Julien Dutant habilement réfuté par un amateur total
Par julien dutant le vendredi 14 mai 2010, 16:03 - Divers - Lien permanent
Gustave Ruben vient de faire une découverte qui annonce une révolution philosophique comme on n'en a pas vu depuis Hegel. Ce qui est d'autant plus exceptionnel qu'il ne connaît presque rien des débats contemporains sur les questions qu'il aborde! J'ai l'honneur du publier ici un échange de lettres où il réfute sans appel mes leçons bien apprises. Si vous aussi, vous étes convaincu du génie hors pair de Gustave Ruben, n'hésitez pas à rejoindre son mouvement ici.
Arrière-plan
Gustave Ruben (que je ne connais pas, mais que j'imagine être un étudiant en
deuxième ou troisième année de philo) vient de faire une découverte de la
première importance qui annonce une ère nouvelle de la philosophie: le principe
d'identité est faux, ce qui prouve l'existence de "dualités" comme l'amour
haineux, la création destructrice et la différence indifférente. Les
conséquences sont vertigineuses, et prouvent que la majorité des philosophes
passés et contemporains sont sur la mauvaise voie. La découverte de Gustave
Ruben est d'autant plus remarquable que c'est un amateur complet en
philosophie, qui n'a aucune connaissance des débats des 40 dernières années
autour du principe d'identité, ni même simplement de la différence entre type
et token, qui écrit Russel
pour Russell
et n'a jamais entendu
parler de Saul Kripke, quoiqu'il connaisse suffisamment Wittgenstein pour
imiter la numérotation du Tractatus et affirmer que lui non plus ne
connaissait rien de la philosophie de son temps. Gustave Ruben a immédiatement
fondé un mouvement pour l'investigation des implications philosophiques,
poétiques et juridiques de sa découverte, l'intellectualisme
. (Pourquoi
pas le dualitisme? Parce que.) Si vous voulez faire partie de la
philosophie à venir, vous pouvez vous inscrire ici.
Il m'a écrit pour publier ses idées révolutionnaires dans Philotropes. Une discussion entre nous s'en est suivi, au cours de laquelle il a implacablement mis en évidence les failles de mon système de pensée sclérosé - comme on devait s'y attendre d'un esprit de son calibre. C'est un immense honneur pour moi de reproduire l'intégralité de cette discussion ici même. Les lecteurs de Philotropes bénéficient ainsi d'une publication en avant-première des idées de Gustave Ruben, dont il ne fait pas de doute qu'elles paraîtront bientôt dans Mind ou The Philosophical Review. Je me réjouis d'avance d'assister à son grand débat avec Timothy Williamson, Kit Fine ou Hartry Field dans la prochaine APA.
A moins qu'il s'agisse d'un amateur à l'esprit confus à qui une poignée de livres mal digérés et un jeu de mots sont montés à la tête?
Plutôt que de publier bien visiblement la correspondance, Gustave Ruben a préféré rédiger une synthèse de celle-ci réalisée par ses soins, qui permet au lecteur non averti de mieux voir l'insipidité de mes objections. Il y a néanmoins deux petit liens sur sa page qui donnent notre correspondance complète. J'imagine qu'il a préféré ne pas la mettre en avant pour ne pas trop me faire honte. Mais c'est au contraire un honneur pour moi d'être le premier philosophe conventionnel à qui le nouveau Hegel ait ouvert les yeux, et je m'empresse donc de vous donner la correspondance complète ci-dessous. Un lecteur superficiel pourrait avoir l'impression que la synthèse qu'en donne Gustave Ruben a peu de rapport avec l'original, mais ce serait faire peu de cas de sa capacité à voir loin sous la surface.
NB: Quand vous en aurez marre de lire la correspondance vous pouvez sauter à mes commentaires où cela redevient plus amusant.
Correspondance entre Gustave Ruben, le nouveau Hegel, et Julien Dutant, agrégé de philosophie conformiste
Gustave Ruben #1, 14/04
Bonjour,
Je vous écris afin de proposer ma collaboration au blog « Philotropes ».
J’ai écrit un texte, je souhaiterais que vous vous décidiez à sa lecture. Acceptez-vous ?
Cordialement,
Julien Dutant #1, 16/04
Bonjour,
Vous voulez dire: je dois promettre de lire ce que vous m'envoyez? Ou promettre de le publier avant de le lire?
Etes-vous l'auteur du manifeste de l'intellectualisme envoyé à Fabrice Correia et dialectica récemment?
J
Gustave Ruben #2, 16/04
Cher Monsieur,
Oui, exactement, je suis l'auteur en question. L'avez-vous déjà lu ?
S'agissant de votre double question : j'ai lu sur le site Philotropes que vous proposiez des collaborations. Etant donné que je suis pour vous un inconnu, je proposais d'être jugé sur un texte. Qu'en pensez-vous ? (si toutefois vous recherchez toujours des collaborations)
A bientôt
Julien Dutant #2, 16/04
Bonjour,
Oui en effet le site est ouvert à des collaborateurs, mais en effet je dois voir au moins des propositions de textes avant d'accepter.
Cela dit j'ai jeté un oeil sur les textes de votre manifeste, et même si d'un côté c'est bien de voir qu'il y a toujours des enthousiastes pour la spéculation grandiose à la Hegel, d'un autre côté je dois dire en toute sincérité que je l'ai trouvé quasiment inintelligible. Bien sûr il est fort possible que je ne sois pas assez intelligent ou que je n'aie pas fait l'effort requis. Mais en même temps je ne suis ni complètement imbécile ni philosophiquement naïf, et du coup je suis étonné que vous présentiez ce texte comme un manifeste "urbi et orbi" avec un appendice qui est apparemment supposé rendre évident à tout philosophe (voire même amateur de philosophie) la nature et l'importance de votre projet. Est-ce que vous pensez vraiment qu'il est facile à comprendre? Ou que ce genre de style est familier de tout philosophe un peu éduqué?
(Il y a en outre nombre de détails qui laissent penser que vous ne connaissez peut-être pas aussi bien les questions dont vous parlez que le ton assuré de votre manifeste le laisse croire. Par ex je ne sais pas d'où vous tirez qu'Aristote a soutenu un principe d'identité ou que sa formulation du principe est "A = A". D'ailleurs "A = A" ne veut rien dire; aucun philosophe sérieux sauf peut-être Fichte n'utilise de telles formulations.)
Est-ce que vous avez fait un peu de logique contemporaine, et connaissez-vous un peu les travaux de Kripke sur l'identité? (Ou au moins son "Naming and necessity"/"Logique des noms propres"). Cela serait très utile pour les thèmes qui vous intéressent. Est-ce que vous faites une thèse ou qqch comme cela là-dessus, ou est-ce que vous développez vos idées hors uni?
Bien à vous,
JD
(JD: voici un lien vers le texte du manifeste en ligne.)
Gustave Ruben #3, 16/04
Cher Monsieur,
Je tiens initialement à vous remercier pour le conseil de lecture que vous me soumettez ; je lirai.
Au-delà, je suis tout comme vous hostile au philosophies hermétiques, où nous n'apercevons guère que l'auteur, comprendre ce qu'il écrit, et encore... :) : Aimez donc la raison, que toujours vos écrits / Empruntent d'elle seule, et leur lustre et leur prix. disait le poète ; et j'y souscris.
Je crois ne pouvoir être plus honnête en vous proposant pour chaque passage du Manifeste qui vous heurterait, une explication claire à laquelle Boileau n'eût rien à me reprocher. N'hésitez pas : citez-moi les paragraphes litigieux, je vous garantis en retour la compréhension. Au pied de ce mail, j'écrirais les grands axes du manifeste ; armé de cette aide, la lecture en retour du manifeste sera plus aisée.
Ce dont je traite sont, au juste, des « objets conceptuels » assez spéciaux; nous n'avons pas l'habitude de les employer. Il n'y a rien d'anormal à ne point les comprendre instantanément ; et pour l'anecdote, j'ai moi-même mis deux semaines à comprendre ce que pouvait recouvrir l'expression « différence de l'identité ».
Voilà un problème auquel j'avais songé pour votre blog :
L'expression « différence de l'identité" a-t-elle un sens ?
Réfléchissons un instant... 1... 2... 3...
A priori, non.
Et pourtant, et pour reprendre un argument hégélien :
Si, par principe, A est identique à A,
Et si par exception, A est différent de A (exemple : identité des indiscernables de Leibniz, illustration sommaire : A et A occupent des positions graphiquement différentes),
Alors, s'agissant de ces exceptions, A est différent de son identité.
Nous avons donc une « différence de l'identité » qui dans l'exemple est constitué, pour A : d'une « différence de l'identité de A ».
Internautes, qu'en pensez-vous ?
Je reviens à présent à votre lettre.
Après une recherche assez superficielle, et que je devrais approfondir, il semble qu'effectivement Aristote ne soit pas à l'origine du principe d'identité. C'est une erreur que j'ai colportée je crois de Morin. Je me dis qu'elle doit être assez répandue. Si vous voyez d'autres erreurs de ce type, n'hésitez pas à me le signaler. Je devrai songer à rectifier mon manifeste. -_-'
Enfin, à vos questions :
« Est-ce que vous pensez vraiment qu'il est facile à comprendre? », je réponds « oui », avec un peu de concentration, et l'assurance sincère que je n'ai pas écrit un texte hermétique, et enfin que sa lecture est utile en ce qu'elle améliore l'appréhension du réel.
« Ou que ce genre de style est familier de tout philosophe un peu éduqué? ». Vous savez, lorsque j'ai lu Wittgenstein pour la première fois, j'ai eu le sentiment de lire un fou, j'étais tout jeune étudiant et ne connaissait en rien la philosophie du langage, ou plus simplement, la critique du langage. Avec le temps, et même si sa lecture est parfois très ardue, ce sentiment initial n'a plus jamais ré-apparu.
A présent, voici exposées les grandes lignes du manifeste (la numérotation n'est pas celle du manifeste) :
1 - Définition des dualités : association d'un concept à son inverse. Exemple : amour de la haine, identité de la différence, etc.
2 - Postulat : les dualités existent pour toutes nos abstractions (exception : temps, espace et couleurs)
3 -Constat : ce postulat n'a jamais été formé par le passé. Pourquoi ?
3.1 : complaisance : tel économiste créant l'expression « destruction créatrice » ne se pose pas la question de savoir comment cet objet est simplement pensable
3.2 : « mollesse intellectuelle » : nous éprouvons des difficultés à comprendre ce qu'est par exemple la « différence de l'identité »
3.3 : etc.
4 - Pourquoi les dualités posent-elles problèmes : il me semble anormal que, parlant de l'Inconscient, nous ayons d'une manière ou d'une autre « conscience de l'inconscient » ; que l'identité ne soit pas identique à elle-même (différence de l'identité) ; que la différence soit identique à elle-même (identité de la différence)
5 - Que faire ? Créer un schéma logique capable d'intégrer ces faits plutôt que les aliéner logiquement
6 - Quel est l'intérêt d'un tel schéma ? Je constate, aux résultats, que la prise en compte des dualités affecte le maniement quotidien des concepts
7 - Conclusion personnelle : l'intérêt ne consiste pas tant dans ces fameuses dualités. Tout l'intérêt consiste dans les conséquences de leur prise en compte, chaque pas est une mine de découverte, de mon point de vue toutefois.
J'espère que tout ceci vous éclairera. J'attends votre réponse avec impatience,
Julien Dutant #3, 17/04
Bonjour,
Un exemple entre mille:
"Si par principe, A est identique à A"
Je ne comprends pas: qu'est-ce que A? A est-il une personne? Habite-t-il en France, par ex? A-t-il vécu au XIXe siècle? Est-ce une automobile, un cadeau, un planning d'hôpital, ou que sais-je encore? D'emblée vous utilisez un symbole comme un nom propre sans lui avoir donné de référence. L'affirmation n'a ni plus ni moins de sens que les suivantes:
DS a peu de liquidités dans E. B mange mal. J'ai entendu GB dire le contraire.
Ou autres affirmations de la chasse au snark, si vous préférez les références poétiques!
Bàv,
Gustave Ruben #4, 17/04
Bonsoir,
Je ne sais pourquoi vous souhaitez placer des noms propres un peu partout.
Quelle peut être la référence de A ? Prenez un crayon, un papier, tracez deux lettres « A » sur votre feuille, et vous l'obtiendrez.
Cordialement,
Julien Dutant #4, 17/04
Dans "... est identique à ..." les "..." sont occupés par des termes singuliers (des termes désignant des choses particulières), comme "le président des Etats-Unis" (description définie) ou "Socrate" (nom propre). Si vous me dites "Cary Grant est identique à Archibald Leach" ou "Romain Gary est identique à Emile Ajar", je comprends. Mais si vous me dites "A est identique à A", je ne comprends pas. Si vous me dites "La lettre "A" est identique à la lettre "A" ", je comprends, et c'est une affirmation vraie, mais je ne vois pas pourquoi elle mérite le nom de "principe d'identité". Si vous me dites "Cette inscription: "A", est identique à cette autre inscription: "A" ", je comprends aussi, mais c'est faux. Deux "instances" ou "tokens" d'un même "type", par ex deux stylos Bic ou deux inscriptions de la même lettre ne sont pas identiques.
Enfin je rougis d'expliquer cela à quelqu'un qui peut lire Wittgenstein sans problème de compréhension!
Bien à vous,
Gustave Ruben #5, 17/04
Cher Monsieur,
Ce n'est pas que « vous ne comprenez pas ». Au juste, vous comprenez parfaitement, mais vous refusez en fait tout emploi de concepts au-delà d'une utilisation singulière. Sinon,
Selon vous :
-« La lettre A est identique à la lettre A » est un énoncé vrai
-« L'inscription A est identique à l'inscription A » est un énoncé faux
Vous dissociez « lettre » et « inscription ». Soit.
Concernant cette « lettre A » :
Je peux supposer, vous les avez dissocié, que vous ne voyez dans cette « lettre A », aucune inscription. Il faut pour cela réaliser un effort d'abstraction que vous me reprochiez. Qu'est-ce donc pour vous que cette « lettre A » ?
Le signe inscrit dans votre phrase ? Je ne le pense pas étant donné que vous le rangeriez sous la catégorie de « inscription », puis-je présumer.
Le signe que je vous invitais à reproduire sur une feuille ? Il s'agirait là encore d'une « inscription », puis-je penser.
Le sens de A que votre esprit produit ? Un « modèle » de A ? Celui-là même dont vous me déniez la compréhension un peu plus tôt au motif qu'il n'y a que des A précis, ce A çi, ou ce A là.
Concernant cette « inscription A » :
Je suis heureux d'apprendre qu'un écolier, apprenant à tracer la lettre A en une longue chaîne de A, s'efforçant à créer une belle suite de A assez conformes au modèle que sa maîtresse lui a inscrit, n'a aucunement le sentiment de tracer des inscriptions qui par de nombreux aspects se ressemblent. C'est presque un miracle qu'il y parvienne malgré tout ! Mais comment se peut-il que, tapant sur le clavier de votre ordinateur, vous reconnaissiez aujourd'hui les inscriptions marquées sur chaque touche ? Lointain souvenir d'une belle suite de A ?
Enfin, chez de nombreux auteurs (pêle-mêle, dans l'histoire de la philo de Revel, ou la Méthode de Morin, ou la Logique de Hegel, etc.), et dans des versions différentes, le principe d'identité est conventionnellement formulé par un A=A. Vous pouvez réfuter cette formulation, je rougis toutefois de vous rappeler que cela ne m'est pas personnel !
De plus, j'inscris dans mon texte, A comme simple scorie, illustration parmi d'autres du principe d'identité.
Julien Dutant #5, 18/04
Bonjour,
La lettre A est un type d'inscription. Les trois inscriptions suivantes: A A A, sont du même type, mais sont trois instances/occurences/tokens de ce type. Je ne vois aucun inconvénient à parler des types. "A" et "B" sont deux types de lettres distincts, "A" et "a" sont d'un types identique.
Sur le reste, je me permets de vous rappeler que vous placez la barre très haut. Vous envoyez un "manifeste" censé fonder un nouveau mouvement intellectuel, rempli d'énoncés sur l'identité et la distinction et la dualités qu'un agrégé de philo standard (e.g. moi) trouve inintelligible, et vous expliquez qu'en faisant un peu d'effort on comprendra et on trouvera tout cela important et décisif pour les progrès de la philosophie. En même temps, vous ne semblez pas être au courant que bcp de choses ce sont passés sur ces questions depuis Hegel; notamment, Bradley et ses arguments contre la possibilité de la différence, la façon dont Russell pensait que la logique moderne évitait ces paradoxes, et surtout les réflexions philosophiques ayant accompagnées la logique modale quantifiée depuis Marcus et Kripke. Ces gens exceptionnellement brillants ont développé une théorie de l'identité rigoureuse et qui a durement résisté à la critique. Mais selon vous les progrès décisifs ont été faits par quelqu'un qui a développé ses idées tout seul, dans l'ignorance de tout cela - à savoir vous-même. Je trouve votre ambition sympathique, mais quand on place la barre si haut que cela, il faut s'attendre à être critiqué.
Si Hegel (suivant Fichte) et Morin formulent le principe d'identité "A=A" c'est leur problème: cela ne veut rien dire, et aucun logicien qui se respecte ne le formule de cette façon. Le principe que vous cherchez est l'un des trois suivants: 1. Toute chose est identique à elle-même. Ou: Pour tout x, x est identique à x. 2. Nécessairement, toute chose est identique à elle-même. Ou: Il est nécessaire que pour tout x, x est identique à x. 3. Toute chose est nécessairement identique à elle-même. Ou: Pour tout x, il est nécessaire que x est identique à x.
Le principe 3 implique la nécessité de l'identité. Avant Kripke les philosophes rejetaient largement cette idée. Ils disaient par ex: Hespherus est identique à Phosphorus, mais elle aurait pu ne pas l'être. Kripke a convaincu presque tout le monde que la thèse de l'identité relative était fausse, et que l'identité était nécessaire. Cela soulève des problèmes intéressants et troublants comme l'implication apparente que toute chose existe nécessairement (via les "formules de Barcan"). Tous ces problèmes sont passionnants et je ne peux que vous recommander vivement de vous y intéresser: http://www.science.uva.nl/~seop/entries/identity/
Bien à vous,
Gustave Ruben #6, 18/04
Bonjour Monsieur,
En préambule, je vous propose de régler un problème de suite : vous serez d'accord avec moi pour admettre que l'argument d'autorité n'est pas recevable :
-« Selon Monsieur de Stanford, le fauteuil est bleu » est un énoncé vrai
-« Selon Monsieur Jo le policier, le fauteuil est bleu » est un énoncé faux, car je ne vois pas son agrégation.
Je ne veux pas être méprisant, ce n'est pas mon caractère, et je tente de dire cela d'une façon très douce : j'ai quelque peu le sentiment que vous avez appris un cours et que vous tentez de me le servir sans savoir le défendre. Où donc sont passées cette affaire de nom propre, la distinction entre la lettre et l'inscription, le refus de l'abstraction, l'inexistence de la formule A=A chez nos philosophes ?
Je vous rappelle que cet homme auquel la philosophie analytique voue presque un culte -wittgenstein- disait connaître la philosophie par fragments. Je ne cherche pas l'érudition, mais la réflexion pure. Il y a nécessairement des auteurs que vous n'avez pas lus, devrais-je mener une enquête pour, à son terme, vous dire : « cessez de me contredire, vous ne les avez point lus » ?
Cela dit, vous n'avez pas tort sur un point : si X a traité une affaire qui me préoccupe, il m'est utile que j'aille lire. Je regrette seulement, écho à ce que j'écrivais plus haut, que vous me balanciez des références en nombre, plutôt que - plus utile et plus rapide - l'argument phare qui chez l'un d'eux naquit, venant briser en deux ce que je pense.
Vous parlez de l'intelligibilité assez faible de mon texte au jugement d'un agrégé standard de philosophie. Jean-François Braunstein l'a trouvé intéressant, mais m'a reproché de ne pas y inclure assez d'exemples & illustrations, Pascal Engel (dont je ne sais s'il l'a vraiment lu, je dis cela car il m'a demandé de lui écrire un résumé) m'a reproché un manque d'explications (ce qui est très juste) sans toutefois le considérer « inintelligible ». Vous rejoindra Pierre Jacob, qui m'expliquait que « la différence de l'identité » était une expression dénuée de sens, et plutôt qu'attribuer cela à un blocage intellectuel qui fut tout autant le mien (voilà pourquoi je vous expliquais qu'il me fallut deux semaines à la compréhension de l'expression), son goût de la discussion fut tel, qu'il m'interdit de lui répondre ! La belle sagesse !
Vous me dites qu'aucun logicien sérieux ne pose le principe d'identité par la formule A=A. Je ne suis pas logicien. Je comprends parfaitement ce que vous me reprochez : lorsque je formule le principe d'identité en un A=A, vous y voyiez, compte tenu de vos connaissances, un signe de légèreté, je crois résumer le problème par ce mot, je vais donc m'y attarder.
Si vous me permettez de vous citer.
Selon un logicien sérieux, le principe d'identité peut s'exprimer sous la forme :
1. Toute chose est identique à elle-même. Ou: Pour tout x, x est identique à x. 2. Nécessairement, toute chose est identique à elle-même. Ou: Il est nécessaire que pour tout x, x est identique à x. 3. Toute chose est nécessairement identique à elle-même. Ou: Pour tout x, il est nécessaire que x est identique à x.
Si je me permettais d'être léger c'est assez que ces définitions du principe d'identité n'y change rien.
Au fond, il y a chez vous le préjugé que l'identité ne peut être que totale, ou disons « non-relative ». Vous dites tenir cela de Kripke. L'identité ne peut-elle donc être qu'absolue, totale ou parfaite ? Je pensais que ces concepts détachés de leur emploi singulier se signifiait rien...
