Sylvain Reboul, Internet et Honnêteté intellectuelle
Par Florian Cova le mercredi 26 mai 2010, 11:23 - Divers - Lien permanent
Où comment briller sur le net en travestissant la vérité.
Apparemment, publier sur Internet sa "correspondance" est une stratégie de plus en plus répandue chez les "auteurs" en mal de reconnaissance qui n'ont pas les moyens de publier de véritables travaux. Dans le pire des cas, ces mêmes "auteurs" n'hésitent pas à tronquer leur compte-rendu de ladite conversation et de publier le tout sans prévenir et sans demander dans l'espoir d'avoir l'air plus brillant qu'ils ne le sont.
Ce genre d'incident vient tout juste de m'arriver. J'ai publié sur nonfiction.fr une recension du livre de Christine Clavien : "Je t'aide... moi non plus" (que je recommande chaudement). S'en est suivi dans les commentaires une brève conversation avec un quidam du nom de Sylvain Reboul. L'échange a tourné court, principalement parce que nous n'étions pas tout à fait d'accord sur la nécessité d'avancer des arguments pour défendre une thèse philosophique.
Suite à cet échange, le dit Sylvain Reboul a republié (sans me prévenir) la discussion sur son propre site. Si on compare la discussion à celle qui se trouve sur nonfiction.fr, on peut constater trois choses :
- La discussion a été coupée avant la fin , histoire de faire croire que Sylvain Reboul a eu le mot de la fin et que je suis resté sans voix face à sa rhétorique imparable,
- Sylvain Reboul a ajouté en plein coeur de la discussion des espèce d'apparté qui ne faisait pas partie de la discussion originale.
- Il a bien sûr omis de mettre un lien vers la discussion initiale, histoire que personne n'aille comparer.
Tout ça pour dire que je trouve ce genre de procédé :
- lâche : on arrête la discussion et on préfère critiquer l'interlocuteur dans son dos.
- honteux : on travestit la vérité.
- narcissique : on pense que ses petits commentaires écrits à la va-vite ont assez d'intérêt pour être publié sur un site.
Commentaires
Bon tout le monde va chercher alors autant donner l'adresse: la "publication" de Sylvain Reboul est là, sauf erreur. Mais si c'est bien cela, elle est non seulement disgracieuse et Orwellienne, mais en plus illégale, puisqu'il publie tes textes sans ton autorisation et sans même te les attribuer. C'est du copier/coller plagiariste comme on enseigne à nos étudiants de ne pas le faire. Ce n'est pas joli joli de la part d'un prof de lycée de montrer le mauvais exemple!
Par contre tu peux éclairer un peu ce qu'il se passe? J'ai l'impression que certains de "tes" passages copiés/collés/redécoupés sur son site ne son pas sur la discussion initiale. (Cette dernière est publiée à rebours, ce qui n'est pas facile à lire.)
Cet échange illustre assez bien l'opposition entre une formation logico-analytique et une formation historico-continentale.
Il est clair que la seconde argumente à partir d'une confiance dans les thèses de un tel ou un tel qu'en revanche la formation analytique apprend à juger en termes entre autres de cohérence logique. Je ne suis pas sûr que le différend puisse être réglé car certains esprits formés à la continentale seront portés à juger à tort scientiste l'application des critères de la logique aux thèses philosophiques et y verront un présupposé à questionner au lieu de les identifier aux conditions nécessaires de tout raisonnement quel qu'en soit l'objet.
Il y a encore beaucoup de travail avant que l'enseignement secondaire de la philosophie et les concours de recrutement ne basculent en direction d'une lecture non religieuse des auteurs. Il faudra admettre des idées comme par exemple celle du progrès en philosophie (sur certains problèmes bien sûr et non globalement). Cette révolution instaurera une distance plus grande encore entre l'image que le grand public se fait de la philosophie et sa pratique. Celle-ci sera alors débarrassée de la rhétorique et de la tentation littéraire.
LOL. C'est un gros blog de Victimes ici, en fait.
Comme dit Dudule, c'est parfaitement illégal, une petite lettre à son hébergeur suffira à faire fermer le site, ou tout au moins, constituera un coup de semonce suffisant au retrait d'une telle correspondance.
