt de sa thèse qui, ce me semble, défend ce principe : "la connaissance requiert d'éviter les possibilité réelles d'erreur". Réserve faite à cette qualité "réelle" des possibilités, l'auteur soutient que la connaissance requiert d'éviter de se tromper - définition ambitieuse, moyennant quoi, quantité de connaissances est employée à démontrer cette connaissance que l'on cherche, excepté celle de se tromper - que l'on suppose. Certains - des mauvaises langues - y décèleraient des ratiocinations de savants névrosés, je leur répondrais "qui n'a pas lu Keith DeRose n'a pas d'avenir", d'autres encore suspecteraient quelques flatteries à l'égard des membres du jury, puis compteraient, dans cette thèse, les bottes d'occurrences "Engel" ou "Williamson", que non, je leur dirais "un jeune étudiant respecte ses maîtres".
J'espère contre vous, Cassandre, que l'auteur comme la thèse ont un avenir (au juste, je ne vois pas comment en douter) ; si pour l'instant le premier est en vacances, aussi loin que possible de Troie, la seconde fera date, voilà qui est certain, entre Saint Benjamin et Sainte Alexandrine.