La partie I situe l'infaillibilisme des méthodes dans la perspective de l'histoire de la philosophie de la connaissance, dont elle propose une nouvelle vue d'ensemble. Nous défendons l'idée que la connaissance était traditionnellement conçue comme une croyance portant une marque discernable et infaillible de vérité. Nous illustrons cette idée, que nous nommons l'Ur-fondationnalisme, avec la philosophie stoïcienne de la connaissance. Elle mène au final au scepticisme de Hume, puisqu'aucune de nos croyances ou presque ne porte de telle marque. A l'époque contemporaine, les internalistes contemporains maintiennent (typiquement) l'élément de discernabilité tout en abandonnant l'infaillibilisme. C'est là l'analyse de la connaissance en termes de croyance vraie et justifiée qu'Edmund Gettier (1963) a réfuté. Les externalistes abandonnent plutôt la discernabilité tout en maintenant (typiquement) l'infaillibilité. Cette esquisse historique explique l'apparition récente du problème de Gettier, et va l'encontre de l'idée commune selon laquelle l'analyse de la connaissance en termes de croyance vraie et justifiée est la conception traditionnelle. Elle fournit aussi une motivation préliminaire pour l'infaillibilisme des méthodes, qui est une forme d'externalisme infaillibiliste.

(Cette partie développe des idées présentées dans mon article pour Klesis, et dans un petit livre "Qu'est-ce que la connaissance?" à paraítre chez Vrin.)

PS: absence

Je suis en vacances pour une semaine, je ne répondrai aux commentaires qu'après le 7 juillet!