Cela dit, il me semble que Sylvain Reboul a raison en tout point sur le fond, démontrant une à une tes "erreurs de débutants", et un certain amateurisme.
Ne serais-tu pas un troll en fait FLORIAN COVA ?
Je n'ai évidemment rien à démontrer (tradition de ce blog), et me félicite que Reboul ait (trop ?) généreusement consacré son temps à s'y employer. J'imagine que tu persisteras dans tes arguments essentialistes (crapoterie) jusqu'à l'excès (hp), d'ailleurs tu te contrefiches de ce que pense tes contradicteurs (pas bien).
Il n'y a pas une once de mauvaise foi dans tout ce que j'ai écrit. Bien entendu.
PS : "honnêteté intellectuelle" est un pléonasme, passé dans le langage courant, certes.
Nous ne parlons pas "d'honnêteté des sentiments" mais de sincérité, ni d'"honnêteté intellectuelle" mais d'honnêteté ou, ce que tu visais, de loyauté.
L'honnêteté morale semble vous échapper...
@ Philalèthe
Je me souviens d'avoir lu quelques interventions de Sylvain Reboul, une fois où je m'étais honteusement abandonné à consulter un forum d’assez bas niveau où il était question de politique. Ce monsieur faisait la promotion de Ségolène Royal dans un contexte d'élections au premier secrétariat du PS. Je n'ai pas lu la correspondance qu'il a mise en ligne (peu lisible sur Explorer), mais si j'avais dû caractériser son style de raisonnement, je n'aurais pas dit qu'il relève de la tradition continentale : sa lecture m'avait, en effet, laissé une désagréable impression de réflexion lâche, d'érudition non méditée, d'absence d'effort à constituer un système que je ne retrouve pas lorsque je lis, par exemple, Foucault ou Heidegger. Il faudrait, il me semble, trouver un autre mot que "continentale" pour qualifier sa démarche.
éclectique?
@ Pli
Identifier un esprit comme ayant eu une formation historico-continentale ne dit rien sur son excellence. C'est un mode de raisonnement consécutif à un dressage d'un certain type que j'ai cru identifier. Inversement identifier les habitudes analytiques n'implique pas la qualité de l'esprit les mettant en oeuvre, non ?
@ Julien
Dans l'article auquel renvoie Julien, on lit de Cousin (qui pour la petite histoire avait un point commun au moins avec Flaubert, sa maîtresse, Louise Colet) la citation suivante :
« Un professeur de philosophie est un fonctionnaire de l'ordre moral, préposé par l'État à la culture des esprits et des âmes au moyen des parties les plus certaines de la philosophie ».
Je pense que si on enlève "de l'ordre moral", on a un texte qui pourrait être ratifié par l' Inspection Générale (la distinction esprit /âme ne serait sans doute pas reprise non plus mais la fonction morale de l'enseignement philosophique n'en serait pas pour autant éliminée). Ce qui certes n'a rien d'étonnant si Cousin, comme le dit l'article, est en partie responsable de l'institutionnalisation de la philosophie dans l'enseignement public.
Enfin un tag sur l'éthique de la discussion ... encore que rien ne soit dit sur le sujet. N'était-ce pourtant pas là l'occasion ou jamais de l'entamer ? (Fut-ce en inscrivant judicieusement le différend présent dans une présentation plus large du problème)
Et si c'était par là, de façon générale, qu'il faudrait toujours commencer avant de discuter ? Une éthique de la discussion, si elle devait être engagée, ne recouvrirait sûrement pas seulement les manquements des autres à la "morale intellectuelle". Elle traiterait aussi sans doute de la sagesse personnelle (soutenue par quelque motif relationnel supérieur aux personnes ou pour l'intégrité du lieu où l'on écrit) qu'il y a parfois à se taire soi-même quand bien même on a raison, ou encore de la place que l'on accorde à son propre narcissisme, son désir de briller, son amour-propre, son besoin d'avoir raison, celui de se défendre contre les arguments ad hominem (L'impersonnalité affichée des arguments ne trompent personne), ou de donner des nouvelles de soi, de ses rencontres flatteuses ou de l'avancement de sa carrière à la terre entière plutôt qu'en privé ... sur un site consacré à la philosophie.