« Toute chose est nécessairement identique à elle-même » est une proposition contraire à la différenciation des instances dont vous me parliez. Peut-être est-ce que l'auteur n'y vise pas là les inscriptions. Cela reportera la difficulté sur « Pour tout x », devrons-nous dire « Pour tout x moins les inscriptions » ? Et puis flûte, que faire de la proposition « Toute inscription est nécessairement identique à elle-même » ?
Vous faîtes référence à Russel, je ne sais à quel texte précisément, je pense que les paradoxes que ces dualités génèrent sont irréductibles.
Enfin, j'accepte volontiers la critique. Lorsque vous m'avez fait remarqué qu'Aristote n'avait jamais formulé le principe d'identité en A=A, je l'ai reconnu à la seconde près, puis ai ajouté que j'allais rectifier mon texte. Vous ne vous trompez pas sur un autre point : quoiqu'il n'y ait pas nécessité lorsque je défends un point de vue, de critiquer les points de vue contraire, il n'est pas anormal que des gens prompts aux débats l'escompte, j'ajouterai à mon corpus une critique de l'identité non-relative ou « de la possibilité de la différence de Bradley », si le cas échant je venais à n'y pas adhérer. Cela dit ce n'est de toute façon pas la vocation du manifeste qui ne peut résumer en quatre pages, faites pour être lues, une somme d'une centaine.
Amicalement,
Julien Dutant #6, 18/04
Bonjour,
Vous dites:
Au fond, il y a chez vous le préjugé que l'identité ne peut être que totale, ou disons « non-relative ». Vous dites tenir cela de Kripke. L'identité ne peut-elle donc être qu'absolue, totale ou parfaite ? Je pensais que ces concepts détachés de leur emploi singulier se signifiait rien...
Relisez nos échanges, c'est vous qui m'attribuez une sorte de rejet de l'abstraction, je n'ai jamais rien dit de cela. J'ai pointé que "A" était ambigu entre un nom pour une inscription particulière et un nom pour un type d'inscription.
« Toute chose est nécessairement identique à elle-même » est une proposition contraire à la différenciation des instances dont vous me parliez.
Non. Toute inscription particulière est nécessairement identique à elle-même - admettons que je soutienne ce ppe, ce que je n'ai pas dit non plus. Cela n'empêche pas qu'elle peut être du même type qu'une autre inscription identique à elle-même. Deux stylos Bic sont deux stylos Bic, ils sont d'un type ou d'une marque identique, mais chacun est distinct de l'autre, et n'est identique qu'à lui-même. MAIS SURTOUT: les trois phrases qui précèdent illustrent la distinction entre "type" et "token" et "identité numérique" et "identité qualitative"; ce ne sont pas des idées de moi ou ma position particulière, ce sont des choses qu'on apprend des les premières heures d'un cours de métaphysique bien fait - trop rares en France certes. Si vous n'êtes pas familier de cette distinction, à moins d'être un génie, vous risquez fort de vous embrouiller dans votre "réflexion pure" sur ces questions.
Peut-être est-ce que l'auteur n'y vise pas là les inscriptions.
Si le ppe porte sur tout ce qui est, c'est-à-dire absolument tout. Si des inscriptions existent, le ppe s'y applique.
Cela reportera la difficulté sur « Pour tout x », devrons-nous dire « Pour tout x moins les inscriptions » ?
Non, cf ci-dessus.
Et puis flûte, que faire de la proposition « Toute inscription est nécessairement identique à elle-même » ?
Elle est vraie aussi, cf. plus haut.
Par ailleurs, sur "différence de l'identité", l'expression est dénuée de
sens au sens où elle est ambigue. "Différence de X" n'a de sens que si on a un
contraste en tête, i.e. une difference ENTRE. Par ex, quelle est la différence
du chien? La différence du coucher de soleil? La différence de la remontée du
cours du pétrole? Ces questions sont dénuées de sens, à moins qu'on les
comprenne implicitement comme: quelle est la différence entre un chien et un
chat? un chien et un litre de pétrole? Un chien et un trois mille papillons?
Ces dernières questions sont plus intelligibles, mais elles peuvent être
déficientes parce qu'elles présupposent qu'il existe UNE différence entre les
deux termes. Comparez par ex avec la question "qui est le fils de Pierre?"
alors que Pierre a deux fils, ou "dans quelle compagnie Pierre travaille-t-il?"
alors que Pierre travaille dans deux compagnies, ou dans aucune compagnies.
Donc dire "quelle est la différence de l'identité?" est ambigu et
potentiellement déficient. Mais si on demande par ex "Quelle est la différence
entre l'identité et la différence?", par ex, c'est compréhensible et on peut
répondre par ex: L'identité est la relation que chaque chose a envers
elle-même et la différence est la relation que chaque chose a avec toutes les
autres.
Mais c'est simplement une autre façon de se demander ce qu'est
l'identité et ce qu'est la différence.
Prenons maintenant votre manifeste, pour changer un peu de thème.
Le postulat intellectualiste se conjugue en une définition et une hypothèse.
Ok.
Définition. La définition donnée est celle de la dualité.
Ok
Les concepts abstraits, autrement nommés les abstractions, sont les seuls qui parmi les concepts vont par paires : l'amour et la haine, la liberté et la tyrannie, l'amour et l'amitié, l'identité et la différence, etc. Certaines formes – les dualités – sont telles qu'elles associent un concept à son inverse : l'amour de la haine, la liberté de la tyrannie, etc.
J'en extrais:
- "Une dualité est une forme telle qu'elle associe un concept [abstrait?] à son inverse."
Mais en fait, ce n'est pas une définition des dualités", puisque celles-ci sont des formes particulières, vu les exemples:
- "Une dualité est une forme "X de Y" telle que X est/dénote un concept abstrait et Y son inverse."
Questions: (1) "vivre" et "mourir" et "jour" et "nuit" sont des concepts abstraits, puisqu'il sont "inverses" l'un de l'autre? (2) Qu'entendez-vous par "inverse"? Pour des propriétés il y a la notion de "contraires": A est un contraire de B si aucune chose qui est A n'est B. (Cela vient d'Aristote). C'est différent de "contradictoire". Mais pour les relations, comme aimer ou haïr, qu'avez-vous en tête? (3) une "dualité" est une "forme": un concept complexe, un type de concept complexe, une expression? (4) est-ce que selon vous tous les concepts abstraits vont par "paires" de ce type (que je ne saisis pas très bien), par ex quelle est le concept apparié à "similaire", "oncle de", "homme", "premier" (ordinal), "équilatéral", "inexistant"
Passons à l'hypothèse.
L'hypothèse est celle de l'existence constante des dualités. Toutes les dualités existent, quelles que soient leurs formes, en tant que phénomènes abstraits
"constante" = ? de tout temps? "quelles que soient leur formes": les dualités sont des formes qui ont des formes? Quelles sont les différentes formes de ces formes? "phénomènes abstraits" = qu'est-ce à dire? qu'est-ce qu'un "phénomène abstrait"? Est-ce distinct d'un concept abstrait? Est-ce une chose abstraite qui instancie un concept abstrait? "exister en tant que phénomène abstrait" je ne comprends pas non plus
à cela s'ajoute qu’elles désignent dans l'expérience au moins un objet que l'on ne peut cacher et qu'il faut nommer."
Eh bien pour le nom c'est déjà fait, on sait que l'amour de la haine sera nommé l'"amour de la haine". "que l'on ne peut cacher"??? expression métaphorique pour dire "que l'on ne peut nier"? "elles désignent": les dualités sont des "formes" qui "désignent" des objets: ce sont des concepts ou des expressions alors? Mais ce sont des phénomènes en même temps?
Si une telle affirmation, assez simple au demeurant, n’a jamais été proposée, cela tient essentiellement à l’impossibilité a priori de penser certaines dualités, telles que, par exemple : l’identité de la différence.
Non, la principale raison pour laquelle cette affirmation n'a pas été proposée c'est qu'en général le simple fait qu'un concept existe n'implique pas qu'il existe quoi que ce soit qui y corresponde.
(Je dois y aller pas le temps de discuter plus ava&nt mais cela vous donne une idée de ce pour quoi votre texte m'est inintelligible, mais bien sûr ce peut être entièrement dû à ma bêtise)
Gustave Ruben #7, 18/04
Bonsoir,
Tout d’abord je n’ai jamais dit que vous étiez bête. Vous êtes un homme d’une très belle intelligence, fin et piquant sur quelques bords. Ou si vous vous vouliez bête, je me considérerai tout aussi bête que vous, ce qui ne serait pas nécessairement votre avantage. Nous sommes simplement en désaccord sur certains points, désaccord qui bientôt cessera aux explications données – je suis optimiste, et je vous sais gré d’avoir mis de côté vos arguments d’autorité : vous avez maintenant troqué l’agrégation pour l’ironie. Prenez garde, encore deux lettres, et vous risquez de finir chômeur.
La question de l’abstraction : Il m’avait bien semblé que vous refusiez l’emploi des abstractions, vous vous défendez que ce soit le cas et j’en suis bien aise.
La question de l’inscription :
Parlons de ce principe que vous ne défendez pas. « Une inscription particulière est nécessairement identique à elle-même [...] cela n’empêche pas qu’elle peut être du même type qu’une autre inscription identique à elle-même. »
Si j’ai bien compris, cette lettre-ci A est une inscription particulière identique à elle-même, du même type d’inscription que cette autre lettre A, inscription elle aussi identique à elle-même.
Je répondrais en deux points :
1/Je n’accorde pas la même importance que vous à la différenciation des propositions :
-L’inscription A est identique à elle-même
-L’inscription A est identique à l’inscription A
Non pas que je considère ces propositions équivalentes, le fait est que si vous vous interrogez sur ce qu’est ce « elle-même », vous répondrez « c’est l’inscription A », et formerez donc la seconde proposition. De plus, je considère que scinder une chose d’avec elle-même, son « elle-même » est déjà commencement de sa non-identité.
Voilà pourquoi je considérais que « l’inscription A est nécessairement identique à elle-même, i.e. l’inscription A » n’est pas nécessairement vrai.
2/Le désaccord existant entre nous, cher agrégé méritant, est assez simple, mais en même temps capital : les deux catégories « types d’inscriptions » et « inscriptions particulières » sont en fait là pour ventiler les identités et différences : aux « types » va l’identité, aux « inscriptions » vont les différences. Si je vous dis que A est différent de A, vous me direz qu’ils sont des inscriptions différentes (ou que A et A sont différents en tant qu’inscriptions), et si je vous dis que A et A sont identiques, vous considérerez qu’ils ne peuvent l’être qu’en tant que type d’inscriptions. (ou en tout cas du point du principe que vous ne défendez pas, je n’ai pas bien compris)
Comme je vous l’ai dit au sein de me dernière lettre, cela ne fait reporter le problème qu’un peu plus loin. C’est que les deux inscriptions « type d’inscription » et « type d’inscription » (disons des mots) étant différentes , nous obtenons donc le résultat que le type d’inscription est différent de type d’inscription. Et ainsi à l’infini. C’est pourquoi il y a à mon sens une dualité irréductible.
Vous pourriez me dire : « Attention, certes le type d’inscription est différent du type d’inscription, mais uniquement en tant qu’inscription, pas en tant que type d’inscription », et vous auriez raison ! Seulement voilà : c’est donc que vous divisez le type d’inscription en : d’une part une inscription, et d’autre part un type d’inscription. Or revenez un peu plus haut : lorsque j’écrivais : A est identique à A en tant que type d’inscription : étant donné que le type d’inscription se partage en inscription et type d’inscription, A ne peut plus être identique à A sous l’aspect « inscription » du type d’inscription ! Comprenez-vous ? Autrement dit, les limites que ne concédiez pas à A=A au motif qu’il fallait opérer une distinction grâce à une classification inscription/types d’inscriptions, se sont simplement reportées dans cette classification.
La question du « entre » :
L’expression « la différence de l’identité » n’est pas une expression ambiguë comme peut l’être « la différence de Paul ».
La différence de l’identité contient ce rapport entre deux choses que vous recherchez : l’identité étant un rapport qu’une chose entretient avec elle-même, la différence de l’identité consiste en la différence dans ce rapport entre une chose et son « elle-même ». J’espère l’ambiguïté levée.
Vous considéreriez « ambiguë », ou même tout simplement absurde, l’expression « la différence de A » ou la différence de Paul », voilà pourquoi j’emploie l’expression « la différence de l’identité de A » (cf Manifeste).
D’ailleurs si l’expression est ambiguë, elle n’est pas dépourvue de sens, il est seulement possible qu’elle le soit.
La lecture du Manifeste :
Les critiques que vous m’adressez sont de deux sortes :
- des limites de fond : certaines ne sont pas encore solutionnées, d’autres le sont, mais ainsi que je l’ai dit, je ne peux pas résumer en quatre pages le contenu d’une centaine. Enfin, cherchez moi un courant qui dès son acte de naissance avait tout résolu.
- des limites de forme : Je veux bien admettre que je n’ai pas la rigueur universitaire que vous auriez souhaitée, je reconnais que j’ai tendance à m‘en ficher un peu, mais quoi ! y a-t-il un seul texte dont on ne peut pinailler ? J’ai raison sur le fond, il y a des faiblesses de forme tenant à un manque de rigueur, faiblesses que -- pour le coup – ma légèreté apparente à tort à des pacotilles ou des fautes d’orthographe, en revanche vous vous interdisez d’aller au-delà par ce scrupule, et d’essayer de comprendre ce que j’écris et c’est mal.
Voyons, n’y a-t-il rien qui vous dise : « peut-être n’a-t-il pas tort ? », « peut-être son point de vue doit-il être pris en compte ? », n’y a-t-il aucun doute qui germe dans votre esprit ?
Travaillons ensemble ! Quelles sont vos idées personnelles ? Ne trouvent-elles aucun écho dans ce que j’écris ?
Gustave Ruben #7bis, 18/04
PS (au dernier mail) : de toute manière, lorsque vous écrivez « l'inscription A est nécessairement identique à elle-même », vous voyez bien que graphiquement l'inscription « A » n'est pas identique à « elle-même ». (c'est une des signification qu'emporte le terme « identique », et vous ne pourrez là pas me dire qu'il s'agit d'un problème de type d'inscriptions puisque nous parlons d'inscriptions particulières). Je prétends que cette différence naît de l'identité même pour des raisons que j'expose dans le manifeste.
Julien Dutant #7, 19/04
"Si je vous dis que A est différent de A, vous me direz qu’ils sont des inscriptions différentes (ou que A et A sont différents en tant qu’inscriptions), et si je vous dis que A et A sont identiques, vous considérerez qu’ils ne peuvent l’être qu’en tant que type d’inscriptions. "
Non, je vous dirais, comme au tout début, que "A est différent de A" ne veut rien dire, à moins que le nom "A" ait reçu une signification. J'écris une inscription à la ligne ci-dessous:
A
Appelons cette inscription "Aline". Et une autre ci-dessous:
A
Appelons cette inscription-là "Arthur". Est-ce qu'"Arthur" est identique à "Aline"? Non. Je ne parle pas d"être "identique en tant que" non plus, cette notion n'a pas de sens pour moi - laissant de côté les théories de Kit Fine sur les qua-objets, que vous ne connaissez pas, et qui ne vous aideraient pas ici.
Maintenant, appelons aussi "Alice" l'inscription qui est à la ligne au-dessus de "Appelons cette inscription "Aline"". Est-ce qu'Alice est identique à Aline? Oui, c'est une seule et même chose. Tout ce qui est vrai d'Alice est vrqi d'Aline, et inversement - c'est le ppe de Leibniz, ou ppe d'indiscernabilité des identiques. Pqr ex, Alice s'appelle "Aline" - et elle s'appelle aussi "Alice" - et Aline s'appelle "Alice". Alice et Aline sont toutes deux des inscriptions de la lettre A. Toute personne qui a vu Alice a vu Aline, etc., etc. Si vous trouvez un objet qui est identique à lui-même mais pas identique à lui-même, en violation du ppe de Leibniz, ce sera une découverte révolutionnaire. J'attends de voir.
Sur le "fond", laissant de côté les "pinaillages" dont vous vous fichez - quel "courant" en effet se soucierait d'exactitude dans les propos, il s'agit de révolutionner la pensée, que diable -:
Voyons, n’y a-t-il rien qui vous dise : « peut-être n’a-t-il pas tort ? », « peut-être son point de vue doit-il être pris en compte ? », n’y a-t-il aucun doute qui germe dans votre esprit ?
Non, rien du tout. Parce que je ne pense pas que vous ayez tort du tout, ni que vous ayez un point de vue dont on puisse se demander s'il faut le prendre en compte, et parce que je serais bien en peine de savoir de quoi douter. Simplement, vous n'avez fait aucune affirmation. Vous avez l'impression d'avoir affirmé des thèses, mais ce sont des mots dépourvus de sens.
C'est bizarre de s'imaginer que des phrases qui nous paraissent douées de sens et qu'on croit comprendre ne le sont pas, mais c'est un phénomène répandu en philosophie. J'ai passé deux années environ à croire que j'avais des idées heideggeriennes compliquées et que je menais des réflexions poussées sur des sujets ardus, avant de me rendre compte peu à peu que c'était pour l'essentiel du vent, des mots dépourvus de sens. (Et j'ai des amis qui n'en sont pas sortis.)
Votre enthousiasme est sympathique, il me rappelle une période à laquelle
j'étais persuadé qu'il y avait des potentialités énormes dans la logique de
Hegel et que j'entrevoyais une façon de résoudre le paradoxe du menteur. C'est
chouette d'avoir le feu de la spéculation et de l'abstraction. Mais dans le
milieu français, qui tolère excessivement le n'importe quoi grandiose et
n'encourage que rarement le sérieux et la rigueur, cela peut vous mener à une
sorte d'autisme dans lequel vous êtes tout seul à croire en votre beau
pseudo-système et à faire face à l'indifférence polie de ce qui vous diront
oh oui cela a l'air fort intéressant, je n'ai pas encore eu le temps de le
lire et je ne crois pas encore tout bien saisir
, pour éviter d'avoir à
discuter avec vous et de vous dire franchement ce qu'ils pensent.
Au fond vous avez deux voies. (J'imagine que vous êtes un étudiant qui a
fait deux-trois ans de philo, je me trompe?) Ou bien vous continuez à vous
attacher au modèle cliché
de réussite philosophique que vous avez en
tête (génie visionnaire, fonde un courant qui révolutionne la philosophie en
plaçant le concept X au centre du système), vous continuez à développer vos
spéculations dans votre coin, convainquez un prof de diriger un mémoire d'une
centaine de pages
que vous concevez comme votre Grand Oeuvre, et vous
réalisez amèrement après coup que le milieu universitaire semble vous
boycotter. (Voir lui: http://www.paris8philo.over-blog.com/ , avec son mémoire
en ligne "Les signes d'une philosophie à venir" et tout.) Ou bien vous vous
accrochez pour découvrir quelle est la philosophie sérieuse aujourd'hui sur vos
questions, quels sont les problèmes sur lesquels buttent les meilleurs
philosophes en ce moment (je ne dis pas: les meilleurs philosophes
français), et voyez si vous pouvez trouver des idées qui changent plus
ou moins radicalement la façon dont ceux-ci abordent les problèmes en question.
(Si vous jetez un oeil à l'histoire de la philo, vous verrez que tous les
philosophes importants, à part peut-ê qques philosophes non théoriciens comme
Nietzsche, remplissent ces derniers critères. Wittgenstein n'est pas sorti de
nulle part: il était l'un des rares à avoir lu le dernier dvpt des idées en
logique, les Principa Mathematica de Russell, et en connaître les
difficultés de près, et son Tractatus était un effort pour les résoudre.) Pour
cela vous pouvez prendre comme fil la question de savoir s'il y a deux choses
identiques et néanmoins différentes; c'est une bonne question. Apprenez à
manier les outils conceptuels de vos contemporains et leurs problèmes, et voyez
ce que vous pouvez apporter. Commencer par l'article de la Stanford Enc que je
vous ai lié, et prenez des cours de logique pour pouvoir formuler vos idées.
Renseignez-vous sur Kripke, le ppe de Leibniz, la logique modale quantifiée.
Vous découvrirez des choses incroyables, et vous découvrirez la philosophie
sérieuse, la vraie.
Pour illustration, réfléchissons de manière un peu formelle à "l'amour de la haine". (Des raisonnements structurellement analogues peuvent être fait pour "la différence de l'identité") Soit un domaine d'objets qcques D, et deux relations définies sur ces objets H et A, telles que pour tout x et y dans D:
- xAy ssi x aime y
- xHy ssi x hait y
Pour parler d' "amour de la haine" il faudrait qu'il y ait une relation d'amour entre une chose et la relation de haine elle-même. Qu'est-ce que la relation de haine? Habituellement, on la définit comme l'ensemble de ces instances. Par ex:
- H est l'ensemble des paires <x,y> où x et y sont membres de D et x hait y.
Si on veut avoir un amour de cela il faut que la relation A puisse être établie entre non seulement des objets du domaine D, mais des ensembles de paires d'objets de D. Soit D' le plus petit ensemble tel que:
- pour tout x, si x est dans D alors x est dans D'
- pour tout x, y, si x et y sont dans D alors la paire <x,y> est dans D'.
On peut définir A comme une relation sur D', et H comme une relation sur D qui est un objet dans D', et on peut avoir de l'amour de la haine. Mais on ne peut pas avoir de haine de l'amour, parce que H n'est pas défini sur D', et A n'est pas un objet de D'. Ils nous faut plus de choses. On peut envisager de "clore" tout l'ensemble sous la formation de relations envers des ensembles de paires. Peut-être comme cela: Soit D'' le plus petit ensemble tel que:
- pour tout x, si x est dans D alors x est dans D''
- pour tout x, y, si x et y sont dans D alors la paire <x,y> est dans D''.
- pour tout X, y, si X est un ensemble d'éléments de D et si y est un élément de D, <y,X> (et <X,y>?) sont membres de D''.
