Connaissance, Methodes et l'Impossibilité de l'Erreur (intro)
Par julien dutant le lundi 28 juin 2010, 04:00 - Philosophie - Lien permanent
Voici le résumé français de ma thèse, fraîchement soutenue: l'introduction. (La thèse elle-même est en anglais!)
Ce travail défend la thèse que la connaissance propositionnelle consiste en une croyance fondée sur une méthode infaillible, ou infaillibilisme des méthodes. Cette position appartient à la famille des analyses modales de la connaissance qui ont été développées dans les cinquante dernières années. Nous situons ces dernières dans une perspective historique large et donnons une caractérisation rigoureuse de leur forme et leurs variantes. L'infaillibilisme des méthodes est défendu comme l'analyse modale la plus simple qui satisfasse deux contraintes requises pour éviter le problème de Gettier et ce que nous appelons le problème des vérités nécessaires. Nous implémentons la thèse dans un nouveau type de modèle formel de la connaissance. Nous l'implémentons également dans une sémantique contextualiste des attributions de connaissance, mais nous laissons ouverte la question de savoir si cette dernière doit être adoptée. L'infaillibilisme des méthodes est ainsi examiné sous les angles de l'histoire de la philosophie de la connaissance, de la philosophie de la connaissance, de la logique épistémique et de la philosophie du langage, correspondant aux quatre parties de ce travail.
L'introduction précise la nature de notre projet. Nous nous intéressons à la connaissance propositionnelle, ou connaissance des faits. La connaissance des choses, ou «accointance», et le savoir-faire, ne sont concernés que dans la mesure où ils sont réductibles à la connaissance de faits, et ne sont en tout cas pas abordés directement. Nous défendons la thèse qu'une connaissance propositionnelle est une croyance fondée sur une méthode infaillible. (Précisons d'emblée que la notion de «méthode» utilisée ici, quoique dérivée d'un usage répandu par Robert Nozick, est spécifique à ce travail, et qu'il serait en particulier malvenu d'y associer des préconceptions cartésiennes ou ordinaires.)
PS: absence
Je suis en vacances pour une semaine, je ne répondrai aux commentaires qu'après le 7 juillet!
Commentaires
-je n'ai compris si tu définissais la connaissance par les méthodes, ou les méthodes par la connaissance : d'après ton résumé présent, c'est la première solution, mais tu écris à la fin de ta présentation de soutenance tu écris : "method infallibilism is better seen as a definition of methods rather than as a definition of knowledge". Je n'ai pas bien saisi ton argument pour dire qu'il n'y avais pas vraiment de circularité ici. Pour ne pas se prendre les pieds dans différent sens de "définition" ta thèse implique bien que la nature de la connaissance dépend de celle des méthodes, et non l'inverse ? Les méthodes sont métaphysiquement plus fondamentales que la connaissance, c'est ça ?
-est-ce que tu peux généraliser ta définition de la connaissance à des connaissance non-propositionnelles, comme connaître Julie, voir un coucher de soleil, savoir écrire ?
Le problème est qu'un modèle conduit inévitablement à l'erreur ou au leurre. Voir Mandelbroot et Nassim Taleb dans leur critique des modèles classique par les modèles à excédence. Mais un modèle n'est jamais la réalité et celui qui croit avec certitude (tu parles de "croyance") finit par dire que celle-ci est l'erreur.
Simple faitalisme.
Salutations distinguées.