On pourrait donc envisager également une "discipline du lieu" (très peu présente sur le net) telle qu'on l'aura éthiquement circonscrit. Discuter de l'opportunité d'afficher clairement son statut relationnel : quel(s) type(s) de relation(s) on entend avoir ici avec les autres (par exemple par l'indication "Ici je ne connais personne" ;-)) ... entendu qu'on se réserverait alors quand même la liberté d'ouvrir un autre blog, "annexe", carrément agonique, où il serait question non plus de philosophie ou d'éthique de la discussion .... mais de régler son compte à l'autre.
Comme c'est écrit ci-dessous : "La discussion continue ailleurs" :-)
Discernè-je quelque pointe subtile contre le fait que j'annonce (plus que mes co-blogueurs) sur ce blog mes péripéties universitaires, alors qu'il devrait être consacré à la philosophie? Mais (1) je ne vois pas ce qu'il y a de mal à cela, (2) c'est utile pour les étudiants qui (comme moi par le passé) n'ont pas de famille ni d'amis universitaires et qui n'ont pas la moindre idée de ce à quoi ressemble la vie d'un universtaires, et (3) c'est plus humain et moins prétentieux, du moins à mon gôut. Par ailleurs, l'idée de réguler à l'avance un espace comme un blog par un "contrat" (comme vous semblez vouloir le faire dans le vôtre) me semble inutile et contre-productive! (Et au cas où: dire qu'on ne régule pas à l'avance n'implique pas qu'il n'y a pas de règles ou d'éthique)
@ Philalèthe
J'intervenais simplement pour dire que je n'y voyais pas une différence de degré dans l'incarnation de certains traits, traits qui pourraient l'être avec plus ou moins d'excellence, mais une différence de nature. Mais, vous avez raison, il n'est pas impossible que cela soit consécutif à une "formation historico-continentale".
@ Julien
Peut-être une forme d'eclectisme, mais ce n'est pas seulement son usage des références philosophiques qui m'a frappé et, encore une fois, je ne me fonde que sur un souvenir de lecture.
@ Julien,
Si l'éthique du dire et de la discussion ne se réduit pas à "l'honnêteté intellectuelle " purement tacite, d'autres propositions peuvent alors voir le jour. Par exemple celle-ci : "N'y a-t-il pas façon plus noble de réagir à un comportement douteux que de simplement et tristement le dénoncer ?" Ou, pour le dire autrement : n'est-on pas en droit d'attendre d'un philosophe qu'il se donne plus de peine face à un pareil problème ?
J'avais oublié pourquoi je ne visitais plus les discussions nombreuses des commentaires de ce site. Et puis je suis tombé sur ça.
"Cet échange illustre assez bien l'opposition entre une formation logico-analytique et une formation historico-continentale."
Opposition à la con qui n'a d'existence que pour celui qui aime, ou a besoin, qu'on l'oppose à d'autres pour se sentir exister. Ok j'exagère car certains philosophes s'opposent les uns aux autres selon cette marque : continental/analytique. Mais il n'existe pas, en France en tous les cas, de "formation logico-analytique", qu'on pourrait opposer à une "formation historico-continentale", ça signifierait que certains profs seraient complètement hermétiques les uns aux autres, et qu'une fois sur la voie du Gestell chez Heidegger (par exemple), il était impossible de lire et de s'intéresser a la théorie des noms chez Frege et Kripke, ou encore d'apprécier les critiques de la métaphysique par Wittgenstein et les autres de Vienne. La formation d'un master "LOPHISS" en Sorbonne n'a rien de qualitativement différent de celle du master "histoire de la philosophie". De plus, il est trivial que la formation d'un élève en général ne consiste pas à ingurgiter ce qu'on lui propose, mais à faire lui-même des choix dans ses lectures. Bref, opposition que vous feriez bien d'arrêter d'imaginer, ça vous ferait du bien.
"Il est clair que la seconde argumente à partir d'une confiance dans les thèses de un tel ou un tel qu'en revanche la formation analytique apprend à juger en termes entre autres de cohérence logique. Je ne suis pas sûr que le différend puisse être réglé car certains esprits formés à la continentale seront portés à juger à tort scientiste l'application des critères de la logique aux thèses philosophiques et y verront un présupposé à questionner au lieu de les identifier aux conditions nécessaires de tout raisonnement quel qu'en soit l'objet."