La troisième clause rend la définition récursive. L'ensemble qui en résulterait est énorme; mais il faut d'abord vérifier que la définition ne génère pas de contradiction, i.e. qu'il existe bien un tel ensemble. Ensuite on peut voir s'il peut exister des paires de relations A, H telles qu'un objet a la relation A avec la relation H et un autre a la relation H avec A. Et on peut voir si des choses amusantes en découlent --- ou pas. Mais d'ici là, ou une autre formulation rigoureuse de vos concepts, rien ne garantit que ce que vous dites ait du sens. (Souvenez-vous de l'erreur de Frege: même les définitions apparemment les plus anodines peuvent se révéler être du vent!)
Ce petit exemple donne une idée de la façon dont vous devez développer vos idées si vous voulez faire un travail sérieux en philosophie et ne pas finir par vous enfermer dans l'illusion auto-entretenue du génie incompris. Si vous avez vraiment du génie, ou simplement de bonnes idées, il ne vous sera pas difficile d'apprendre la langue et les concepts des philosophes sérieux et de les convaincre de l'intérêt de vos idées.
J'espère que vous vous direz que peut-être il n'a pas tort
ou
peut-être que son point de vue mérite d'être considéré
. Cela vous
évitera bien des expériences amères, et vous fera découvrir des continents
inconnus.
Bien à vous,
Gustave Ruben #8, 19/04
Le principe d’identité :
Vous n’avez pas répondu au problème de l’identité et à mes deux arguments, j’en déduis que vous me donnez implicitement raison : « L’inscription Légume est nécessairement identique à elle-même » est un énoncé faux sous au moins deux aspects :
- « Légume » n’est pas identique à « elle-même »,
- la critique du « elle-même ».
La lecture du manifeste :
Ce n’est pas que je me fiche tant que ça de l’exactitude dans mes propos. Vous me reprochez d’employer, comme équivalents, les termes « abstractions »puis « concepts » puis « concepts abstraits », c’est que vous refusez d’admettre que l’emploi par trois fois du terme « abstractions » dans une même phrase appesantit terriblement cette phrase. Pensez au style. Je préfère le ridicule d’un texte mal assuré que le ridicule d’un mal écrit, et d’ailleurs si vous m’avez bien lu, vous constaterez que le texte gagne en rigueur par la suite. Evidemment ce n’est qu’une pirouette, je retravaillerais le texte avec un philosophe de métier pour obtenir une certaine rigueur.
Sur l’ensemble :
Vous vous trompez sur mon compte, vous croyez que j’ai écrit un texte de type heideggérien qui n’a ni queue ni tête, or j’ai rédigé un texte compréhensible par tout le monde. Vous me dîtes « je ne comprends pas », comme je l’ai dit précédemment vous comprenez parfaitement puisque vous employez le même langage pour me réfuter, excepté dans votre dernier courrier.
Nouvelle preuve que vous comprenez parfaitement : sur le blog philotropes, un article nommé « il ne faut jurer de rien » reproduit un texte ressemblant parfaitement à mon langage où, BIZARRE-BIZARRE, des dualités sont mis en œuvre (jurer de non-jurer), loin de lui dire je ne comprends pas vous raisonnez avec lui, et essayez de voir ce qui est vrai et faux dans ses affirmations :
Prenons ces deux affirmations : (1) Je jure que je ne jurerai plus. (2) Je ne jurerai plus, je le jure.
À première vue, ces deux affirmations expriment le même sens. Pourtant la deuxième affirmation est autoréfutante, alors que la première ne l'est pas.
En effet, dans le premier cas, je m'engage maintenant à ne plus faire d'engagement dans le futur : mon engagement ne s'autoréfute pas. Mais, dans le deuxième cas, j'affirme que je ne ferai plus d'engagement, et le moment d'après justement je fais un engagement (celui de ne plus en faire) : mon affirmation s'autoréfute.
Par conséquent, on peut inférer logiquement de (2) que le locuteur s'autoréfute, et de (1) qu'il ne s'autoréfute pas. Deux affirmations qui n'ont pas les mêmes inférences logiques n'ont pas le même sens, donc (1) et (2) n'ont pas le même sens.
Cette conclusion me semble étrange, qu'en pensez-vous ?
Là non plus vous ne comprenez rien ?
Regardez maintenant :
« Soit deux identités i1 et i2 [i1 : Pierre est identique à Pierre ; i2 : Paul est identique à Paul] (ou remplacez i1 et i2 par deux identités, peu importe lesquelles, pourvu que vous compreniez)
Par certains aspects, i1 est identique à i2 : par ex, ce sont deux identités à identité de l’identité (ou remplacez cela par les mots que vous comprenez : mettons une identité de deux identités, etc.)
Par certains aspects, i1 est différente de i2 : par ex, i1 est l’identité de Pierre, et i2 est l’identité de Paul à différence de l’identité (ou remplacez cela par les mots que vous comprenez : mettons une différence entre deux identités, etc.)
Cette conclusion me semble étrange, qu’en pensez-vous ? »
Et là vous me direz que vous ne comprenez pas ? Vous dîtes que vous ne comprenez pas en cherchant un plus grande clarté dans ma langue, mais ma langue est claire, et Monsieur-tout-le-monde la comprend, ce qui ne démontre pas sa justesse, mais en tout cas que ce n’est pas un verbiage de phénoménologues.
Au mieux, je pourrais écrire de manière moins affirmative, inclure des « peut-être » et des « éventuellement » toutes les trois lignes, être plus doux, mais le changement serait essentiellement d’ordre psychologique.
Le problème du masochisme (plaisir de la souffrance) : utile aux psys. Si je vous suis, les psys devrait s’en passer, idem la théorie de l’inconscient qui nous fait avoir conscience de phénomènes censés par nature être non-conscients. Pourquoi s’en passer, parce que je ne comprends pas. Mais à quelle régression du savoir cela nous mène-t-il ? La destruction créatrice en économie, idem !
Cordialement,
Julien Dutant #8, 19/04
Aïe aïe aïe vous me mettez dans une position dialectique difficile, je me demande comment je vais m'en tirer! Puisque je n'ai pas répondu point par point à vos remarques du dernier mail, j'ai implicitement admis que vous avez raison! Qui plus est, vous avez décelé que j'employais les mots "identité" et même "non", comme vous, ce qui prouve que je vous comprends très bien! D'ici deux ou trois mails, je serai un intellectualiste converti!
Sérieusement, je n'ai pas le temps de discuter vos histoires plus que cela. Dans votre discussion sur "La lettre A est identique à la lettre A" vous utilisez une description définie ("la lettre A") dont le référent n'est pas spécifié, c'est comme le pseudo nom-propre "A" dans l'énoncé initial. Sur ce que vous dites ensuite, c'est (encore) un mauvais jeu de mots. Le fait que Pierre soit identique à Paul est distinct (=n'est pas identique) au fait que Julie soit identique à Josiane, mais la relation d'identité entre Pierre et Paul est identique à la relation d'identité entre Julie et Josiane. Bien sûr si on utilise les mots de façon ambigue, par ex "identité" pour des énoncés, des faits, des choses, des instances de relations, des relations, on fait du caca. On ne fait pas des choses bizarres bizarres qui soulèvent des problèmes philosophiques de fond et qui ne disparaitraient pas après un petit nettoyage d'un "philosophe de métier".
Pour être plus honnête que mes collègues, que votre manifeste fait bien rire (pour ceux qui l'ont parcouru en diagonale), je pense que ce que vous racontez est d'un amateurisme total et digne d'un étudiant maladroit mais enthousiaste. Plutôt que de vous ignorer ou de manifester un intérêt poli (avez-vous reçu de qui que ce soit dans le "métier" des commentaires un tant soit peu détaillés, sans parler de commentaires aussi détaillés que les miens), j'ai voulu vous ouvrir un peu les yeux et pousser votre énergie dans des directions plus intéressantes et profitables. Maintenant à bon entendeur, salut; si vous suivez mes conseils, vous me remercierez plus tard; si vous préférez vous imaginez en superman de la philosophie, libre à vous.
Bàv,
Gustave Ruben #9, 19/04
Ha ha !
Vous avez parfaitement raison de dire qu’ils le lisent en diagonale, autant dire qu’ils ne lisent pas (merci pour l’aveu !), allons un peu plus loin : et admettons qu’aucun ne l’a lu ! Sachez ensuite que je préfère les raisonnements aux ricanements. J Je pense notamment à ce brave P. Jacob.
Je suis très heureux d’apprendre que vous méprisez un texte dont vous ne parvenez pas à réfuter les thèses ! Et que vos idées ont pour effet une destruction du savoir dans mille et une disciplines. Ha Ha
Vous ne m’avez toujours pas répondu après quatre mails sur le fait que « l’inscription Paul est nécessairement identique à l’inscription Paul » n’est pas nécessairement vrai. Ni si sur le fait que vous acceptiez les dualités sur votre blog, sans dire je ne comprends pas. C’est évidemment lorsque je vous montre que vous faites exactement ce que vous me reprochez et que vous avez cédé sur bien des points (emploi des dualités, non réponse aux remarques, recréation d’un verbiage logique censé compenser un verbiage heideggérien, non-lecture du texte, défaut de style, erreur sur le fait qu’aucun philosophe ne formule le principe d’identité en A=A, manie de cette affaire de nom propre montrant plus une obsession qu’une réflexion, démonstration que la formulation du principe d’identité dans une langue qui vous convient ne change rien au problème, utilisation des diplômes comme d’un sacre, confusion entre érudition et réflexion, incapacité à défendre vous-mêmes des cours que vous avez appris par cœur, etc. etc. cela fait beaucoup pour un amateur :p) que vous prenez la fuite, et qui plus est, devenez affreusement vulgaire. La seule remarque juste que je rejoins comme vous, est que votre diplôme est censé remplacer votre intelligence, complexe de supériorité dont vous n’êtes parvenu à aucun moment à vous détacher.
Je ne peux que vous remercier de m’avoir accordé un peu de temps, ce temps fut certes un peu condescendant mais étant donné que je n’ai pas été non plus nécessairement tendre avec vous, mes remerciements sont sincères, et j’espère vous quitter là un peu élégamment.
Bisous !
G.R.
PS : Vous écrivez : « Le fait que Pierre soit identique à Paul est distinct (=n'est pas identique) au fait que Julie soit identique à Josiane, mais la relation d'identité entre Pierre et Paul est identique à la relation d'identité entre Julie et Josiane. »
(je ne sais pas pourquoi vous dites que Pierre est identique à Paul, mais enfin passons). Si je reprends votre exemple, vous avez donc deux rapports d’identités distinctes (« distinctes » pour reprendre votre mot) : l’une entre Pierre et Paul, distincte de celle entre Julie et Josianne.
Nous avons donc deux relations d’identités distinctes (ou préférez-vous « deux relations distinctes d’identités » ?)
Allez allez, encore un tout petit peu et vous considérez avoir deux relations différentes d’identités (préférez-vous « deux relations différentes d’identités » ?)
Mais enfin, que vous ayez déjà admis avoir deux relations distinctes d’identités (à moins que vous préfériez une relation entre deux identités distinctes ?) est un progrès énorme.
Vous comprenez alors que la relations d’identité entre Pierre et Paul est à la fois identique et distincte à la relation d’identité entre Julie et Josianne. Identique car il s’agit de deux identités (identité de l’identité) et différente car il s’agit de deux identités différentes (différence de l’identité). Vous utilisez le terme fait pour ne pas ré-utiliser le terme relation. Alors pourtant qu’il s’agit de la même relation : la relation pierre/paul et la relation josianne/julie est ncéssairement aussi distincte sinon pierre, paul, julie et josianne seraient tous quatre identiques, monsieur le logicien !
Il ne s’agit pas d’un jeu de mot : le plaisir de la souffrance est donc un jeu de mot ? La destruction créatrice est donc un jeu de mot ? etc.
Il est très étonnant que ce soit en ce mail où vous souhaitez cesser notre conversation que vous reconnaissez la justesse de mon propos, qui manque certes de rigueur mais n’est pas faux.
Vous me quittez au moment où vous adhérer, un peu comme Pierre Jacob qui, comprenant qu’il se plante, décide de ne plus répondre.
Julien Dutant #9, 19/04
Faites de doux rêves, bonne nuit
Gustave Ruben #10, 19/04
Ok ok !, j’irai m’inscrire en cours de logique et suivrai vos conseils.
Julien Dutant #10, 19/04
Chouette, excellente idée. On en reparle dans qques mois alors, bonne continuation!
Gustave Ruben #11, 28/04 (une semaine plus tard)
Bonjour,
Je souhaitais publier sur mon blog nos quelques lettres échangées, acceptez-vous l’idée ?
Julien Dutant #11, 28/04
Pas tout de suite, on peut en reparler dans une semaine ou deux? Je dois rendre ma thèse dans une poignée de jours, et suis en retard. Si mon directeur apprend que j'ai passé du temps à rédiger de longs courriers pour discuter un écrit manifestement amateur et qui n'en valait pas la peine, cela va l'énerver.
J
Julien Dutant #11bis, 28/04
Aussi si on publie ce devra être intégral, dans l'autre (JD: sic, je voulais dire "dans l'ordre") et sans commentaire inséré - libre à vous de commenter après ou avant. Et on devrait publier en parallèle sur mon blog.
J
Gustave Ruben #12, 28/04
Cher Monsieur,
Désolé d'apprendre qu'un sombre directeur
Contrôle en tout Dutant jusqu'à sa vie privée,
Coupe-t-il en fins morceaux la viande de peur,
Qu'au petit Julien, elle n'entrave la becquée ?
Ne jamais reconnaître à ses contradicteurs
Ses qualités : la médiocrité y est reine.
Ne lui dites jamais combien vous fûtes en peine.
De critiquer l'écrit d'un si piètre amateur !
PS : J'ai entre temps reçu un autre de vos mails, virevolte ou hésitation, n'hésitez pas à donner libre cours à vos fragilités. Il va sans dire que vos conditions sont les miennes, que, honnêteté faisant, je n'aurais jamais affecté en ma faveur vos lettres, et qu'enfin, acceptant vos réserves, notre contrat est donc formé en droit. Si vous ne répondez pas d'ici là, je vous souhaite bonne chance pour votre thèse.
N'hésitez pas, donnez-moi donc un lien me dirigeant vers l'une de vos proses en langue française, je serai heureux d'apprendre ce que vous valez vraiment.
Veuillez agréer, cher Monsieur, l'expression de mes sentiments les plus distingués.
Julien Dutant #12, 28/04
Quel contrat? J'ai dit "on en reparle dans deux semaines" (email 1) et "si on publie, je veux que cela soit comme ceci ou comme cela" (email 2). Je n'ai pas dit "non" puis "oui".
Je n'ai pas été en peine de critiquer vos textes, si ce n'est de trouver un minimum de sens nécessaire à la critique dans votre galimatias. Ce qui m'a donné de la peine c'est d'essayer de vous ouvrir les yeux sur votre amateurisme et de vous signaler des questions vraiment intéressantes sur l'identité. La plupart de mes collègues pensent qu'il faut traiter les tentatives comme la vôtre par le mépris. Comme vous m'avez écrit pour écrire sur ce point, j'ai essayé de faire passer le message. Je croyais y être arrivé, mais maintenant je doute.
Voici un papier de moi en français, si cela peut vous aider à voir ce que
je vaux
. http://philosophie-en-ligne.fr/kles...
J
Gustave Ruben #13, 28/04
Cher Monsieur,
J'ai dit "on en reparle dans deux semaines" (email 1) et "si on publie, je veux que cela soit comme ceci ou comme cela" (email 2). Je n'ai pas dit "non" puis "oui"."
Oui, oui, c'était très drôle, cette réponse puérile. Auriez-vous peur ?
Je n'ai pas été en peine de critiquer vos textes.
Vous avez été bien en peine de critiquer mes textes, à tel point que l'un de vos derniers mails me donnait raison (je n'ai pas besoin de citer la phrase en question ?) tout en s'en défendant. C'est tout votre amateurisme qui s'exprime par vos remarques, d'ailleurs la sous-qualité de vos réponses démontre pertinemment ce fameux néant intellectuel auquel je fais face.
Ce qui m'a donné de la peine c'est d'essayer de vous ouvrir les yeux sur votre amateurisme et de vous signaler des questions vraiment
intéressantes sur l'identité. La plupart de mes collègues pensent qu'il faut traiter les tentatives comme la vôtre par le mépris. Comme vous m'avez écrit pour écrire sur ce point, j'ai essayé de faire passer le message. Je croyais y être arrivé, mais maintenant je doute.
Je retrouve votre argument d'autorité censé substituer l'intelligence, et maintenant un argument de grégarité, censé substituer votre intelligence individuelle. Vous avez bien raison sur un point : le mépris dont vous parlez est un défaut dont vous faites gloire, mais ce n'est qu'une vulgarité supplémentaire propre à votre caractère.
Chez beaucoup de philosophes, analytiques inclus, les exemples de ce genre provoquent un rire plus ou moins nerveux, voire une réaction proche du
dégoût. Ces attitudes s’expliquent en partie par ce qu’on pourrait appeler le syndrome du jeune Socrate, qui consiste à trouver certaines choses trop basses ou triviales pour être dignes de théorie."
Ha ha, à croire que vous l'avez écrit pour moi !
Bien je lis donc votre texte, et que vois-je ? premier paragraphe :
" Dans la seconde moitié du XXe siècle" mais quelle imprécision , où sont les dates, un repère fondateur, etc.
"le problème dit « de Gettier » est apparu" -> et pourquoi pas "ledit problème de Gettier" ? -> écrivez-vous un texte de loi ? Un problème apparaît un peu comme un fantôme, est-ce cela ? il doit apparaître ex-nihilo j'imagine, pof le problème apparaît, magie.
"comme un problème" -> deux fois le terme "problème" -> quelle redondance, quel manque de style, apprenez-vous à écrire en lisant Oui-Oui ?
"majeur de la philosophie de la connaissance de tradition analytique" -> il faut citer des auteurs, donner des exemples directement (et non plus loin) et au moins en notes. Pourquoi ne pas dire qu'il s'agit du problème n°1 dans la philosophie analytique tant que vous y êtes ? Ne confondez-vous pas vos lubies pour celle des autres ? Pire, vous étiez censé prouver combien "le problème de gettier est si important", et que vois-je vous nous assenez son importance dès le premier paragraphe, ha ha je rigole, quel amateurisme.
Bien, écoutez, je n'en étais qu'au premier paragraphe, je ne puis aller plus loin sans me rayer les yeux. Copie à revoir.
Oui, en effet, voilà comment il est possible de lire un texte. J'espère bien que vous répondrez à chacune de mes remarques, lesquelles justifieront en retour des ricanements de ma part, et un effroi répété face à un tel amateurisme, et les mêmes reproches à l'infini ainsi qu'il est si facile de faire
Enfin, je ne veux pas apparaître d'un cœur trop tendre, mais je vous invite cependant à travailler votre thèse qui me semble plus essentielle pour vous que cet échange. Sans réponse de votre part, je vous recontacterai d'ici deux semaines, délai que vous m'avez demandé et que je tiens à respecter.
Veuillez agréer, cher Monsieur, l'expression de mes sentiments distingués.
Julien Dutant #13, 28/04
C'était pour cela que vous me demandiez un texte? Je vous remercie de l'intérêt que vous portez à mes idées! Continuez de lire, j'attends que vous me trouviez une bourde du niveau de "la formulation du principe d'identité chez Arisote est A=A" ;)
J
Gustave Ruben #14, 28/04
Bien, je l'ai déjà trouvé : vous disiez "aucun philosophe n'a jamais formulé le principe d'identité par un A =A". J'avais trouvé trois noms. Quant à moi, j'avais reconnu mon erreur.
Au-delà, si vous m'avez bien suivi, je ne souhaitais pas reprendre une discussion qui s'avérait, pour vous comme moi, stérile (et nous avons tous les deux autre chose à faire), mais vous proposer la publication sur mon blog. Nous nous recontacterons donc d'ici à deux semaines. Travaillez bien pour votre thèse (sincèrement), c'est que je compte bien pouvoir me moquer d'un thésard :)
Salutations,
Gustave Ruben #15, 12/05 (deux semaines plus tard)
Cher Monsieur Dutant,
J’ai respecté comme promis le délai que vous escomptiez, j’espère que votre soutenance s’est déroulée convenablement.
Allons au fait. Si vous ne souhaitiez plus publier, dîtes-le moi, je remplacerai « Julien Dutant » par « Duju Lientant », ou « Julien Dudule », ou « Donald Duck » (ou, peut-être, « Monsieur Femmelette»).
Au cas contraire, j’ai préféré vous permettre de lire, ci-dessous, le texte qui accompagnera les lettres, ou pour être plus juste, vu son volume, le texte dont les lettres seront un simple accompagnement, non pas dans le but que vous m’expliquiez vos désaccords quant à mon point de vue – je pense que nous avons franchi cette étape – mais que vous m’indiquiez si je travestis ou non votre pensée lorsque je vous prête telle ou telle idée, afin qu’il n’y ait aucun malentendu sur point, c’est une question d’honnêteté du débat. Cela vous permettra également de savoir à quoi vous attendre et de n’être pas pris au dépourvu, je ne vous ménage pas particulièrement.
Si vous m’avez bien compris, j’attends que vous m’indiquiez d’éventuelles erreurs dans l’interprétation, à laquelle je procède, de votre pensée, afin, non seulement, que vous ne vous sentiez point diffamé, mais encore, que je ne réponde pas inutilement à des idées qui ne sont pas les vôtres.