Non, il n'est pas du tout "clair que". Pour quelqu'un qui aime à dire que contrairement à ceux d'en face, il base ses jugements sur la seule cohérence logique, je trouve que ça manque un peu d'arguments. "Il est clair que" ne suffit pas à faire la clarté.
"Il faudra admettre des idées comme par exemple celle du progrès en philosophie (sur certains problèmes bien sûr et non globalement)."
Bah voyons. Et si on l'admet pas, on a un badge "non agréé par la philo analytique" ?
Plus sérieusement, il faudra
puisque ça semble être le leitmotiv de ta démarcher philosophiquele prouver, contre tous ceux qui ont essayé de prouver le contraire.(pas le courage de me relire)
Tant d'agressivité sur ce blog détonne. Que dire ? Je laisserai de côté les attaques ad hominem.
Je n'ai pas prétendu qu'on ne pouvait pas comprendre et les textes de Heidegger et ceux de Wittgenstein. Je sais que certains savent le faire et quand ils sont professeurs, ils sont précieux. Je veux dire qu' institutionnellement il y a les deux traditions en question, ce qui ne veut pas dire non plus qu'on ne puisse pas être un mauvais philosophe analytique ou un bon continental. Un exemple entre mille de cette distinction institutionnelle : le numéro de Critique sur le témoignage.
Concernant le rapport à l'histoire de la philo, il me semble bel et bien différent. La tradition continentale autorise à investir un auteur pour expliciter le sens de sa philosophie sans jamais poser la question de la vérité de ce qu'il dit, d'où ces carrières universitaires passées à écrire des livres sur telle ou telle philosophie. Il me semble que ce rapport trop respectueux aux idiosyncrasies philosophiques est dans la philosophie analytique délaissé au profit d'une mise à l'épreuve des thèses soutenues par le philosophe en question et pas simplement une comparaison avec d'autres philosophes.
Ceci dit, un philosophe analytique peut bien être investi fort continentalement par des philosophes étiquetés analytiques, ça semble être par exemple le cas avec Wittgenstein à propos duquel l'on s'entreglose sans fin (en partie du fait qu'il n'a pas été assez clair pour que 50 ans après sa mort on sache enfin ce qu'il a pensé). Par opposition, pensez à Russell par exemple, dont la clarté a finalement en ce sens diminué la postérité.
Quant à la référence au progrès, elle s'ensuit du simple fait qu'on pose en philosophie la question du rapport des thèses avec la réalité. Si toutes les philosophies ne sont pas également vénérées (ce qui est logiquement difficile à défendre puisque elles s'excommunient souvent réciproquement), certaines ou du moins certaines thèses résistent mieux à la critique que d'autres. Pour prendre un exemple, en philosophie de l'esprit, qui est encore dualiste substantiel ? Dans ce contexte, je serais porté à dire qu'aussi intéressante que soit la philosophie de Berkeley, la généralisation du monisme matérialiste est un progrès (sauf à me tromper, Julien avait donné quelque part quelques exemples de progrès en philosophie).
PPS: tu t'étonnais de "tant d'agressivité", et je m'étonne en réponse de ton étonnement : je n'ai pas l'impression d'avoir été agressif. Si c'est le cas, DSL.
"Je veux dire qu' institutionnellement il y a les deux traditions en question"
J'ai bien compris que c'est ce que tu entendais, et je le répète : c'est complètement faux, en France en tous les cas. Il n'y a pas de reflet, au sein des institutions universitaires FR, de cette opposition (que je rejette par ailleurs) entre analytiques et continentaux. Il n'y a pas deux traditions d'enseignement, deux voies, etc. Je ne sais pas où tu enseignes, ou bien où tu étudies, mais en Sorbonne c'est inexistant. Je ne nie pas qu'il y ait certains professeurs qui ne peuvent s'empécher de déborder leurs convictions (quasi religieuses) sur les innocents élèves. Comme Madame Ouelbani (http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A...) par exemple, qui fait étalage à longueur de cours de ses propres obsessions : cette dame est littéralement obsédée par Heidegger. Cela donne à certains master ("LOPHISS" en l'occurence) une certaine .. coloration (analytique ici, on l'aura compris). Mais ça ne va pas plus loin que ça. Et heureusement qu'un enseignement de master ne se résume pas aux délires de quelques uns de ses profs. (j'ai pris comme exemple un professeur qui se dira elle-même de tradition analytique, mais j'aurais pu prendre un autre professeur. C'est juste qu'elle, en l'occurence, me court sur le haricot, j'ai quitté ses cours pour la même raison que j'avais déserté ce site : marre de toujours se prendre dans les dents les obsessions d'autrui)
"Concernant le rapport à l'histoire de la philo, il me semble bel et bien différent. La tradition continentale autorise à investir un auteur pour expliciter le sens de sa philosophie sans jamais poser la question de la vérité de ce qu'il dit"
Encore une fois, tu assènes de grandes vérités sans les justifier. Et en disant que la tradition continentale "autorise à", tu sous entends qu'elle "oblige à", ou que c'est "une habitude pour les continentaux de", en opposition à l'autre tradition. Tu résumés 2000+ ans de philosophie en une phrase qui ne renvoie à rien.
"d'où ces carrières universitaires passées à écrire des livres sur telle ou telle philosophie."
Est-ce que le fait que certains professeurs que TU appelles "continentaux" ne mettent pas en question la vérité de ce sur quoi ils se penchent (la phénoménologie Husserlienne, l'ontologie Heideggerienne, etc.) prouve quoi que ce soit sur la philosophie que TU appelles continentale en général ?
"Il me semble que ce rapport trop respectueux aux idiosyncrasies philosophiques en ce qui concerne la phi. cont."
Comment se fait-il que l'histoire de la philosophie que TU appelles continentale soit faite de conflits, de grandes mises à mort, etc., si elle ne se constitue que dans un rapport de respect des anciens par les nouveaux ?
Mettre au crédit de la philosophie que TU appelles analytique la mise en doute, le combat des thèses et des arguments, la recherche de la vérité, etc. revient pour moi à nier plus de deux millénaires de philosophie, et à faire d'une tradition toute récente la porteuse d'un flambeau qui ne lui appartient pas.
"Ceci dit, un philosophe analytique peut bien être investi fort continentalement par des philosophes étiquetés analytiques"
Je ne comprends absolument pas cette phrase, jargoneuse au possible. Est-ce que tu voulais dire peu ou proue ce qu'Aubenque écrit à la fin de son texte "le conflit des interprétations" : qu'un philosophe analytique peut être l'objet de ce qu'il appelle une interprétation herméneutique ? Par exemple, le texte de Brunschwig "Non et oui", où il essaye de définir une histoire de la philosophie non philosophique (à l'aide de thèmes analytiques, progrès, scientifisation, etc.) est, malgré l'auteur, une vraie mine d'or pour un heideggerien qui trouverait au détour de ce texte l'expression du Gestell jusque dans les travaux des philosophes. Bref.
"Quant à la référence au progrès, elle s'ensuit du simple fait qu'on pose en philosophie la question du rapport des thèses avec la réalité."
On ? Qui ? Une certaine école de tradition que tu appellerais analytique. Et ce n'est ABSOLUMENT PAS indiscutable.
J'ai un sérieux problème : je n'ai jamais le courage de me relire.
PS : comment peut-on être prévenu, par mail, d'une éventuelle réponse ?
Ritoyenne :
Je ne voudrais pas prendre part à ce débat (vraiment pas le temps), mais tu as l'air de t'exprimer comme si :
Or, je trouve qu'il est absurde de faire de la philosophie continentale, si tant est qu'elle existe, la représentante de la philo classique VS la philo analytique neuve et en rupture. Tant la phi.ana. que la phi.cont. sont des modes de philosopher récents, et elles sont toutes les deux autant l'une que l'autre la continuation de la philo depuis 2000 ans. Descartes n'était pas plus "continental" qu'"analytique", par exemple.
Quant à l'idée selon laquelle "il n'y a pas de reflet, au sein des institutions universitaires FR, de cette opposition (que je rejette par ailleurs) entre analytiques et continentaux", je pense qu'il est encore possible d'avoir ce point de vue quand on est étudiant, mais que l'opposition se fait sentir plus durement quand vient l'époque de la thèse et les soumissions aux colloques / revues. Je ne dis pas qu'elle est justifiée, mais l'hostilité entre deux camps différents existe bel et bien (pas toujours, certes).