Si pour une raison ou pour une autre, vous désirez retrancher telle lettre, ou tel passage de telle lettre de la somme des lettres, voire, si cela est justifié, tel passage de mon texte d’explication afin, pêle-mêle, de redorer l’image que vous donnez de vous-même, ou encore de supprimer l’une de vos remarques écrite à la va-vite mais qu’après réflexion vous n’auriez jamais défendue, ou pour toute autre raison, dans ce cas, ne tergiversez pas et dîtes-le moi clairement, cela n’aurait rien de dramatique à mon jugement. Il est bien entendu que, de mon côté, je ne réclame, et ne désire, ni maintenant ni après, aucune modification de ce que j’ai pu écrire, mais ce qui est vrai pour moi peut ne pas l’être pour vous, aussi ne soyez pas gêné, je sais très bien être conciliant. J’ajoute que je ne suis pas un méchant garçon, un respect réciproque ne me dérangerait pas si tant est que vous le souhaitiez, mais ce n’est pas acquis.
Nous pouvons tout autant choisir une autre formule : publier nos deux avis ainsi que les lettres sur votre blog, ou publier l’ensemble sur le mien plutôt que les dissocier, ce qui faciliterait la compréhension des quelques lecteurs. Autrement, j’ai prévu d’inscrire un lien de redirection vers votre blog dès mon introduction, et si vous faîtes de même nous pourrions en rester à cela.
Sauf autre proposition,
Je vous prie d’agréer, cher Monsieur, l’expression de mes sentiments distingués.
G. RUBEN
(suit le texte que G. Ruben a finalement mis en ligne, dans lequel il donne sa version des points centraux de notre débats et prouve que je suis un amateur. Je le reproduis ici: Gustave Ruben réfute Julien Dutant pour archive, au cas où, sait-on jamais, il révise discrètement les bourdes au sujet de mon article dans Klesis.)
Julien Dutant #15, 12/05
Ma thèse est rendue mais pas soutenue, merci
Au fait pourquoi vous voulez publier cela?
Gustave Ruben #16, 12/05
Cher Monsieur,
1/ J’imagine que la rédaction d’une thèse doit être un moment éprouvant et stressant.
2/ Une telle publication donnerait un contenu supplémentaire à mon blog, et sûrement quelques nouveaux lecteurs. C’est tout le profit que j’en attends.
Salutations,
Julien Dutant #16, 12/05
Mais si, de votre point de vue, vous êtes en gros le nouveau Hegel, est-ce
que vous n'avez pas peur de griller
vos idées sur la scène publique en
vous engageant dans de la petite polémique avec un second couteau comme moi?
Qui plus est en jouant de l'insulte personnelle, dans le genre "notre très fier
agrégé"? Cela risque de ne pas faire sérieux, et de dissuader qqn comme Edgar
Morin, par ex, d'entrer dans un dialogue avec vous, sans parler de Kit Fine ou
Timothy Williamson. Et pourtant si vous avez vraiment une idée révolutionnaire,
c'est plutôt cela que vous devez viser, non?
Gustave Ruben #17, 13/05
Mon cher Monsieur Dutant,
Je vous invite à reconsidérer votre définition de l’insulte (soyez rigoureux jusqu’au bout, voyons !) ; de plus « un très fier agrégé » n’est-ce pas ce que vous êtes ?
Il me semble que vous ne devriez pas masquer votre prétention derrière une pseudo-modestie. Enfin, prétextant un risque quelconque pour moi (haha), il paraît que vous hésitez beaucoup pour vous, il faut croire que vous m’offrez des raisons, qui ne sont ni ne seront les miennes, mais qui peut être trottent dans votre tête. J Hé bien Julien Dutant, que diable !
Salutations !
Julien Dutant #17, 13/05
Bonjour,
Je n'ai pas de pb pour publier, cela amusera certainement les lecteurs de mon blog, et je passerai peut-être pour un peu plus méchant que d'habitude mais je ne risque pas grand chose. Et cela vous attirera sans aucun doute du trafic. Mais j'espère seulement que vous vous rendez compte que mon billet sur vous va paraître haut dans Google sur votre nom, et que dans 3 ou 4 ans, quand votre passion pour les "dualités" sera retombée, vous regretterez peut-être d'être connu pour cette histoire. Il m'est déjà arrivé qu'on me demande d'effacer des billets passés, il faut que vous sachiez que je ne le fais pas - c'est trop 1984 pour moi.
Bien sûr il se peut que vous soyez le nouveau Hegel etc. et que les gens s'en rendent bientôt compte et éprouvent de la pitié à mon égard d'avoir voulu faire le malin devant un esprit supérieur au mien. Mais pour votre information, de mon point de vue notre discussion est analogue à la petite histoire suivante: vous êtes un joueur de tennis amateur qui fanfaronne qu'il peut battre les numéros un mondiaux. Vous avez joué un set avec un petit professionnel, moi. Bien sûr les balles sont allées trop vites pour vous et vous vous êtes fait battre à plate couture, mais vous êtes persuadés qu'elles étaient faute et que vous avez gagné. Maintenant vous voulez rendre la vidéo publique pour prouver votre "exploit" à tout le monde et proclamer que vous allez bientôt vous attaquer à Roland Garros avec un bon espoir d'aller en demi-finale, voire au-delà. Vous aller certainement vous attirer une petite célébrité sur internet avec cette histoire, mais peut-être pas celle que vous attendez.
C'est la façon dont je vois les choses; certes il se peut que ma prétention m'aveugle, que votre génie et habileté dialectique m'ait échappé, ou que les objections qui me paraissaient faciles à vous faire n'étaient que de laborieuses et vaines tentatives de défendre une orthodoxie en ruines. Mais si vous pensez qu'il y a ne serait-ce qu'une *petite* chance que ma façon de voir les choses soit juste, vous devriez peut-être y réfléchir à deux fois avant de publier vos exploits. De même s'il est possible que nombre de philosophes, découvrant votre existence par mon blog, voient les choses de la même façon que moi, cela mettra de sérieux bâtons dans les roues de l' "Intellectualisme", qui aura d'emblée une réputation de farce.
Mais bon comme dit je suis heureux de publier, si le désir de faire parler de vous l'emporte sur la sagesse. En gros cela sera comme ça:
JULIEN DUTANT HABILEMENT REFUTE PAR UN AMATEUR TOTAL
Gustave Ruben (que je ne connais pas, mais que j'imagine être un étudiant en deuxième ou troisième année de philo) vient de faire une découverte de la première importance qui annonce une ère nouvelle de la philosophie: le principe d'identité est faux, ce qui prouve l'existence de "dualités" comme l'amour haineux et la différence indifférente. Les conséquences sont vertigineuses, et prouvent que la majorité des philosophes sont sur la mauvaise voie. La découverte de Gustave Ruben est d'autant plus remarquable que c'est un amateur complet en philosophie, qui n'a aucune connaissance des débats des 40 dernières années autour du principe d'identité ou même de la différence entre type et token. Gustave Ruben a immédiatement fondé un mouvement pour l'investigation des implications philosophiques et poétiques de sa découverte, l'intellecutalisme. Vous pouvez vous inscrire ici lien. Il m'a écrit pour publier ses idées révolutionnaires sur Philotropes. Une discussion entre s'en est suivi, au cours de laquelle il a implacablement mis en évidence les failles de mon système de pensée sclérosé - comme on devait s'y attendre d'un esprit de son calibre. C'est un immense honneur pour moi de reproduire l'intégralité de celle-ci ici même. Les lecteurs de Philotropes bénéficient d'une publication en avant-première des idées de Gustave Ruben, dont il ne fait pas de doute qu'elles paraîtront bientôt dans Mind ou the Philosophical Review. A moins qu'il s'agisse d'un amateur à l'esprit confus à qui une poignée de livres mal digérés et un jeu de mots sont montés à la tête?
[copie du dialogue]
Puis dans le commentaire je ferai un résumé de l'idée centrale de l'Intellectualisme, et dirait que l'un des tous premiers résultats de la théorie est de prouver définitement l'existence (très controversée) des morts vivants. J'ajouterai peut-être un passage sérieux en invitant les lecteurs à me dire à quel moment j'ai fait une erreur pédagogique qui vous a braqué contre moi, et ce qu'ils auraient fait à ma place.
Si ça vous dit je publie cela demain.
Sur la reconstruction que vous proposez de notre discussion, je ne trouve pas qu'elle soit fidèle à mes arguments, vous avez couper/collé à droite à gauche et changé les termes, mais je ne vais pas vous faire une correction détaillée. Publiez ce que vous voulez, mais ne dites pas: "Julien Dutant m'a confirmé que c'était bien son argument, et il reconnait implicitement qu'il n'a rien à rétorquer à ma réponse".
Bien à vous,
Gustave Ruben #18, 13/05
Mon cher Monsieur Dutant,
1/ Lol
2/ Si cette réponse vous convient, alors elle me convient.
3/ La question des « morts vivants » est intéressante, et j’y avais justement songé, j’ajouterai une petite réponse là-dessus.
4/ Donc nous publions, l’affaire est faite.
5/ Je rectifierai sûrement ce que vous me demandez.
6/ Je ne savais pas que vous étiez un « numéro 1 mondial » J, cela n’était pas si manifeste, vous faites bien de le dire au cas que je ne m’en fusse pas rendu compte.
7/ Un dernier point, vous faites erreur, l’éducation et la courtoisie n’est pas à réserver aux grands auteurs (ex : Morin) avec lesquels un individu discuterait.
Salutations,
Gustave Ruben #18bis, 13/05
Mon cher Monsieur Dutant,
Surprise ! (lien vers le compte-rendu par Gustave Ruben de notre correspondance)
Veuillez agréer, cher Monsieur, l’expression de ma plus éternelle affection.
Julien Dutant #18, 13/05
J'avais dit qu'on PUBLIAIT NOTRE CORRESPONDANCE, intégrale OU EST ELLE? Par "publier notre correspondance", vous vouliez dire "publier un résumé par Gustave Ruben des objections qu'il croit avoir reçues et des réponses qu'il pense avoir faites"?
PS: je vois en passant: je ne définis pas la connaissance comme croyance vraie et justifiée, c'est bien connu dans les milieux de philo de la connaissance que cette définition est fausse (on apprend cela au 3e cours en général), et je ne suis pas fallibiliste. Ma thèse défend l'idée qu'une connaissance est une croyance basée sur une méthode qui ne pourrait produire que des croyances vraies. Relisez mieux!
(JD: en fait il devait déjà y avoir un petit lien dans cette page, que je n'avais pas vu, vers un pdf avec la correspondance.)
Gustave Ruben #19, 14/05
Cher Dudule,
On fait une petite crise ? Un peu sur les nerfs ?
Je vous invite à me répondre directement sur mon blog, dans la partie commentaire. Je vais peut-être vous placer en courrier indésirable, ainsi cela vous y forcera : http://gustave-ruben.blogspot.com/2010/05/g.html
Figurez-vous que vous me faites penser à un sanglier blessé et qui malgré tout persiste. L’image est amusante.
Quant à vos premières remarques, relisez mon premier message de mercredi, et vous aurez vos réponses : « relisez mieux » cela aussi.
Quant à votre post-scriptum, vous prétendez que l’infaillibilisme doit être écarté du fait du scepticisme, au profit d’un faillibilisme. Je mets en évidence, du même ton que vous fîtes de mon article, combien ceci est stupide. Vous devez être en première année de philosophie ? Je mets en évidence que votre thèse, répétée d’autres auteurs, n’échappe pas au scepticisme de la manière dont vous l’envisagez. Et bien d’autres choses. La suite est dans l’article, relisez-le et mieux, je ne vais pas réécrire.
Pour le reste : la réponse est dans votre mail :
Remarque de Dudule : « Ma thèse défend l'idée qu'une connaissance est une croyance basée sur une méthode qui ne pourrait produire que des croyances vraies. »
Réponse de Dudule à sa remarque : ce sont « des objections qu'il croit avoir reçues et des réponses qu'il pense avoir faites »
Veuillez agréer, mon cher tennisman, l’expression de ma reconnaissance éternelle J
PS :
- votre thèse est à proprement parler : époustouflante, mon cher Wittgenstein en devenir (ou en déclin ?)
- « je vois en passant: je ne définis pas la connaissance comme croyance vraie et justifiée, c'est bien connu dans les milieux de philo de la connaissance que cette définition est fausse (on apprend cela au 3e cours en général) » Que n’avez-vous su cela plus tôt ? : il fallait aller à ce troisième cours !
Julien Dutant #19, 14/05
Bonjour,
On fait son malin? Le sanglier aux abois en a juste ras la claque d'avoir affaire à un incompétent qui mérite de se faire botter les fesses et qui recevrait (et reçoit sûrement) des mauvaises notes pour ses devoirs minables mais qui se la pète parce qu'il peut vouvoyer ses interlocuteurs sur internet et jouer au grand. Je répète, message du 28 avril:
Aussi si on publie ce devra être intégral, dans l'autre et sans commentaire inséré - libre à vous de commenter après ou avant. Et on devrait publier en parallèle sur mon blog.
(je voulais dire "dans l'ordre" mais "intégral" c'est du français non?)
G. Ruben, 28 avril:
Il va sans dire que vos conditions sont les miennes, que, honnêteté faisant, je n'aurais jamais affecté en ma faveur vos lettres, et qu'enfin, acceptant vos réserves, notre contrat est donc formé en droit.
C'est bien joli d'essayer d'employer des mots compliqués comme
contrat
, en droit
, honnêteté
, mais il faudrait un minimum
comprendre ce qu'ils signifient.
Sur l'infallibilisme, p.87: je suppose que la condition de sécurité est la bonne, la condition de sécurité implique l'infallibilisme modal. Donc la solution dont je suppose qu'elle est la bonne implique l'infallibilisme modal. Si vous pouvez me prouver que cette thèse implique ls scepticisme je vous offre un carambar.
Merci de publier l'intégralité de notre correspondance, dans l'ordre et sans commentaire interposé, pour que vos lecteurs jugent sur pièce,
J
Gustave Ruben #20, 14/05
Bon, je n’ai pas lu votre message, je vous mets en courrier indésirable à partir de maintenant. Répondez sur le blog svp, soyons constructif, au moins notre querelle servira à quelque chose.
Commentaires de Julien Dutant
Je sais, vous aussi vous êtes soufflés. C'est pas tous les jours qu'on rencontre un penseur révolutionnaire. Cela se passerait presque de commentaire, néanmoins j'en ferais quelques-uns.
Résumé de l'intellectualisme
L'intellectualisme Rubéniste peut se résumer en deux thèses:
- Le principe d'identité est faux. Car David Cameron est identique à David Cameron, Nick Clegg est identique à Nick Clegg, mais l'identité de David Cameron à David Cameron ne saurait être la même que l'identité de Nick Clegg à Nick Clegg, sans quoi David Cameron serait identique à Nick Clegg! Faute d'avoir noté ce point évident, tous les philosophes classiques, d'Aristote à "Russel", se gourent. En effet, cela montre que l'identité de Nick Clegg à Nick Clegg est différente de l'identité de David Cameron à David Cameron, et donc que l'expression "différence de l'identité" a un sens. Eh oui.
- Par conséquent, toutes les dualités existent. Une dualité est ce que désigne une expression "le X Y" ou "le X de Y" où X et Y sont des "inverses" l'un de l'autre.
Un des bénéfices immédiats de l'intellectualisme Rubéniste est d'établir définitement l'existence - très controversée jusqu'ici - de morts vivants.
Il établit aussi l'existence de:
- l'identité de la différence
- la différence indifférence
- l'indifférence différente
- la droiture courbe
- la courbure droite
- l'homme femme et l'homme de la femme
- la femme homme et la femme de l'homme
- le chien chat et le chat chien
- le vert non-vert et le rouge non-rouge (oui, l'intellectualisme réfute le code de la route aussi)
- le non oui et le oui non (les implications politiques sont immenses)
- le non du oui et le oui du non
- le juste injuste, le juste de l'injuste, l'injuste du juste et l'injuste juste
- l'illégal légal, l'illégal du légal, le légal illégal, et l'illégal du légal (rassurez-vous, le mouvement intellectualiste a déjà un juriste parmi ses membres qui prépare la réforme nécessaire de la justice)
Je vous laisse vous-mêmes explorer les conséquences. J'en entends déjà qui
ricanent en disant, quoi, il vient de découvrir l'oxymore et il est
tellement étonné qu'il fonde un mouvement philosophique là-dessus?
, mais
ils riront moins quand Gustave Ruben - avec l'aide de "philosophes du métier" -
publiera dans The Journal of Philosophical Logic sa logique
révolutionnaire à base de dualités!
En guise de maigre contribution à l'Intellectualisme Rubeniste, je propose de reconnaître l'existence de méta-dualités. Il est clair que "l'indifférence différente" et "la différence indifférente" sont non seulement des dualités, mais des inverses l'une de l'autre. Par le Principe Rubéniste de l'Existence des Dualités, il existe donc:
- La différence indifférence de l'indifférence différente
- L'indifférence différente de la différence indifférence
Et même:
- La différente indifférente différente indifférence
- L'indifférente différente indifférente différence!
Et ainsi de suite pour les autres dualités. Par exemple le oui non non oui et le non oui oui non existent, et ainsi de suite.
Les méta-dualités existent elles-mêmes par paires inverses, donc par le Principe Rubéniste de l'Existence des Dualités, nous avons des méta-méta-dualités comme:
- Les morts vivants vivants morts vivants morts morts vivants
Le potentiel cinématographique de la théorie est sans limite!
Bon plus sérieusement
Je ne suis pas content de mes emails sur le plan pédagogique, notamment le sarcasme dans JD#8. Ce n'est pas mon habitude, même si à ma décharge j'étais un peu sous pression à la fin de ma thèse. Je pensais pouvoir ouvrir les yeux de Gustave Ruben sur le ridicule de son projet et le pousser dans des directions plus sérieuses. J'ai cru avoir réussi à la fin du premier échange (#10), mais visiblement j'ai simplement réussi à le braquer et à ce qu'il joue au combat théorique avec moi.
(Cf. notamment sa lecture en diagonale de mon article dans Klesis (reproduit ici s'il la modifiée depuis.) Il croit que je défends l'idée que la connaissance est la croyance vraie justifiée - une bonne blague pour ceux qui connaissent un peu la littérature - mais le plus drôle est qu'il renomme ce que j'appelle l'"Ur-foundationnalisme" l'"Ur-fondamentalisme" ;).)
Je n'exclus pas la possibilité que c'aurait été perdu d'avance parce que Gustave Ruben s'intéresserait au fond beaucoup plus à faire le malin sur internet qu'à la philosophie. Mais peut-être pas. Qu'auriez-vous fait pour perdre un étudiant perdu dans ce genre en ma place? Avez-vous déjà rencontré le cas?
Commentaires
Cher Julien,
D'abord, bravo pour ta thèse !
En ce qui concerne ton échange, je pense que malheureusement pour toi, tu t'es fait piéger par un troll sophistiqué. Son but depuis le départ était de provoquer chez toi des réactions indignées, méprisantes ou agressives, pour faire faire de l'audience à son blog en publiant le résultat. Depuis le début, car sinon pourquoi envoyer son texte à un blog pour lequel il n'est clairement pas fait ?
Certes, il prend son temps pour faire monter la mayonnaise, il fait même mine de calmer le jeu à plusieurs reprises - son jeu est vraiment fin. Mais avec le recul du lecteur extérieur (que tu ne peux pas avoir), il est évident que tu t'es fait rouler dans la farine par un trolling bien exécuté.
L'homme est un artiste et tu as démarré au quart de tour - comme beaucoup l'auraient fait à ta place, sauf ceux qui sont trop cyniques pour répondre sincèrement aux mails d'étudiants. La façon qu'il a de te pousser à bout, pour enfin asséner le coup de grâce - je vous mets en courrier indésirable, vous n'êtes pas constructif (comme si c'était toi le harceleur de mauvaise foi !) - est vraiment digne des plus grands.
En fait, tu fais une autre erreur de victime classique en publiant le tout sur ton blog, qui est beaucoup plus populaire que le sien, et qui lui fait une audience dont il n'aurait pas pu rêver. L'affaire n'en restera pas là, et c'est ce qu'il recherche.
ps. j'ai fait un petit billet sur la question, qui explique pourquoi les philosophes sont peut-être plus vulnérables que d'autres à ce genre d'attaques :
http://www.cognitionandculture.net/...
Ah ah! Intéressant, j'ai pas pensé au coup du troll, même si c'est clair sur les derniers échanges que tout ce qu'il veut c'est faire parler de lui et d'avoir des visiteurs sur son blog. Mais comme il a été suffisamment naîf pour envoyer son "manifeste" à dialectica, je continue de penser que c'est juste un illuminé!
Mais bon si vraiment je me fais avoir par un troll c'est que je perds la main :(
Marrant ! Il l'a aussi envoyé à un prof de l'Institut Jean Nicod qui me l'a fait lire (mais la discussion avec ledit prof s'est arrêté plus vite que celle-ci). Je m'étais dit que, quand j'aurais du temps à perdre, je lui montrerai les erreurs de débutant qui se trouvent dans son "Manifeste". Mais le travail a déjà été fait par notre JD, toujours (trop ?) généreux.
lol !
Pré-réponse :
http://gustave-ruben.blogspot.com/2...
Merci Dudule !!
PS : J'ajouterai une critique à votre critique d'ici ce soir.
(ah pardon, "critique à la critique" est une expression impossible chez vous)
eh oui julien vous feriez mieux de vous occuper de votre thèse que de ce provocateur sorti tout droit de Pier Gynt , qui m ' a ecrit aussi et à qui j ' ai repondu avec la même naiveté que vous. aseez des Hobbits, Trolls, et autres elfes
En même temps quelqu'un qui a détecté la belle intelligence fine et piquante sur les bords de Julien ne peut pas être totalement mauvais! comme Julien je crois que ce type est sérieux et se prend pour un génie persécuté par l'establishment des normaliens dont vous êtes un exemple. Envoyer à Julien ce texte permet de confirmer ce délire de persécution.
PS / Olivier: j'ai lu ton post. Socrate un troll, c'est choquant! :) Vous proposez deux définitions: forte, désir cynique de provoquer et prendre part à une discussion enragée, et faible, motivation excessive à discuter. Un critère du caractère excessif que vous utilisez est que la discussion se poursuive alors qu'il n'y a pas de chance raisonnable de convaincre le répondant. Mais cela se complique lorsqu'une discussion est publique: peut-être que les réponses ne s'adressent pas tant à l'opposant qu'au tiers, comme dans un tribunal ou un parlement? Ruben tomberait clairement dans la catégorie faible même s'il n'avait pas l'intention initiale de troller, mais je trouve encore la catégorie faible trop floue pour être utile.
Hady: j'ai pensé moi aussi tout le long qu'il croyait sérieusement à ses dualités et son génie. Mais vu sa joie palpitante à se voir ridiculisé ici et son espoir de voir cela continuer sur son blog, je commencer à douter et me demander si ce n'est pas Olivier qui a vu juste!
Florian, trolley problem: intéressant! Alors Ruben a envoyé son manifeste à tous les philosophes dont il a pu trouver les adresses? Comme il citait Braunstein et Jacob je me disais que ce devait être un étudiant parisien qui leur aurait demandé leur avis entre deux cours, mais en fait il a dû simplement leur envoyer des emails depuis sa base secrète!
Très amusant. Ce n'est pas sans me rappeler un étudiant à paris, qui, il y a quelques mois, interrompait inlassablement colloques, conférences, et AG, pour nous entretenir de ses "solutions" à tous les problèmes sur la philosophie du langage. Se pourrait il qu'il s'agisse de la même personne? Ca y ressemble fort!
Je ne crois pas une seule seconde qu'il s'agisse d'un troll pour ma part. Il a visiblement dépensé beaucoup trop d'énergie pour te répondre pour que ce ne soit qu'une blague.
1. Considérant, au juste, que les débats de fond n'intéressent pas ce fier agrégé qu'est Julien Dutant, et qu'il préfère les attaques sur les côtés - la chicane - à un débat rigoureux, je m'empresse d'abonder dans son sens, il est vrai que cela est plus distrayant. Il n'a répondu à aucune remarque sur le fond - il en est bien entendu incapable, ayant déjà apprécié un article pitoyable qu'il osa infliger au monde philosophique, il m'invita à le relire :
-est-ce par masochisme, souhaiterait-il tant que je démontre à nouveau ses insuffisances,
-ou par sadisme, qu'il espère me contraindre encore à la lecture d'un tel torchon ?
2. S'agissant de ce texte si plat (!) de Julien Dutant, je renvoie à la critique que j'en ai faite, à laquelle il n'a bien entendu pas répondu. Le contraire m'eût étonné.
3. S'agissant des arguments de fond (sur la notion de "différence de l'identité") que j'ai avancé au but de mettre en cause ses remarques, il n'a bien entendu pas répondu.
4. "La mauvaise volonté que mettent certains de nos critiques à interpréter nos déclarations autrement que dans le sens le plus stupide en dit long sur leur absence d'imagination, et c'est ce que j'ai vu de plus affligeant dans le petit monde de la philosophie contemporaine." James.
L'essentiel de la critique, qu'il développe, de mes idées tient maintenant en la création (peu imaginative) de dualités farfelues (qui fait bien entendu écho à la citation placée plus haut). Suis-je dans la nécessité de répondre ? Je crois que oui, c'est important. Disons que je rétorquerais d'une même mauvaise foi : il considère donc que sont farfelues, les expressions suivantes : "amour de la haine", "critique de la critique", "plaisir de la souffrance", "connaissance de la connaissance", "faillibilisme de l'infaillibilisme", "tyrannie de la liberté", etc. etc. Pourquoi pas ? Voilà qui met en cause une bonne partie du savoir accumulé. J'imagine que ce génie (haha) qu'est Julien Dutant, et quoique jusqu'aujourd'hui il n'écrivit que des textes de peu d'intérêt, nous pondra un jour un essai apte à prouver cela.
5. "Ce mélange de faiblesse et de force, de grandeur et de petitesse n'est pas le sien, il ne sait rien concilier, et l'humanité, cette belle vertu qui pardonne tout, parce qu'elle voit tout en grand, n'est pas la sienne" Vauvenargues.
Julien Dutant se laisse croire modeste, tandis que le reproche d'amateur attise sa prétention. Sur ma supposée prétention au génie : il est très drôle qu'il m'affuble lui-même, par ironie, du destin d'un génie, d'être un nouveau Hegel, etc. pour ensuite me le reprocher. Mais ce n'est pas de mon fait, Dudule, ce n'est qu'une bizarrerie de votre psychologie. D'ailleurs le propre de ces esprits maladifs, supposent qu'entre génie et sot, il n'y ait pas d'entre deux.
6. "Comment embaucher son prochain employé ? Fiez-vous à votre jugement". John Graham, "Les ficelles du bon entrepreneur".
J'ai osé écrire "RusseL", il manquait un "L". Que cela tombe juste, je cherche actuellement un secrétaire, il ferait l'affaire. De plus, j'approuve comme lui, la belle théorie (peut-il mieux faire ?) suivant laquelle un principe est faux pour être mal orthographié.
6. "Il n'y a de plus belle langue que la française". Auteur qu'il faudrait inventer.
Il est presque merveilleux qu'à mon contact, notre Gaulois, romanisé à souhait, ait diminué la quantité habituelle, dont il dissémine tout texte, d'anglicismes. Qu'il ait honte de parler français, ne serait pas impossible, venant d'un homme qui a, je crois, honte de la philosophie française lorsqu'il daigne la comparer à la splendide pensée américaine. Je ne peux que regretter ce qui ne peut être qu'une monstrueuse inculture littéraire. Je l'invite également à parcourir, voire lire, des auteurs qu'il n'a pas lu de Sextus à Morin, il y en a beaucoup. Mais n'y croyez pas trop, en tout, Dudule suit la mode.
7. Enfin, moi qui ne suit rien, m'amuse à provoquer un nain qui se pense grand, est tolérable, c'est très divertissant en somme. Et qu'il réponde aux mille et unes provocations que je lui adresse, jusqu'à me consacrer un temps astronomique (lol), une dépense d'énergie telle qu'elle empiète maintenant sur sa vie professionnelle, bah !, peut-être y a-t-il là le ressort d'une mauvaise foi sartrienne ?
8. Une légère pique aux commentateurs de ce blog : la belle intelligence celle qui juge d'une querelle au jugement d'une seule partie (bah, il y a essentiellement là de la grégarité, ou ce qui est acceptable, de l'amitié, mais très peu d'intelligence. J'avais d'ailleurs constaté combien Dudule tentait de compenser sa faible créativité par une forte sociabilité, on fait comme on peut, faute de mieux). Ceci s'adresse également aux pseudo-pseudonymes (aïe, dualité qui n'existe pas) que je suis certain, Dudule aura créé pour l'occasion. :)
Tout à fait d'accord avec le premier message (Olivier Morin): vous accordez beaucoup trop d'importance aux piqûres de votre virevoltant interlocuteur: plus vous les frotterez, plus la démangeaison s'en ressentira. Je ne sais pas pour quel motif vous publiez tout cela ici, mais cela ressemble plus à un petit règlement de compte qu'à une discussion au sens honorable du terme. Passons à autre chose?
Bonjour,
bien qu'abonné à votre flux, je n'ai absolument pas les compétences a/ pour correctement appréhender ce que vous écrivez (je picore), b/ pour apporter quoi que ce soit à la présente conversation (mais je vais le faire quand même).
(je sais, c'est terrifiant)
Quelques remarques :
- puisque je pourrais très facilement être occis par vous dans une discussion "technique" entre honnêtes hommes, ma stratégie de contournement consistera à vous faire sortir de vos gonds : semblants d'arguments d'autorité, de sarcasmes et autres seront recherchés dans vos propos car ils sont mes gains sur le web où peu sauront faire la différence entre un conseil de lecture et un argument d'autorité, par exemple. La meilleure tactique consiste à vous faire perdre votre temps (dont vous avez manqué récemment ...). Bref, vous avez vos questions, j'ai mes réponses !
- les philosophes sont particulièrement exposés, oui, en effet. Plus globalement tous les professionnels de quelque chose (je ne dis pas experts, sciemment), ou les plus professionnels que d'autres sur un quelque chose de donné.
Je trouve bien le fait de publier tout l'échange, avec humour et honnêteté, même si votre titre me semble très faible. Car les trolls - les bons, si on peut dire - n'ont pour objectif que de faire apparaître des comportements très dévalués sur internet pour les faire entrer en résonance avec des clichés ou des frustrations (sur les philosophes français par exemple, ou la philosophie à la française, plus globalement les conservatismes professionnels) qui servent leur stratégie pour capter l'attention. Leur fond est sans valeur pour leurs pairs, qu'importe, car l'évaluation par les "pairs" a un sens très très étendu sur le net.
Le traiter d'amateur, dans votre référentiel professionnel, ça passe et c'est sans doute vrai (je ne peux pas objectivement l'apprécier, cependant) ; sur le web, où n'importe qui de pire que moi peut surgir, c'est plus risqué, le référentiel n'est pas du tout le même.
La stratégie du Ruben© peut être efficace pour devenir un "philosophe médiatique" : il attirera inévitablement à lui toutes celles et ceux qui pensent qu'il y a une philosophie conservatrice, élitiste, avec droit d'entrée (comme n'importe quel métier ahem, il faut faire des efforts ...), "figée", pas "moderne" (la modernité au sens le plus grossier du terme, la soumission aux modes quoi).
Que sa position soit forte, qu'il soit reconnus par ses pairs (les vrais), il s'en fiche. Son souci majeur, toutefois, est qu'il n'a pas encore son agrégation, et qu'il n'est pas certain qu'il l'ait avec de tels procédés. Mais une carrière de Michaël Vendetta de la philosophie, tout et tout de suite sans effort et sans évaluation par d'autres professionnels, lui suffira très bien.
On n'étudiera pas le Ruben©, mais il sera partout à la fnac et à la télé (toute ressemblance avec 3 ou 4 "philosophes" français pas enseignés mais hyper-médiatisés n'est pas fortuite, il faut bien renouveler ce cheptel so French).
Il ne parle pas de philosophie, là. N'en parlons pas. ;)
Dr Dutant (je devrai faire attention à ne pas me montrer trop admirateur des reconnaissances académiques)
Quelle patience vous avez! Je suis admiratif. Outre votre volonté sincère de vouloir aider ce jeune homme, vous restez patient et courtois. Je me suis posé la question suivante : cela est il possible dans toutes les disciplines?
Il existe en physique nombre d'énergumènes de la sorte, qui sont rangés asse rapidement dans la catégorie pseudo science. En mathématiques, j'en connais beaucoup moins. En même temps il faut dire que même en essayant d'en faire bien et en toute humilité, je crains les foudres de mon directeur de thèse... Peut être que le filtre de la vérification d'une preuve est assez inflexible.
Mais qu'en est il dans d'autres domaines? En effet j'ai la drôle d'impression que ces personnes sont rapidement identifiées par les domaines qu'ils souhaitent révolutionner (parce qu'ils provoquent généralement leurs popularités et c'est il vrai parfois une occasion de rire un peu en s'envoyant des mails), aussi est il facile de voir combien ils sont dans nos domaines respectifs. Ce serait intéressant de faire quelques petites recherches pour savoir quelle pratique ou théorie semble la plus "révolutionnable" si vous me permettez l'expression.
Et une question, pour combler mon ignorance : y a-t-il déjà eu des individus qui ont véritablement révolutionné un domaine après avoir été tourné en ridicule dans l'histoire des sciences? Je pense notamment à Mautpertuis et son principe de moindre action qui eu un accueil mitigé pour sa forme finaliste en physique, mais qui a finalement été accepté et dépassé. Il n'a pas vraiment été qualifié de charlatan non plus...
Quoi qu'il en soit, j'invite G.R. à suivre quelques cours de mathématiques, cela pourrait lui faire du bien, mais surtout de prendre son temps. Cela arrive assez souvent de sentir qu'on tient une bonne idée, mais le temps est souvent un bon juge (voire, in fine, le seul) de la pertinence des choses qui nous passent par la tête. Je jette comme cela 95% de mon travail, mais cela garantit l'honorabilité des 5% restants.
Amicalement.
Très curieuse affaire. Mais Julien Dutant l'emporte effectivement en probité sur le donneur de leçon en publiant une version non remaniée (non trafiquée) de cet échange ubuesque.
Julien Dutant a eu certainement tort de commencer par rendre son trublion très sympathique en lui répondant avec une ironie à froid , très méchante dès le deuxième message, et une petite dose de mauvaise foi (la présentation en raccourci du principe d'identité sous la forme A=A même si elle est fausse, n'est pas une pure invention de l'illuminé, elle traîne dans beaucoup de vieux manuels de Logique). Ensuite, c'est l'engrenage, et Julien s'efforce d'argumenter mais en pure perte... et il cède encore de temps en temps à quelques mouvements d'irritation.
Quant aux donneur de leçons, ses "aphorismes" politiques sont assez transparents et beaucoup moins sympathiques.
En voici un échantillon :
""L'immigrationisme est assimilable à un hitlérisme en ce qu'il a pour objet ou pour effet la disparition d'une portion de la population française (les Blancs chrétiens) ou leur mise en minorité - cette régression quantitative est en soi une disparition partielle.""
""Les anti-racistes ne combattent pas le racisme, mais ambitionnent le monopole du racisme"".
Où l'on comprend qu'il est facile de passer d'une thèse pseudo-philosophique sur l'identité à une défense identitaire qui sent assez mauvais.
Serge
Oh my God !
J'ai joué à l'inspecteur Clouseau et je me suis demandé si le cracker de Philotropes et l'auteur de ce hoax (je pense, comme Olivier, qu'il s'agit d'un troll -merci Olivier pour le lien vers ton billet, au passage-) n'étaient pas une seule personne (un peu comme A=B, hum). Mais après comparaison du style d'écriture (entre le billet laissé par le cracker donné par Julien D ici : http://blog.philotropes.org/post/20... et les quelques vers de GR du 28/04 : http://blog.philotropes.org/post/20...), je conclus qu'il s'agit probablement de deux personnes différentes. En effet, GR, il faut l'admettre, a un style plus sophistiqué.
Mais pour moi le doute persiste. S'attaquer à une plateforme de blog et lancer une attaque de grande échelle qui inclue des philosophes professionnels et une revue internationale (des représentants de la philosophie analytique dans les deux cas, vous remarquerez. Je ne veux pas jouer le philosophe analytique paranoïaque, mais il faut avouer que la philosophie analytique est sans doute l'une des formes de la philosophie qui se prête le mieux à une institutionnalisation et à une professionnalisation. Elle peut ainsi assez facilement faire l'objet d'une critique -pas très crédible, il faut le dire- qui consiste à opposer la "vraie" philosophie non institutionnalisée et la "fausse" philosophie dans un fauteuil académique, faisant les frais de sa stabilisation théorique et sociale) pour trouver le plus de pigeons possibles (piéger Dialectica, ce serait un événement !) relèvent pour moi d'un cynisme comparable. S'il y a des instruments pour mesurer le degré de cynisme, sur l'échelle du cynisme, il y a fort à parier qu'ils soient l'un et l'autre à peu près au même niveau.
Très distrayant cet échange, quoique navrant du côté Ruben. Cela dit, j'aime beaucoup " Ceci s'adresse également aux pseudo-pseudonymes (aïe, dualité qui n'existe pas) que je suis certain, Dudule aura créé pour l'occasion. :)" : JD n'étant pas identique à JD, il va de soi que les pseudonymes ne sont autres que des fausses différences. CQFD...
@Mikolka : je m'étais également posé la question de l'identité de ces deux intervenants, mais plus j'y pense, plus les relations sont ténues : il y a peu de rapport entre une attaque en règle et un échange de mails, si venimeux soit-il.
Il est vrai que si l'on admet l'hypothèse selon laquelle c'est un troll, ce devient tout de suite plus probable... C'est sans doute un témoignage de ma naïveté, mais pour avoir connu des trolls qui s'ignorent, je reste tout de même avec l'impression d'une sincérité de sa part.
Il est assez flatteur qu'aucun ne songe à réfuter mes idées autrement que par mépris ou ricanement, c'est évidemment plus aisé. Flûte, mes contradicteurs ont nécessairement raison : la voie royale d'accès à notre chère philosophie n'était pas l'échange d'arguments de fond, comme certains l'ont cru, mais la bêtise : oh oui, c'est tout de suite plus facile. :)
Un argument n'est pas faux, mais nauséabond.
Un argument n'est pas faux, mais je dois défendre mon ami Dudule.
Un argument n'est pas faux, mais "paranoïaquement" le fruit d'un hoax, troll, OU MECHANT PERSÉCUTEUR DE LA PHILOSOPHIE ANALYTIQUE (lol) Hou hou
Etc. etc.
Qu'est-ce qu'un imbécile ?, écoutons Flaubert : celui qui ne pense pas comme nous. :)
PS : merci pour les visites !
Comme quoi, google est parfois très instructif.
Ruben : "Bonjour, j'ai écris un texte, un recueil de réflexions, et après un certain nombre de tentatives, je ne parviens en rien à obtenir un quelconque succès auprès d'une maison d'édition. Que faire ?
J'ai le sentiment que mon texte est de très bonne qualité quand je le compare à ce que je lis et ce que j'entends, que j'offre une méthode supérieure à la compréhension classique du réel et le fait est que ça n'aboutit pas.
Pire est que la plupart des éditeurs ne le lisent même pas : après l'envoi d'un vague synopsis, où ils ne répondent pas, où ils m'expliquent que ça n'entre pas dans leur collection.
Cela me rend un peu dingue en fait ! Je pourrais faire le test d'envoyer un synopsis d'un texte de Nietzsche ou de Cioran, ils me répondraient que ça n'entre pas dans leurs collections.
Avez-vous une idée sur ce que je peux faire?"
http://philoforum.fr/forum/viewtopi...
lol j'ai maintenant des personnes qui enquêtent sur moi, VFV j'imagine que ta paranoïa s'agite un peu ?
Voyons, faisons un jeu, tâche de trouver mon numéro de tel dans cet océan internétien. Attention, peut-être mon tel est-il un tel piégé ?!?
@Ruben. GR écrit : "Il est assez flatteur qu'aucun ne songe à réfuter mes idées autrement que par mépris ou ricanement, c'est évidemment plus aisé."
Je réponds :
Pour pouvoir discuter, il faut des arguments. Pour avoir des arguments, il faut des prémisses plausibles et une conclusion. Si l'argument est bien fait, il est paraphrasable dans un langage formalisé qui élimine les ambiguïtés, montre la structure de l'argument, permet de décider de sa validité, et permet de voir quelle type de preuve ou de contre-preuve on peut adopter. Je ne vois rien de tel dans vos propos. Vous avez des thèses, des assertions théoriques, dont le contenu peut être plus ou moins facilement établi, mais je ne vois guère d'arguments. Vous pouvez avoir des thèses, mais sans argument, elles ne sont guère plus que des opinions, et vous ne pouvez forcer personne à les partager sous cette forme.
Et pour finir, au vu de votre comportement, il ne faudra pas s'attendre à beaucoup d'empathie de la part des commentateurs.
J'ai lu avec intérêt le texte de G. Ruben, car il me paraît assez significatif de certaines formes de fascination philosophique. Il est en effet fréquent en philosophie que le regard se fixe de telle sorte que quelque chose de trivial devienne problématique. Je dis cela sans aucun mépris, car il est très probable que de nombreux problèmes philosophiques, sinon tous, soient ainsi générés.
Pour tenter de débrouiller ce que soutient G. Ruben, le texte suivant de Quine peut être utile :
"Identité
Le terme est assez galvaudé. On parle de jumeaux identiques. On dira aussi de deux personnes qu'elles conduisent des voitures identiques. Néanmoins, malgré ces flottements dus à l'usage, ce terme, pris au sens strict, est on ne peut plus précis. Une chose est identique à elle-même et à rien d'autre, pas même à un double gémellaire.
Pour David Hume, il y avait là un mystère. L'identité avait apparemment tout d'une relation, mais elle ne reliait pas des paires de choses comme les autres relations ; les choses ne sont identiques qu'à elles-mêmes. Dès lors, en quoi l'identité diffère-t-elle d'une simple propriété ? De plus, une telle « relation » s'applique à toute chose. En quoi diffère-t-elle alors de la simple propriété d'existence — propriété dont jouit toute chose?
Même quand on a affaire à quelqu'un de la trempe de Hume, il est difficile de saisir rétroactivement les confusions avec lesquelles il se débattait, précisément parce que ces confusions ont été dissipées par le progrès de la science. Aujourd'hui, une relation consiste très clairement pour nous en paires d'objets ; la relation « oncle de » comprend toutes les paires « oncle-neveu » et « oncle-nièce ». Quant à la relation d'identité, elle comprend toutes les paires répétitives (x, x), et seulement elles ; (x, x) ne se confondant nullement avec x. »
(Article « Identité » de « Quiddités, Dictionnaire philosophique par intermittence »)
Voilà la « brèche » de la relation d'identité dans laquelle s'installe G. Ruben : pour qu'il y ait relation d'identité, il faut qu'il y ait une paire répétitive et si la paire (x,x) ne se confond nullement avec x, alors G. Ruben va arguer que la répétition contient une différence cachée que les philosophes n'ont pas suffisamment prise en compte, il y a donc une différence intrinsèque au concept d'identité, une différence de l'identité, etc.
Examinons cette « brèche » avec le 216 des Recherches philosophiques de Wittgenstein :
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« Une chose est identique à elle-même. » Il n’y a pas d’exemple plus subtil d’une proposition inutile qui, cependant, est liée à un certain jeu de la représentation. C’est comme si à nous représenter une chose nous la mettions dans sa propre forme et constations qu’elle s’y ajuste.
Nous pourrions dire aussi bien : « Chaque chose convient à elle-même. » Ou encore : « Chaque chose convient à sa propre forme. » On regarde alors la chose et l’on se représente un vide ménagé pour elle, et dans lequel elle rentre exactement.
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Etre fasciné par la brèche de la relation d’identité reviendrait donc à s’émerveiller, comme le disait Lichtenberg « de voir que les chats ont la peau trouée de deux trous, précisément à la place des yeux » (Aphorismes)
Mais il ne suffit pas de rire, il faut aussi comprendre : cette brèche se réfère au « jeu de la représentation », au sens où une pièce pour fonctionner doit avoir du jeu. Selon la vénérable formule « connaître c’est re-connaître », nous ne discernons l’identité d’une chose qu’après l’avoir perçue dans des contextes différents. Pour reconnaître x, il faut que je l’aie déjà vu un certain nombre de fois et qu’à un moment, la répétition de la variation contextuelle fasse ressouvenir de x. Par exemple, je ne peux faire comprendre le nombre 3 à des enfants qu’en leur montrant 3 pommes, 3 fleurs, 3 gâteaux, etc. jusqu’à ce qu’ils reconnaissent le nombre 3 _à travers_ ces différents ensembles à 3 éléments. Il n’est pas indifférent que le par. 216 que je citais soit inséré dans une interrogation de Wittgenstein à propos de l’application des règles. C’est un problème pédagogique important, lorsqu’on souhaite que des enfants reconnaissent quelque chose, de trouver les règles de guidage de leur attention les plus adaptées. J’en ai eu un exemple récemment dans un cours de mathématiques : des jeunes de collèges confondaient « mettre au carré » et « multiplier par deux ». Je n’avais pas d’autre solution que de leur montrer, en prenant des séries de nombres, que cela donnait des résultats différents. Il fallait pour cela laisser au moins provisoirement de côté « 2² » qui aurait brouillé les pistes.
La répétition inhérente à la relation d’identité est donc l’indice d’un « jeu de la représentation », elle est _l’abréviation_ de la différence contextuelle sans laquelle nous ne pourrions accéder à l’identité de quelque chose. Si on interroge cette abréviation sans la rapporter à nos conditions pratiques d’acquisition d’un concept, « de la carte d’identité » des choses, nous fabriquons des roues philosophiques qui tournent à vide…
Je crois rêver !!!
Deux personnes de suite qui abordent des questions de fond !!
Je les remercie chaleureusement !, j'ai cru un instant m'être trompé de site, et nous corrigerons bien vite cet affreux résultat suivant lequel l'article que Dudule écrivit à mon propos récolte bien plus de commentaires que la plupart des autres articles, lesquels abordent pourtant des questions de fond.
Je répondrai longuement aux deux internautes qui, malgré la tempête (ou l'hallali ?), estimèrent bon d'élever un peu le débat - je répondrai aussi aux autres si j'en ai le temps - sur mon blog. Je reviendrai placer l'adresse de redirection.
Bonjour Gustave Ruben, En effet, Hervé répond avec beaucoup de précision à ce problème si complexe de l'identité. J'ai essayé avec un ami juriste (plus précisément "comparatiste") d'aborder la question de l'identité avec une approche "juridique" lors d'un colloque sur "interpréter et traduire" en 2005. Si cela vous intéresse, je peux vous faire parvenir l'article: "Paradoxes de l'identité et droit comparé" (P. Richard et L. Harang): il s'agit de présenter la thèse de Frege, la critique de Quine sous l'angle de l'épistémologie du droit comparé.
@ Hervé.
Mais de quelle brèche parlez-vous ? S'extasier sur le fait que dans un langage quelconque, pour exprimer l'identité, on ait besoin d'une paire répétitive, et en tirer qu'il y ait là un problème philosophique, c'est commettre une grossière erreur de raisonnement ! C'est faire les choses à l'envers, prendre l'énonciation pour l'énoncé. Il n'y a rien qui permette de construire un problème philosophique dans cette confusion. Pour l'anecdote (et je rejoins Julien sur ce point) c'est typiquement la méthode de Heidegger et de ses imitateurs.
@ Hervé
Mais de quelle brèche parlez-vous ? S'extasier sur le fait que dans un langage quelconque, pour exprimer l'identité, on ait besoin d'une paire répétitive, et en tirer qu'il y ait là un problème philosophique, c'est commettre une grossière erreur de raisonnement !
@Mikolka
C'est exactement ce que je dis, mais sans m'énerver !
@Hervé. Ce n'était pas contre vous ! Je ne faisais que surenchérir dans le même sens que vous.
Je doute que l'objectif de "Ruben" soit de faire de l'audience à son blog probablement crée pour l'occasion. Ça m'a tout l'air d'un canular bien ficelé. Il est difficile d'imaginer que ce petit malin goguenard qui cite James et Vauvenargues ait lancé sérieusement un mouvement appelé "L'intellectualisme".
@Madame Harang.
Chère Madame, c'est avec grand intérêt que je lirai votre article. Mon adresse mail est celle-ci : gustave.ruben@live.fr, et je me déclare à vos ordres.
@Hervé (et un peu @Mikelka).
Hervé, je tiens au préalable à vous remercier chaleureusement. Il est en effet singulier que vous n'ayez pas souhaité insulter ou mépriser votre contradicteur au motif qu'il ne partage pas vos idées ou qu'il n'a pas lu tel dernier auteur. Enfin, si vous n'êtes pas le seul à avoir critiqué mon texte, vous êtes peut-être le seul à l'avoir lu. C'est un signe de respect et de dialogue.
1/ Le flottement.
Quand Quine parle plus haut de flottement, pourquoi parler "d'oncle de Paul" me conviendrait, mais "l'identité de pomme", non ? Comment décréter ce qui appartient ou non à ce flottement ? La question est très sérieuse. Faut-il considérer par principe que la langue commune est d'une nature médiocre, pour être trop souple et permissive, alors que cette souplesse est peut être gage d'amélioration de notre langage, au moins autant que risque de détérioration.
Comparons les expressions :
-l'oncle de Paul / la relation "d'oncle à neveu" entre Pierre et Paul
-l'identité de Paul / l'identité entre Paul et Paul
Nous dirons fréquemment "l'oncle de Paul" mais rarement "l'identité de Paul" (au sens où Paul est identique à lui-même) ; "la relation d'oncle entre Pierre et Paul" nous suffira très peu à désigner ou comprendre l'expression ; en revanche, "la relation d'identité entre Pierre et Paul" suffira à elle-même.
Vous admettrez, je pense, que ces expressions, pour des raisons que des grammairiens nous expliqueraient aisément, ne sont pas équivalentes grammaticalement.
Cela dit, nous pourrions tout aussi bien user de ce flottement dont vous parliez pour les rendre équivalentes. Cela effrayera bon nombre de commentateurs, mais ce n'est qu'une hypothèse. Parler ainsi "d'identicité de Paul" pour signifier la relation d'identité entre Paul et Paul ; et pour savoir qui est oncle, qui est neveu, générer un terme exprès (ainsi que Locke le décrivait très bien) de telle sorte que "la relation d'XXX de Pierre à Paul" nous semblerait bien suffisante à la qualification précise de cette relation.
Je n'écris pas tout cela en vain. Vous allez comprendre.
Car ces mêmes reproches peuvent parfaitement se répéter dans un langage plus sophistiqué.
Votre citation : "la relation « oncle de » comprend toutes les paires « oncle-neveu » et « oncle-nièce ». Quant à la relation d'identité, elle comprend toutes les paires répétitives (x, x), et seulement elles ; (x, x) ne se confondant nullement avec x."
Considérons que la relation "identicité de" comprend toutes les paires "identicité-Y", "identicité-Z", etc.
Disons qu'il faut choisir : cette torsion du langage en amont : assimiler le potentiel grammatical de la relation "oncle de" et la relation "identité de" (ce qu'on me refusera je pense, c'est pourquoi j'écrivais "ce n'est qu'une hypothèse"), ou en aval par ce langage plus sophistiqué ("paire", "répétitive", etc.) qui peut procéder automatiquement à une mise à niveau et, quelque part, gommer les différenciations que je listais plus haut, dans une sorte de neutralité grammaticale de la relation. Mais les mêmes reproches ne valent pas moins pour l'un que pour l'autre.
Je réponds là à Mikelka. Vous me reprochez :
a/"qu'il n'y a rien qui permette de construire un problème philosophique dans cette confusion. Pour l'anecdote (et je rejoins Julien sur ce point) c'est typiquement la méthode de Heidegger et de ses imitateurs." et globalement, si je ne me trompe pas trop quant à votre reproche, de forcer le langage,
b/ "si l'argument est bien fait, il est paraphrasable dans un langage formalisé qui élimine les ambiguïtés, montre la structure de l'argument, permet de décider de sa validité, et permet de voir quelle type de preuve ou de contre-preuve on peut adopter"
Autrement dit, un langage plus sophistiqué n'est pas nécessairement meilleur, dans l'exemple cité plus haut, qui peut être ne vous suffira pas (ce que je peux admettre volontiers), la sophistication peut tout autant détruire d'emblée des différenciations, celles-là même qu'on m'eût reproché d'affecter. Il pourrait m'être dit : "autant choisir le second, donc". Non, car il me semble inutile d'acquérir un vocabulaire spécifique pour prouver cela qu'une langue vulgaire suffit. En fait, me concernant, c'est encore pire car il me semble que la première étape est déjà inutile.
2/ La relation
Quine part du principe suivant lequel une chose est identique à elle-même et seulement cela.
La citation est trop courte pour savoir s'il défend que la relation qu'une chose entretient avec elle-même est exclusivement une relation d'identité. Peut-être n'est-ce pas ce que vous défendiez vous-mêmes, dans ce cas, ne prenez pas en compte cette remarque.
C'est admissible si l'on entend par "paire répétitive" l'exposé d'une relation qu'une chose entretient à elle-même. Et que nous supposons qu'elle ne peut entretenir qu'une relation d'identité. Effectivement dans ce système, il nous sera difficile de mettre en lumière une relation entre une chose et elle-même qui ne soit pas celle d'une identité. Comment cela se fait ? Bin, c'est qu'on le définit tel, a priori. Et passé en langage plus sophistiqué, on constate ô miracle qu'une chose est nécessairement identique à elle-même. C'est hyper normatif en somme. Il n'est prouvé pas, de cette manière, qu'une relation entre une chose et elle-même ne peut être que celle d'une identité, cela est décidé.
Vous souligniez le problème avec une citation de Wittgenstein, par laquelle, si je force un peu, nous atteignons presque la relation d'appartenance d'une chose à elle-même. D'ailleurs c'est amusant, si nous refusons la relation d'appartenance, Witt. ne pourrait pas dire (il ne le dit pas) que le principe subtil (d'appartenance, dérivée de l'identité) est inutile, puisqu'il ne serait lors pas même admis.
Si la relation entre une chose et elle-même se réduit à une relation d'identité, il est impossible de rendre compte de cela.
3/ Peut-être, là encore, la citation est-elle trop courte, ou sa défense défaillante. Il me semble pourtant qu'il y a assimilation entre "une chose est identique à elle-même" et "une chose est identique à une chose", lorsque transcrite en (chose,chose).
Il ne me paraît pas du tout que ce soit si facilement assimilable.
Comment générer cette différence, si toutefois vous considérez qu'elle existe ? La solution existe certainement.
4/ Le problème de la relation d'identité et de la relation de différence, et la recréation des dualités.
"Quant à la relation d'identité, elle comprend toutes les paires répétitives (x, x), et seulement elles ; (x, x) ne se confondant nullement avec x."
a/ Je ne vois pas en quoi les dualités deviennent impossibles.
La relation d'identité comprend toutes les paires répétitives. Elle comprendra donc celle de la relation d'identité elle-même.
Elle comprendra encore celle de la relation de différence.
Vous ne voulez pas, au motif que cela génère des dualités, une sinistre "confusion", une imitation "heidegerienne", ou que j'exploite une brèche quelconque ? Très bien, alors du "toute chose est nécessairement identique à elle-même", il faut retrancher "relation d'identité", "relation de différence", etc., ce à quoi vous n'agréerez pas non plus (en tout cas, JD ne voulait pas).
b/ Je ne sais pas où vous avez lu que j'assimile x à la relation d'identité entre x et x ? Si vous faites référence à ma manière de désigner "identité1" comme relation d'identité j'ai longuement répondu à JD, qui n'a pas daigné répondre, que cela m'était assez égal, compte tenu du fait qu'une autre dualité se recréait telle que "fait de relation d'identité", etc., et donc que la désorganisation dont il se plaignait était inévitable.
c/ Vous noterez au passage que si "la relation d'identité ... comprend toutes les paires répétitives (x, x)", comprenant sa propre paire répétitive, elle s'appartient en quelque sorte à elle-même. L'idée qu'il n'y aurait pas appartenance d'une chose à elle-même deviendrait difficilement tenable (quoique, ici, sans confusion à l'identité).
Pourquoi dire cela ? C’est très simple :
"Quant à la relation d'identité, elle comprend toutes les paires répétitives (x, x), et seulement elles ; (x, x) ne se confondant nullement avec x."
Nous pouvons réécrire cette phrase :
""Quant à la relation d'identité (x), elle comprend toutes les paires répétitives, y compris "relation d'identité-relation d'identité" (x, x), et seulement elles ; (x, x) ne se confondant nullement avec x."", excepté qu'en la réécrivant nous créons un cas de confusion. Cela tient au fait que nous souhaitons toutes les relations d'identité identiques.
@Mikelka
S'il existe une liste des thèmes dignes (auxquels est accolé un "V" de couleur verte), et une liste des thèmes indignes (auxquels est accolé une croix "X" de couleur rouge), il faudrait le faire savoir.
S'agissant de la question abus de langage heideggérien/utilité d'un langage formel : j'ai plus haut donné un élément de réponse à ta question.
De plus, le langage commun pas si facilement détachable d'un langage plus complexe, ex des mathématiques
Enfin, tu m'écris tout cela en langage commun, cf la critique des "dénués de sens" dans ma réponse à JD.
__
Enfin, pour tous les autres, que je nommerai par commodité "Pom-Pom Dudule" ou duduliens.
Mes chers duduliens.
Etant entendu que vos idées sont à peu d'choses près les mêmes, que vous ne concourrez en aucun cas à prouver l'existence de vos individualités, mais plutôt celle de votre grégarité, je répondrai donc indistinctement aux éléments de votre troupeau lesquels, j'en suis certain, me répondront par d'in-distinguables bêlements noyés parmi d'autres :
"MeuhMeuh" m'explique que mes idées politiques sont nauséabondes.
Ce n'est en rien ma faute. Mon père était Staline, ma mère était Hitler, j'ai manqué de chance dans la vie, un tel syncrétisme n'est pas amendable. Je suis devenu islamiste.
Plus sérieusement, mon cher veau, je pense, comme l'illustre Desproges, m'inscrire à SOS Racisme le jour où il y aura un "s" à "racisme", et non point deux ou aucun, tel que cela m'apparaît aujourd'hui.
D'une nature angoissée, "Bêêêêêêêêêh" fut terrifié par l'affaire Sokal, ainsi, depuis, traque le canular qu'un méchant génocidaire des philosophes analytiques souhaiterait mener à bien.
A cette fin, il s'intéresse à ma vie avec ardeur, réunit des preuves accablantes, m'accuse de fautes - peu important qu’elles aient été ou non commises, répand une armée de neurones paranoïdes à chacune de ses phrases, se confond en hypothèses contradictoires que sa paranoïa, seule, fait légitime -- celle-ci ayant vraisemblablement substitué son système nerveux. Mais heureusement, "Bêêêêêêêêêêêh" enquête quant à ma santé mentale.
Mouton est un animal intelligent. Il a cette capacité enviée de critiquer mon texte sans l'avoir lu. Ajoutant, de la sorte, une sous-branche à la science des télépathes, son destin tout tracé lui assurera une place de choix au prochain Congrès des Esotéristes Associés. Il méprise ses contradicteurs, mais ne supporte pas d'être méprisé en retour ; peureux, il ne menace et n'insulte jamais qu'à dix contre un, tel qu'au cours de ce débat, où son nombre espère compenser l'intelligence manquante aux débats de fond, qui finalement ne l'intéressent guère.
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Voilà pour la partie "Carambar" de ma réponse, réservée aux duduliens qui, contrairement à moi qui suis un jeune homme sensible, fragile et romantique, ne s'intéressent pas aux discussions de fond.
D'ailleurs, il me semble que ce skyblog est très mal tenu.
Jean-Baptiste Botul est un canular de meilleure tenue...
@ Ruben
Je vais employer une analogie pour vous faire comprendre ce que j'ai déjà dit. Cette analogie suppose d'accepter deux propositions triviales : 1) la distinction entre le contexte de la découverte et le contexte de la justification est vraie ; 2) une théorie sert à expliquer des phénomènes et n'a pas d'autre raison d'être.
Imaginons un paléontologiste et biologiste de l'évolution qui a face à lui des fossiles. Il doit en rendre compte : à quelle espèce appartiennent-ils ? pourquoi ont-ils cette forme ? etc. Il élabore une théorie pour expliquer ces fossiles. Sans ces fossiles découverts, l'explication qu'il proposera n'aura aucun sens, aucune raison d'être, n'est-ce pas ? Imaginons ce même paléontologiste dans une autre situation : il est en train de lire le papier d'un collègue dans lequel se trouve des modélisations mathématiques de certaines propriétés de la sélection. Il voit une expression comme celle-là :
Passons à l'autre proposition : pour justifier ses hypothèses, il va devoir exposer la méthodologie qu'il a employé. Cette méthodologie doit avoir certaines propriétés pour que sa théorie soit convaincante et plausible : itérabilité par d'autres personnes, économie d'hypothèses, etc. Pour présenter sa théorie à des experts ou non, le nombre de filtres imposés est très élevé et limite considérablement les possibilités. S'il dit qu'il s'est servi de la répétition des flèches (comme telle et non pas ce qu'elle représente, encore une fois) comme hypothèse de départ, son papier ne dépassera le stade de la première lecture en revue. Qu'en est-il du contexte de la découverte ? Voyez-vous une objection au fait qu'il utilise la répétition des flèches pour faire "naître" des idées ? Personnellement, je n'en vois pas. Il peut utiliser n'importe quel moyen, pourvu qu'il soit fécond.
Imaginons un philosophe maintenant. Je vais vous demander d'accepter une troisième proposition : la philosophie est une théorie qui cherche à rendre compte de certains phénomènes. Et par là je veux dire qu'il faut distinguer la philosophie en tant que "science" et la philosophie en tant que métathéorie. On fait beaucoup de métathéorie en philosophie : philosophie de la religion, philosophie de la psychologie, philosophie de la logique et des mathématiques, etc. En métathéorie, on s'interroge sur les méthodes, les objets à expliquer. A-t-on besoin d'être philosophe de formation pour le faire ? Je ne crois pas, il suffit d'avoir les idées claires et de bonnes capacités de raisonnement. D'ailleurs, avez-vous déjà lu un bon papier en science qui ne comprenne pas une interrogation métathéorique bien menée ? Personnellement, non.
Imaginons maintenant que la philosophie scientifique, celle qui est une théorie qui cherche à expliquer des phénomènes, soit la théorie du raisonnement. Il existe des phénomènes très complexes liés au raisonnement, par exemple : qu'est-ce que le fait de faire un raisonnement pour obtenir une conclusion que je connais déjà ajoute à ma connaissance préalable ? (cf Blind reasoning.) Sans ces phénomènes liés au raisonnement, la théorie du raisonnement proposée par ce philosophe n'aura aucun sens, n'est-ce pas ? Supposons maintenant que ce philosophe utilise une théorie de logique modale quelconque. Dans cette théorie, il a besoin de la formule :

Ce philosophe est frappé par la répétition de la flèche. Il se dit alors que l'objet de la philosophie, c'est la répétition de la flèche, non pas ce que le symbole de l'opération représente, mais la répétition de la flèche comme telle, le dessin. Que pensez-vous de ce philosophe ? Pour moi, il s'est égaré en chemin et il ne fait pas de la philosophie. Pourquoi ? Parce qu'il n'y a rien à expliquer. Attention ! Je ne dis pas qu'on ne peut pas prendre la flèche comme dessin comme objet de connaissance. Mais dans ce cas, on fait de l'anthropologie en se demandant pourquoi, dans une société donnée, dans un environnement culturel précis, avec des individus possédant un appareil cognitif avec les propriétés x, y, z, la flèche a été utilisée, et en vu de quel avantage. Mais vous remarquerez qu'il ne s'agit plus de philosophie.Passons à l'autre proposition. Pour justifier auprès de ses pairs (ou non) sa théorie sur le raisonnement, le philosophe va utiliser un certain nombre de méthodes qui auront les propriétés déjà énoncées plus haut. La sélection faite sur les outils pouvant être utilisés pour proposer sa théorie est très importante, au point que s'il dit qu'il fonde sa théorie sur le dessin des flèches qui se répètent, on ne le prendra pas au sérieux. Mais pour la découverte d'hypothèse ? Pourquoi pas ?
Imaginons maintenant un autre philosophe qui me dit : "si en logique, on utilise deux fois la lettre "x" pour exprimer l'identité, alors c'est un problème philosophique, parce qu'on se trompe sur l'identité." Que pensez-vous de ce philosophe ?
Cher Gustave,
Comme le disait Miguel Bosé à Marisa Paredes dans « Talons aiguilles » d’Almodovar : « J’aime votre style ».
http://www.youtube.com/watch?v=tqJ9...
Il me rappelle le langage fleuri des belles années de l’Internationale Situationniste.
A ce propos, Jean-PierreVoyer
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-P...
fricotait avec l’IS, il se mêle quelque peu de logique, actuellement. Comme il a gardé quelques accointances avec le milieu de l’édition, essayez de lui proposer votre réflexion :
http://pagesperso-orange.fr/leuven/
Maintenant, revenons à notre propos :
Gustave
Parler ainsi "d'identicité de Paul" pour signifier la relation d'identité entre Paul et Paul ; et pour savoir qui est oncle, qui est neveu, générer un terme exprès (ainsi que Locke le décrivait très bien) de telle sorte que "la relation d'XXX de Pierre à Paul" nous semblerait bien suffisante à la qualification précise de cette relation.
Hervé
Sauf que, et c’est là ce qui engendre un dérapage, si vous parlez « d’identicité » pour signifier la relation entre Paul et Paul et « d’onclitude » ou « d’onclicité » pour parler de la relation « Pierre est oncle de Paul », vous semblez les mettre sur un même plan et vous laissez subrepticement de côté le fait que l’ « onclicité » met en relation des paires _ordonnées d’éléments différents_ (= Si Pierre est oncle de Paul, Paul n’est pas oncle de Pierre), ce qui n’est pas le cas de l’identicité.
Gustave
Il me semble pourtant qu'il y a assimilation entre "une chose est identique à elle-même" et "une chose est identique à une chose", lorsque transcrite en (chose,chose).
Il ne me paraît pas du tout que ce soit si facilement assimilable.
Comment générer cette différence, si toutefois vous considérez qu'elle existe ? La solution existe certainement.
Hervé
Alors là, je mets une petite jupe, ou tout au moins un seyant petit short et je rejoins les Pom Pom Dudule . Même si je suis d’un âge avancé, je pourrai en remontrer à toutes ces jeunesses et nous ferons la première « Transgender Analytical Philosophy Pride ». Les pages de la thèse de Julien suffiront pour faire un très beau char.
Vous reproduisez le dérapage sur lequel Julien attirait votre attention lorsqu’il dénonçait le trop vague A = A.
Dire :
(1) « une chose est identique à elle-même »
Ce n’est pas du tout dire :
(2) « une chose est identique à une chose »
- En (1), je prends une chose et je la compare à elle-même,
- En (2), je prends une chose et je la compare à n’importe quelle chose, elle-même ou une autre.
Je ne vois rien, ni dans le texte de Quine, ni dans celui de Wittgenstein, qui permette de confondre (1) et (2).
Gustave
Le problème de la relation d'identité et de la relation de différence, et la recréation des dualités.
"Quant à la relation d'identité, elle comprend toutes les paires répétitives (x, x), et seulement elles ; (x, x) ne se confondant nullement avec x."
a/ Je ne vois pas en quoi les dualités deviennent impossibles.
La relation d'identité comprend toutes les paires répétitives. Elle comprendra donc celle de la relation d'identité elle-même.
Elle comprendra encore celle de la relation de différence.
Vous ne voulez pas, au motif que cela génère des dualités, une sinistre "confusion", une imitation "heidegerienne", ou que j'exploite une brèche quelconque ? Très bien, alors du "toute chose est nécessairement identique à elle-même", il faut retrancher "relation d'identité", "relation de différence", etc., ce à quoi vous n'agréerez pas non plus (en tout cas, JD ne voulait pas).
Hervé
X : relation d’identité
Y : relation de différence
Dire X est identique à X et Y est identique à Y ne me pose aucun problème, même si je n’en vois pas l’intérêt. En quoi cela conduit-il à une dualité ?
Gustave
b/ Je ne sais pas où vous avez lu que j'assimile x à la relation d'identité entre x et x ?
Hervé
Nulle part, puisque je dis :
"Voilà la « brèche » de la relation d'identité dans laquelle s'installe G. Ruben : pour qu'il y ait relation d'identité, il faut qu'il y ait une paire répétitive et si la paire (x,x) ne se confond nullement avec x, alors G. Ruben va arguer que la répétition contient une différence cachée que les philosophes n'ont pas suffisamment prise en compte, il y a donc une différence intrinsèque au concept d'identité, une différence de l'identité, etc."
Bien à vous,
Cher Capitaine Ruben, SVP; veuillez me communiquer votre adresse postale afin que je vous envoie ce joyau, ce fameux article !
@Ruben
Autre point, en complément au précédent. Le virage qui vous permet de passer des émotions à une théorie logico-ontologique sur l'identité et la dualité est complètement obscur. Après tout, pour savoir pourquoi nous aimons la haine, ou nous haïssons aimer, le meilleur candidat théorique, c'est la psychologie des émotions (quelle que soit l'approche, cognitive ou évolutionniste). Vous me direz : ce n'était qu'un exemple parmi d'autres, les exemples de "dualités paradoxales" sont nombreux et ne relèvent pas seulement de la théorie des émotions. Mais je vous répondrais alors : pour combien d'exemples, y a-t-il un meilleur candidat qu'une théorie logico-ontologique ? Il est fort probable que la liste de vos candidats se réduise considérablement. Pourquoi ? Parce que le "virage logico-ontologique" est infondé, sans objet (cf mon commentaire précédent) et que d'autres théories déjà en place remplissent déjà la fonction qui consiste à expliquer ces phénomènes (ce qui justifie l'objection de Julien : il n'utilisait pas un argument d'autorité en disant que l'auteur Z est l'apport définitif sur la question et qu'oser s'élever contre Z est un sacrilège, mais il faisait un appel à l'humilité intellectuelle qui consistait à dire qu'il faut regarder ailleurs, dans des champs de recherche déjà formés, si des réponses plausibles et pertinentes aux questions qui vous intéressent ont déjà été formulées).
Je change d'avis : Gustave Ruben n'est pas un troll.
Les éléments qui m'ont fait changer d'avis :
- la soumission à Dialectica
- les messages discrets sur un forum pour demander comment éditer son texte, qui n'ont pas entraîné de débats houleux, et n'étaient pas faits pour ça
- la tenue assez exemplaire de la discussion sur ce site
Donc, M. Ruben, vous êtes sincère. Je m'excuse.
Nicolas Pain: le vrai problème ce n'est pas d'aimer ou de haïr mais de savoir qui a raison, dans sa volonté de vérité: Gustave ou Julien. Eh bien chacun des deux est convaincu d'être dans le vrai ! Vous voyez bien les limites de l'argumentation: Julien ne comprend pas vraiment ce que veut dire Gustave; là je comprends... Mais ensuite Gustave a raison de dire que le problème de"Gettier" n'est pas contextualisé ! Après chacun des deux est caricatural: "ce n'est qu'un logicien; "a implique b" et l'autre "ce n'est qu'un dingue, illuminé". Quant à moi, je pense que ceux qui passent beaucoup de temps à travailler, prépa, normal sup, moniteur...sont de grands enfants !!
Bonjour, Olivier Morin, c'est vraiment très bien: bien sûr que G. Ruben ne méritait pas tant de mépris; merci pour votre attitude.
Nicolas Pain, Le problème n'est pas d'aimer ou de haïr mais de savoir qui a raison: Gustave ou Julien. Or les deux sont persuadés d'avoir raison, dans leur désir de Vérité ! Julien ne comprend pas bien ce qu'affirme Gustve - et là je comprends . Gustave a raison de dire que le problème de "Gettier" n'est pas contextualisé dans la démonstration de Julien. Ensuite, chacun des deux est caricatural: "Julien est un affreux logicien.."; "Gustave est un dingue, illuminé..". Vous voyez bien les limites de l'argumentation !
@Laurence :
Si vous aviez lu le Manifeste de l'Intellectualisme, vous auriez eu la présence d'esprit de voir que je commentais des exemples employés dans ce texte. Il n'est pas question dans mon commentaire des passions générées par cet échange.
En ce qui concerne l'attribution du qualificatif "troll" (sincère ou non), même si le principe "innocent until proven guilty" doit être appliqué, d'après la seule lecture de l'échange, il y a vraiment des éléments qui peuvent pencher dans le sens de cette attribution. Outre cela, les éléments apportés par Olivier dans son dernier message ne sont pas déterminants, ils peuvent être interprétés dans les deux sens : 1) il est tout aussi tentant de considérer l'envoi du manifeste à Dialectica comme une preuve de bonne volonté que comme l'intention de piéger cette revue ; 2) la recherche de conseils sur un forum peut elle aussi être interprétée dans les deux sens (volonté d'échapper aux pièges de l'édition ou recherche sincère de conseils pour trouver un éditeur). Un autre aspect m'a fait pencher pour le hoax : le contexte hégélien. Alors que des relectures intéressantes de Hegel sont en cours (Tinland, Kervégan, Terry Pinkard, le club hégélien de Harvard, etc), retomber dans un hégélianisme de ce type me paraît complètement à contre-courant. Et se tenir informer des recherches sur son domaine, c'est tout de même la moindre des choses, n'est-ce pas ? quand on se prétend philosophe et chercheur. Mais c'est précisément à cause de l'application du principe "innocent until proven guilty" (les raisons ne sont déterminantes ni dans un sens ni dans l'autre) et la "tenue exemplaire de la discussion", pour reprendre les termes d'Olivier, qui m'ont arrêté dans mon élan (cf message 14). Désolé G. Ruben.
Sauf à me méprendre sur le sens du qualificatif "troll", GR m'a plutôt l'air d'être un "crackpot". Il partage d'ailleurs plusieurs des traits caractéristiques de cette entité psychiatrique si ordinaire, pourtant méconnue, et par ailleurs très bien décrite par Pascal Boyer dans un billet de Cognition&Culture ("All crackpottery is foundational. Crackpots do not go for the small problems") :
http://www.cognitionandculture.net/...
@Valérian
Je suis tout à fait de votre avis, et c'est d'ailleurs le terme de crackpot qui me manquait. Ce terme est d'ailleurs très utilisé en physique, cf. ce lien qui s'amuse à donner un indice pour reconnaitre un "physics crackpot". Je me demande juste quels sont les critères en Philosophie pour détecter de tels personnes, si elles sont courantes.
@Capitaine Ruben à Capitaine Laurence Harang
Chère Madame, ne vivant exactement nulle part, c'est bien contre moi que je n'ai aucune adresse postale à vous offrir, cela dit j'aurais bien aimé vivre en Bretagne, à Brest mettons, c'est pourquoi, si l'adresse "12, rue des acacias, à Brest" vous convient, je m'engage à acquérir le lot correspondant à fin d'une conversation. Autrement, cher capitaine, je tenterai de dénicher votre adresse électronique sur votre blog et le cas échéant, vous écrirai premièrement.
@Hervé
Cher Monsieur,
J'ai été visiter le blog de votre ami. Partageant en de nombreux points ses idées politiques, il est certain que ce cher homme m'accueillera comme son fils. :) Cela dit, ce n'est pas sans avenir.
S'agissant maintenant de votre référence cinématographique, je n'ai malheureusement pas de "boucles d'oreilles" à vous échanger contre votre "faux sein gauche" - enfin, sauf révélation quant à nos vies privées. La chanson que vous m'avez permis d'entendre est merveilleuse, et la femme la chantant, très belle et, il me semble, habillée et coiffée à l'ancienne mode (non ?) ; l'ensemble lui donne un charme fou.
Sur le fond,
1/ J’envisageais la confusion entre « la pomme 1 est identique à la pomme1 » et « la pomme1 est identique à elle-même ». (Par « une chose », j’entendais la définition de sa particularité.)
Employer deux fois le même terme pour spécifier une relation d'identité (cf la citation de Quine) consiste-t-il à défendre :
-que la pomme 1 est identique à la pomme 1 (ce que peut laisser supposer cette répétition), ou bien,
-que la pomme 1 est identique à elle-même (ce que peut laisser supposer l’identité) ?
C’est cette confusion que je vise, et que je laisse toutefois en suspens, du fait que la citation ne précise rien de plus.
2/ Je considère en effet que l’expression « la différence 1 est identique à la différence 1) » est une dualité. En plus sophistiqué cela donne : « la relation de différence x est identique à la relation de différence x », ou même, « la relation de différence x est identique à elle-même" ». A mon jugement, cela ne me choque pas non plus. Mais certains pourraient, semble-t-il, considérer que l’expression est dénuée de sens.
3/ Vous considérez donc que j’assimile x à la relation d’identité (x,x) involontairement.
Je dirais que vous avez à la fois raison et tort.
Raison :
-c’est, sur un certain plan, nécessairement au sein d’une brèche que peuvent s’analyser des différences, vous avez parfaitement raison,
Tort à trois raisons :
-si je contestais l’emploi de cette brèche, c’est que jusqu’à présent, si, chez moi, brèche employée il y avait, c’était tout simplement celle parfaitement retranscrite dans la formulation d’un énoncé relatant l’identité. Ce n’est pas qu’un problème de signifié : la comparaison d’une chose à elle-même (x à x) n’est pas un processus moins abstrait ni moins « bréché » (si vous me permettez le mot), que la distance séparant une chose de l’énonciation de son identité (x à xx), seconde brèche que vous visiez je crois exclusivement (ou, première chronologiquement).
-cette brèche ne peut être en rien le socle sur lequel s’installerait exclusivement des différences, mais, a priori et essentiellement la possibilité pour l’esprit de comparer une chose à elle-même et constater son identité.
-en quoi, la brèche que vous visiez n’est pas celle employée : il est que ce phénomène ne peut se produire alors qu’au concept d’identité, et que si dualité il y avait, elle ne pourrait exister qu’au seul concept d’identité.
@Mikolka
"Ce philosophe est frappé par la répétition de la flèche. Il se dit alors que l'objet de la philosophie, c'est la répétition de la flèche, non pas ce que le symbole de l'opération représente, mais la répétition de la flèche comme telle, le dessin. Que pensez-vous de ce philosophe ? Pour moi, il s'est égaré en chemin et il ne fait pas de la philosophie. Pourquoi ? Parce qu'il n'y a rien à expliquer. Attention ! Je ne dis pas qu'on ne peut pas prendre la flèche comme dessin comme objet de connaissance. Mais dans ce cas, on fait de l'anthropologie en se demandant pourquoi, dans une société donnée, dans un environnement culturel précis, avec des individus possédant un appareil cognitif avec les propriétés x, y, z, la flèche a été utilisée, et en vu de quel avantage. Mais vous remarquerez qu'il ne s'agit plus de philosophie."
"si en logique, on utilise deux fois la lettre "x" pour exprimer l'identité, alors c'est un problème philosophique, parce qu'on se trompe sur l'identité." Que pensez-vous de ce philosophe ?"
Cher Monsieur,
Bien que disposant d'une finesse d'esprit assez faible, j'ai toutefois eu le sentiment que ce philosophe pouvait avoir quelques rapports avec moi, aussi permettez-moi de répondre comme si je fus lui.
Votre remarque correspond assez à ma réponse précédente. Vous parliez de l'amélioration qualitative à l'emploi d'un langage sophistiqué, or, je constate que vous refusez tout simplement la prise en compte des éventuels défauts de ce dernier. Si vous entendez par amélioration qualitative le fait d'éluder ses imperfections, j'en déduis que le gain ne tient pas tant à la nature même de ce langage mais aux conventions passées entre logiciens sur ce qu'il convient ou non de mettre en cause.
Si en langage commun, nous utilisons deux fois un terme pour spécifier son identité, alors il faut croire qu'il y a un problème philosophique si des philosophes ont, par le passé, tenté de résoudre ce qui leur apparaissait être un problème. A ce titre, votre second message laisse entrevoir les éventuelles réponses à toutes ces questions, que je poserais mal, qu'auraient avancées des philosophes aux fins de les comprendre puis de les résoudre. C’est donc bien qu’il y a un problème.
Si un concept a la propriété z.
Que « haine » et « identité » sont des concepts
Alors « haine » et « identité » ont la propriété z.
Revenir sur ce point, consisterait à refuser à tel ou tel concept, sa nature.
Le virage dont vous parlez est en fait à peu près admis par tous.
Effectivement, après tout ?, il serait envisageable d'édifier une théorie spécifique (ou un système de solutions) à chaque science. Vous qui parliez d'économie d'hypothèses, risquez d'être fort désappointé. Si des cuisiniers emploient des "dualités", il y aurait une théorie propre à la gastronomie, une autre pour les fleuristes, ou plus sérieusement, une pour les économistes, une pour les juristes, une pour les historiens, une pour les psychologues, etc. Et encore, nous pouvons imaginer une diversité d'explications suivant la spécialité du savant dans chaque discipline.
En clair, vous suggérez l'utilisation d'une théorie des émotions pour l'exemple Amour/Haine, du fait que l'explication avancée à résoudre le problème identité/différence y serait inopérante. Autrement, il faudrait réduire, mettons, "le plaisir de la souffrance" au "plaisir du mot "souffrance"", ce qui ne nous conviendrait guère, quand bien même, pourquoi pas ?, le plaisir du mot "souffrance" pourrait constituer un élément du masochisme, après tout (il doit bien exister des personnes qui vénèrent le mot "Diable", et dans cette ligne, des personnes éprouvant plaisir à l'écoute du mot "souffrance").
S'agissant de la signification d'une dualité sur le mode identité/différence, je crois avoir répondu à JD. Il me reprochait à travers mon expression "différence de l'identité" d'appréhender l'identité (ou la relation d'identité) comme un fait. Il souhaitait que soit faite une distinction entre la relation d'identité elle-même, et le fait. Je tentais de lui expliquer que ce "fait" était... le "fait d'une relation d'identité", et donc, que cela à quoi il souhaitait échapper se recréait.
Vous pouvez me dire qu'il n'y a pas à s'extasier sur ce genre de choses, ce que j'admettrais volontiers, cela étant, JD me reprochait à peu près l'inverse : ce qui paraît selon vous aller de soi à tel point que vous vous étonnez que je m'y interroge, ne va pas du tout de soi pour d'autres. On me conteste encore, ce qui m'empêche d'aller plus loin. Autant pourrait-il m'être dit que, même en réduisant l'hypothèse à un simple signe, l'expression ""Paul" est une inscription" serait dénuée de sens, ou globalement toute apparition de mention, ou encore "Russel prend deux "l"". Loin d'être du même avis que JD, vous vous opposez.
Mais comme vous ne pas l'avez supposé, je suis très loin de penser qu'une telle hypothèse se réduise à une question de signe.
Je ne peux pas vous donner tort s'agissant du point d'humilité que vous abordez.
Seulement, vous mettez en rapport l'humilité intellectuelle et l'argument d'autorité, je crains que vous vous mépreniez. Lorsque j'ai reproché ce dernier à JD, ce n'était pas au regard des références qu'il disséminait, et que, selon ma nature, je me serais empressé de lire si celles-ci avaient été écrites dans ma langue, mais bien que son agrégation était censée répondre à mes remarques.
N'oubliez pas, je suis un étudiant en "deuxième ou troisième année de philosophie", et me prévaut opportunément de cette étiquette, et quoique je me suis amusé à attaquer sur l'éventuelle inculture littéraire, je n'ai jamais prétendu à l'érudition philosophique, littéraire ou gastronomique et suis bien humble aux agrégés bienveillants qui la détiennent nécessairement plus que moi du fait qu'ils y consacrent leur vie. Cela est respectable & digne. J'ai enquêté s'il existait des théories de la dualité, et mon sentiment, peut-être trompeur, est que celles-là étaient globalement refoulées au sein d'une vague (et méprisable) catégorie nommée "hégélianisme", ce qui présentait 1/l'agrément de placer ces questions à distance et, tout en sachant leur existence, se dire qu'elles étaient, quelque part, mais lointainement, traitées, 2/le désavantage de n'être pas investies. Foucault déclarait : "Toute notre époque, que ce soit par la logique ou par l'épistémologie, que ce soit par Marx ou par Nietzsche, essaie d'échapper à Hegel". Je vous remercie d’avoir cité ces références, j’enquêterai quant à auteurs cités.
@Olivier Morin
Cher Monsieur, vous êtes tout pardonné ; je vous présente également mes excuses si j’ai pu, d’une façon ou d’une autre, vous causer un tort quelconque. Cela s’applique identiquement à Mikolka.
@ Valérian et Adrien
Hum, je vois que la fine équipe est réunie au complet.
@Valérian, Adrien, Oliver, Mikolka: notez que j'avais mis un tag "crackpoteries" au billet. (J'aime bien cette semi-traduction / mot-valise pour crackpot theory, soit dit en passant!) Cela me semble mieux décrire les tentatives philosophiques de Ruben.
@Mikolka: le fait que Ruben ne suive pas les dernières modes hégéliennes ne me semble pas du tout indiquer qu'il fait semblant de croire à ses propres idées, tout au contraire! Aussi mon impression était qu'il avait envoyé son texte à tout va, pas simplement à dialectica. Ce que confirme le message trouvé par VfV. D'ailleurs cela ne m'a jamais traversé l'esprit qu'il puisse s'agir d'une tentative de "piéger" dialectica tant le texte était à des années-lumières de ce que le revue publie, comme n'importe qui peut s'en rendre compte en lisant les articles libres de téléchargement sur la page d'accueil de la revue.
Est-ce que la crackpoterie est plus difficile à définir ou identifier en philosophie? Sûrement. Un crackpot fameux, Pentcho Valev, après avoir échoué dans les forums de phyisque et de chimie, a réussi à publier un article dans une revue en ligne - francophone - de philosophie des sciences, dogma.
On ne m'accusera pas, je l'espère de faire dévier la conversation. Dudule a bien compris qu'il valait mieux, pour lui, aborder les points de crackpoterie plutôt que de parler des cas Gettier, sujet délicat sur lequel, par sollicitude, je demande le tabou le plus complet.
lol
cher Dudule, vous devez vous sentir bien peiné de voir que vos attaques n'ont pas si bien prises, si bien que vous vous accrochez maintenant à un nouveau reproche de "crackpoterie".
Vous me semblez, Adrien, Valérian et vous, être des psychiatres d’un talent remarquable.
J’ai d’abord pensé vous renvoyer à ma remarque précédente, cela étant, comme le test peut être assez rigolo, j’espère que d’autres commentateurs le passeront comme moi, si toutefois ils ont un peu d’humour. Je précise que je ne parle que mal la langue anglaise, et si les traductions sont approximatives, ce n’est pas très important, puisque je n’ai pour but que de tourner en dérision l’ensemble (même remarque s’agissant de la décontextualisation). J'en ai écarté quelques unes, ou répétition, ou bon mot que je ne trouvais pas.
J’ai bien envie de partir avec trente points de retard.
The Crackpot Index
John Baez
A simple method for rating potentially revolutionary contributions to physics:
“Les caisses de l’Etat sont vides” François Fillon
“ ce qui est, est, ce qui n’est pas n’est pas”
Tout ce que critiquent les logiques non classiques, si je ne me trompe pas.
I don’t understand
Exit Rimbaud
AUX GRANDS HOMMES LA PATRIE RECONNAISSANTE
C’est presque les y inciter
Devons-nous compter la bibliographie ? Auquel cas, leurs équivalents (Kant, Hegel, Nietzche, etc.) mettrait à plat toutes les thèses du monde.
J’ai bien compris que JD était allé à l’école et qu’il avait des diplômes
Je ne vois pas le problème, certainement à éviter dans l’article même, mais en guise d’intro à un inconnu, cela peut faire son effet : « je travaille laborieusement à ma thèse depuis X ans ». Mouais, non, à éviter.
Il faudrait supprimer la SGDL
A choisir, je préférerai qu’on me donne des sous.
Voyons, quel terme ai-je « inventé » ?
La « dualité », que je définis formellement comme un oxymore. Je pense que tout le monde a bien compris.
Là peut-être. J’aimerai travailler mes idées avec toujours plus de personnes. Quoique cela ne me paraisse pas extravaguant, je veux bien admettre cinq points.
Ce sont les question que se posent les philosophes
Je me compare régulièrement à Julien Dutant. Qu’en penser ?
I don’t understand.
Si je ne me trompe dans la traduction, c’est assez drôle étant donné que Julien Dutant m’a reproché de mal orthographier « Russel ».
Remarquez cela conforte la vision que j’ai pu forger de mon professeur de français en 4ème.
Je propose qu’on le donne à JD
Les philosophes analytiques sont d’affreux réactionnaires
C’est très drôle, je lisais hier une critique d’un texte de René Girard (ici : ) où le très sarcastique commentateur reprochait à R. Girard, grosso modo, de formuler sa pensée comme : « la Bible évoque mon hypothèse du désir mimétique et me donne raison ». Malin, RG le crackpot est démasqué !
Lol donc s’il a les preuves, c’est ok.
Artaud & Nerval & la pauvre Camille Claudel crackpot
C’est l’inverse qui s’est produit. Cela dit, je reconnais la commodité qu’il y a à qualifier de nazis ses contradicteurs.
Dans un de ses textes, Freud se comparait à Copernic et Darwin. « l’homme n’est pas le centre du monde, l’homme n’est une créature à l’écart des autres, l’homme n’est pas maître dans sa propre maison etc. » (en substance).
Le fameux Grand Soir des rouges n’est pas facilement testable
© 1998 John Baez
baez@math.removethis.ucr.andthis.edu
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Conclusion : à l’instar des tests de Marie Claire ou Picsou Magasine, ou mieux de Mamie Voyance, il y a toujours quelques points qui coïncident à notre personnalité, quelques autres qui coïncident à celle de notre meilleur ami (« ha, Michel est en fait un taureau ascendant psychotique »), quelques autres qui coïncident au voisin un peu trop bruyant à 2h du matin (« quel fasciste ! »), etc.
Si vous avez d’autres tests n’hésitez pas. Adrien et Valérian, avez-vous lu le dernier numéro de « Jeune et jolie » et son fameux test pour rester mince avant l’été ?
Je veux bien admettre que les critères réalisés et cumulés dans un même article permettent de discerner un crackpot. Je me suis amusé à écrire un texte de crackpot :
« Cher Monsieur,
C’est à deux doigts de recevoir le prix Nobel, que moi, JEAN-LOUIS DUDULE, petit-fils d’Einstein, vous fait l’honneur de vous permettre de LIRE mon ARTICLE relatif à EINSTEIN. Barack OBAMA me disait hier : « Je ne peux pas publiquement vous soutenir, mais je suis en tout point d’accord avec vous ». GALILEE et DARWIN m’ayant précédé de peu, dans l’énoncé de ma théorie, théorie, théorie, je vous renvoie ce mail pour spécifier vos fautes d’orthographe s’agissant d’un texte que vous n’avez pas encore écrit. Je pense que la terre est de forme carrée, et c’est totalement persécuté par le lobbie des physiciens-pharmaciens, que j’apporte cette nouvelle au MONDE ENTIER ainsi qu’au monde extra-terrestre, lequel me donne raison, mais je ne peux pas trop en parler.
Veuillez agréer, cher nazi, l’expression de mes considérations distinguées.
Albert Einstein.
PS : ce message ne s’auto-détruira pas, nous ne sommes pas non plus dans un James Bond. Il se transformera simplement en sms ».
Et là, nos fins psychiatres nous révèlent qu’un tel courrier est suspect.
C’est époustouflant.
@Ruben : "La « dualité », que je définis formellement comme un oxymore. Je pense que tout le monde a bien compris."
Je n'ai pas insisté sur les questions logiques (que voulez vous, quand on fait de l'algèbre booléenne avant vingt ans, on est irrécupérable, et j'ai un temps été tenté d'envoyer vos propositions à un ami qui fait dans la logique floue, linéaire ou dynamique) et ai, je l'avoue, beaucoup porté d'intérêt à la manière dont vous avez formulé et échangé vos thèses, ce qui se rapporte donc à la crackpoterie (et explique pourquoi je reviens parfois sur ce post).
Toutefois je reviens sur le terme dualité. N'étant pas philosophe, j'emploie plus ce terme en mathématiques (c'est un des concepts que j'utilise souvent, pour moi en topologie) qui lui donnent déjà une polysémie vertigineuse. Peut on avoir une définition initiale qui fasse consensus dans ce débat, quitte à la maltraiter?
Quant à un autre test à passer (puisque vous avez visiblement le temps de le faire), je vous propose d'aller glaner sur le net ou dans des livres des exercices de logique formelle. Cela vous occuperait plus sainement que de faire du mauvais esprit.
@Adrien
"Quant à un autre test à passer (puisque vous avez visiblement le temps de le faire), je vous propose d'aller glaner sur le net ou dans des livres des exercices de logique formelle. Cela vous occuperait plus sainement que de faire du mauvais esprit."
1/ Vous m'insultez (quasiment)
2/ et ensuite, osez m'accuser de faire du mauvais esprit !
Vous êtes un peu "gonflé" si je puis me permettre.
Il me semble prendre avec un "chouïa d'humour" des critiques non seulement très violentes, mais qui plus est totalement annexes au débat, et que les "asserteurs" affirment sans daigner vérifier leur réalité (ce qui est par ailleurs un des critères de la liste des crackpoteries). Je crois que cela témoigne plutôt d'un bon esprit.
Quant à votre autre remarque, je présente la dualité comme un oxymore, ce dont JD ne s'était pas rendu compte, jusqu'à ce que je le lui dise et qu'il reprenne ce constat dans son ultime texte tout en présentant cela comme une "révélation" personnelle (ce qui est un peu limite puisqu'il ne s'en était pas rendu compte avant que je le lui dise, en tout cas il ne l'a écrit nulle part, c'est vérifiable).
Je ne présente pas comme ayant nécessairement raison : j'ai reconnu des fautes : ex :
-manque de rigueur
-manque d'érudition sur certains points
-quelques erreurs spécifiques (ex : Aristote a formulé le principe d'identité en A = A)
JD m'a dit être en 3ème ou 2ème année de philo. Si je ne l'ai pas affirmé moi-même, vous remarquerez que je n'ai pas contesté ce fait. Il ne me semble pas anormal que des personnes qui, ici, ont, je ne sais pas, peut être 5, voire dix, voire 15 ans de plus que moi possède de fait une érudition bien plus poussée que la mienne. Au juste, l'inverse m'aurait plutôt étonné.
Les erreurs dont j'ai parlé ont été mises en rapport, dans mon texte publié sur mon blog à propos de JD :
-la rigueur d'un texte de JD peut-elle être mise en cause ? J'ai donné des pistes
-l'érudition de JD peut-elle être mise en cause ? J'ai aussi donné des pistes
-JD a-t-il commis des bourdes comparables à la mienne sur Aristote ? J'ai aussi donné une piste.
D'autres erreurs ont été visées dans mon texte. Pour l'essentiel, ce que j'expliquais dans plusieurs de mes lettres, elles tiennent au fait qu'un texte court (4pages + 4pages d'explication) ne peut pas résumer un texte de 100 pages. J'ai nécessairement dû "sabrer" de nombreux points.
Exemple de questions éludées : La question du champ d’application (soleil noir a-t-il un sens ?, destruction créatrice ? débats, réponses, limitation, etc.)
-champ d'application habile : considérer que ce champ d'application se limite aux dualités qui font sens, et nommer de tels concepts, par ce biais, les concepts abstraits
-champs d'application moins habiles : distinction dualité littéraires/non-littéraires, distinction dualité utiles/ou parfaitement inutiles à la démonstration d'une connaissance quelconque,
-champ d'application plus fin : en rester aux dualités existantes, ajoutées de celles "acceptablement" démontrables.
Au fond, mon postulat de base est assez banal et compréhensible par tous. La dualité peut se définir clairement comme l'association d'un concept à son inverse sur le modèle de l'oxymore : ex : "amour de la haine". C'est ce que j'ai nommé "dualité", évitant de reprendre "oxymore" qui est trop attaché aux théories littéraires, et donc aux dualités qui sont clairement les moins évidentes (ex : soleil noir)
Certaines dualités sont admises dans le langage courant (ex : masochisme), d’autres dans des sciences spé (ex : destruction créatrice en éco, et non « création destructrice » telle que l’écrit JD, quoique celle-ci pourrait également être théorisée), en poésie (le fameux soleil noir de hugo et baudelaire, ce que les littéraires nomment oxymoron), etc.
Enfin voilà. Il est souvent reproché aux auteurs l'édification de théories farfelues que personne ne comprend, où il n'est même pas possible d'accéder à la première des phrases. Je ne crois pas répéter cet écueil. Au-delà, c'est ce que peut être disait Mikolka, le constat de ces dualités ne pré-juge pas des solutions à leur apporter. Je plaidais quant à moi en faveur d'une solution générale à ces "petits-bouts de concepts", étant donné que les solutions avancées par les uns ou les autres ne seront plus nécessairement performantes pour telle autre dualité. Etc.
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Précision :
@Hervé : Quand, lors de mon deuxième tiret, je met sur la même ligne "la différence 1 est identique à la différence 1", "la relation de différence est identique à la relation de différence" et "la relation de différence est identique à elle-même", c'est uniquement à la raison que s'agissant des trois le reproche d'être dénué de sens sera le même, et non pas au motif qu'elle sont équivalentes. Je pense que vous auriez de toute façon compris, mais je précise tout de même, au cas où.
Il me semble que qu'une fois établies publiquement et par un grand nombre d'intervenants les erreurs commises par Ruben (je laisse à chacun le soin de juger si ces conditions sont ou non remplies), pour affirmer qu'il offre un cas de crackpot, il faut aussi montrer qu'il persiste dans ses erreurs à plusieurs moments dans le temps. Mesurer cette persistance sur quelques jour, voire quelques semaines ou quelques mois suffit-il pour le soutenir? Qui, sincèrement, n'a jamais persisté plus longtemps que de raison à soutenir des erreurs? Faut-il défendre alors l'idée que nous sommes tous dans nos moments d'égarements théoriques des crackpoteurs, et pour parodier Lewis (pardon pour les puristes) parler du crackpot "perdurant" de la longue et sinueuse route de nos erreurs et du crackpot "endurant" de nos erreurs traversant le temps ?
Pour ma part je ne persiste plus à vouloir faire entrer Ruben dans telle ou telle classification opaque utilisée finalement à seule fin de l'insulter ou le mépriser.
Ceci dit Ruben, pour maladroite qu'elle soit, JD a montré une réelle et rare attention dans les réponses qu'il t'a faite, et c'est cela que tout le monde a vu au départ, minimisant peut-être le fait qu'il te rudoyait un peu au cours de l'échange. Mais étant donné le généreux Potlach auquel tu t'es livré en retour, il est peut-être temps, avant de te ruiner complètement, de mettre un terme à la cérémonie.
Je dois en effet reconnaître que Ruben a au moins le sens de l'humour (dommage qu'il ne reconnaisse pas la réciproque à Julien qu'il accuse de manquer d'imagination alors que, franchement, son application du Principe Rubéniste de l'Existence des Dualités aux morts-vivants est - je le dis très objectivement - à mourir de rire). Quoique je continue de penser, Gustave, que vous inclinez dangereusement à la craque-poterie, je peux néanmoins admettre que ma remarque était un peu déplacée ; et la craque-poterie, passablement blessante. Soit.
Mais après avoir parcouru votre manifeste et le correspondance houleuse que vous avez échangée avec Julien, j'ai subitement envie de vous recommander une lecture (on va sans doute me tuer pour ça, mais tant pis !) : il s'agit de Différence et Répétition, de Gilles Deleuze, et en particulier du chapitre V, "Synthèse asymétrique du sensible". Je vous recommande cette lecture parce que votre sensibilité m'a l'air de rechigner un peu aux développements de la philosophie analytique et parce que je suis certain que votre manifeste y gagnera, en particulier pour ce qui est du traitement deleuzien de la Différence, comme intensité pure, et du problème ontologique de l'identité en général.
(bon, promis, Julien, c'est la première et dernière recommandation bibliographique que je fais !)
Gustave
Je considère en effet que l’expression « la différence 1 est identique à la différence 1) » est une dualité. En plus sophistiqué cela donne : « la relation de différence x est identique à la relation de différence x », ou même, « la relation de différence x est identique à elle-même" ». A mon jugement, cela ne me choque pas non plus. Mais certains pourraient, semble-t-il, considérer que l’expression est dénuée de sens.
Hervé
Excusez-moi, pour la commodité de la réflexion, je préfère me concentrer sur un argument à la fois.
Soit une paire non-répétitive (y,z) ; x est la différence (ou l'ensemble de différences, peu importe pour notre propos) entre y et z. Je ne vois pas du tout en quoi cela pourrait poser problème, générer des dualités, être dénué de sens, etc. que de dire " x est identique à lui-même".
@Hervé
Hervé
Excusez-moi, pour la commodité de la réflexion, je préfère me concentrer sur un argument à la fois.
Soit une paire non-répétitive (y,z) ; x est la différence (ou l'ensemble de différences, peu importe pour notre propos) entre y et z. Je ne vois pas du tout en quoi cela pourrait poser problème, générer des dualités, être dénué de sens, etc. que de dire " x est identique à lui-même".
Gustave
Cher Hervé, je vous remercie pour votre réponse, vous êtes un contradicteur agréable et poli, c'est très appréciable.
Vous avez raison : restreignons-nous à un argument à la fois, le débat n'en sera que plus clair.
x est donc une différence ou un ensemble de différences. Vous posez trois questions :
Question 1 : Pour quelle raison "x est identique à lui-même" génère une dualité ?
Premier point de la Question 1 : "Dé-symbolisé", l'énoncé génère une : identité de la différence. Or, je nomme cela "dualité". Pourquoi ? Pour viser de la sorte, l'association d'un concept à son inverse. Vous pourriez souhaiter que j'aille plus loin, et qu'ainsi je pose une nouvelle question : quel est l'intérêt de les nommer dualités ? Je ne vais pas y répondre de suite, non seulement au motif de ne pas tout embrouiller, mais également de mon ignorance quant au point de savoir si c'est cette sorte de réponse là que vous escomptiez. J'ajouterai une note ("Note 1") au bas de ce message à cette fin.
Second point de la Question 1 : Si vous souhaitiez en rester à "x est identique à lui-même", et conserver le "x" en tant que tel, que pouvons-nous dire d'un tel énoncé ?
a/ Mon but est essentiellement de savoir si l'expression "identité de la différence" désigne ou signifie quoique ce soit. Je vais tout de même répondre aux points suivants, mais je dirais que c'est officiellement ma première ambition. Si le Professeur Y me disait : il est possible de faire disparaître formellement l'expression "identité de la différence" d'un énoncé, par exemple en le formulant de telle sorte que le terme "différence" n'apparaisse pas, cela ne me gênerait en rien, à tout le moins s'il ne rétorque pas en retour que l'expression "identité de la différence" n'existe pas ou ne désigne rien ou ne signifie rien, alors qu'il sait pertinemment que ce n'est pas le cas.
b/ De quelle manière interpréter le "x" ?
Si "x" n'est qu'un signe, vous constaterez qu'il n'y a alors plus d'identité : "x" n'est pas identique à "lui-même". Ironie du sort, vous pouvez considérer qu'il y a pourtant une identité de la différence : "x" étant différent de "lui-même", "x" et "lui-même" ont le point commun de se différencier. Vous pourriez vous demander : Comment se peut-il qu'il y ait quelque part une identité de la différence, tout en même temps que pas d'identité. Justement car il n'y a pas d'identité entre X et Y, il y a une différence entre X et Y, et donc possiblement non pas une identité d'une identité qu'il n'y a pas, mais une identité de différences.
Si "x" est entendu à l'aune de sa désignation (ou dénotation ou signifié), alors vous formez une identité de la différence.
Si "x" est entendu à l'aune de sa signification. Honnêtement, je ne sais pas quelle peut-être la signification de "x" (si vous avez un élément de réponse, n'hésitez pas). Quelle qu'elle soit (ex: la lettre x), le résultat sera de toute manière comparable à l'une des deux hypothèses précédentes.
Question 2 : De quelle manière une telle expression est-elle dénué de sens ?
Premier point de la Question 2 : JD et Pierre Jacob, puis-je penser, considèreraient qu'une telle expression est dénuée de sens, mais non point moi. A quelle raison défendraient-ils un tel point de vue ? Je ne sais pas trop. Je ne peux qu'établir des suppositions ici, sur la base de ce qui m'a été dit concernant "la différence de l'identité". Ils me reprocheraient (hypothétiquement) que l'expression "la différence est identique à elle-même" est impropre, cela au profit d'une autre, laquelle ne serait pas "x est identique à elle-même" mais "la relation de différence est identique à elle-même".
Me concernant, à présent, je considère que, n'étant pas strictement équivalentes (il y aura quelque part, entre elles, une différence de l'identité), les expressions :
-"la différence est identique à elle-même"
-"la différence est identique à la différence"
-"la différence 1 est identique à la différence 1"
-"la relation de différence est identique à la relation de différence"
-"la relation de différence 1 est identique à la relation de différence 2"
...que ces expressions, disais-je, désignent ou signifient toutes quatre l'Identité de la différence ou un cas d'identité de la différence.
Second point de la Question 2 : Pourquoi souhaitent-ils éviter l'apparition de l'expression "identité de la différence" dans l'énoncé ou dans un énoncé ? C'est là encore hypothétique : ils considéreraient que l'expression est dénuée de sens, par ambiguïté. Il leur manque une précision quelque part. Ils diraient : "la relation de différence 1 est identique à la relation de différence 2, mais le fait 1 est différent du fait 2", cela en distinguant soigneusement fait et relation.
Seulement :
-> je considère que "la relation de différence est identique à la relation de différence" (énoncé 1) n'est pas moins l'expression d'une dualité que "la différence est identique à la différence" (énoncé 2). Si effectivement, la dualité est l'association d'un terme à son inverse, nous pouvons assez vraisemblablement estimer qu'il n'y a pas moins de distance entre la différence et l'identité (énoncé 1) qu'entre la relation de différence et la relation d'identité (énoncé 2). Bref, l'expression "la relation d'identité de la (les) relation(s) de différence" n'est pas moins "duale" que l'expression "l'identité de la différence".
-> Le passage du terme "différence" à "relation de différence" est souhaité à raison d'une organisation : d'un côté les faits, de l'autre les relations. Or, cette organisation n'empêche pas les dualités de renaître si nous considérons que "fait" vise
en raison même de l'organisation soigneusement effectuéece qui n'est pas une relation et "relation" vise ce qui n'est pas un fait. Cela n'empêche pourtant pas l'expression "fait d'une relation" d'avoir ou sens ou dénotation. Exemple : le fait 1 de la relation de différence tel que X est différent de Y. Du reste, la factualisation de la relation peut tout à fait se traduire par l'expression "relation 1 de différence" ou "relation de différence 1". Que vous me comprenez bien : si l'expression "fait de relation" existe cela ne signifie pas pour autant que les catégories "fait" et "relation" sont inutiles, certainement pas. De la même manière, qu'existe "l'identité de la différence" n'affecte pas l'immense importance qu'existent les catégories "identité" et "différence" sous lesquelles classer des identités ou des différences. En réalité, je plaide pour que soient conférer à ces dualités la même nature que n'importe quel autre concept, sur le modèle du masochisme si vous voulez, ce dernier ayant signe, sens et dénotation. Cela ne signifie pas que nous devons créer mille et un signe pour spécifier mille et une dualité, ce qui nous encombrerait ou pour le coup serait totalement inutile, mais considérer tout au moins qu'elles constituent quelque part un réservoir à significations, si vous me passez l'expression.Question 3 : A quelle raison une telle dualité pose problème ?
Une telle question est assez vague :
Soit vous entendez par cette question : "à quelle raison cette dualité pose problème à JD ?". Je pense avoir répondu dans l'analyse de la question 2.
Soit vous entendez par cette question : "à quelle raison cette dualité me pose problème ?". Je répondrai qu'elle ne pose justement pas problème.
Soit vous entendez par cette question : "à quelle raison cette dualité ou n'importe quelle autre pose problème ?". Là, cela devient d'un coup plus complexe ! Je l'ai déjà écrit plus loin, du point de vue de leur structuration conceptuelle, certaines dualités sont admises voire contractées en un terme tiers (ex : masochisme ; ex : nous pouvons considérer le "signe" comme la dénotation du "sens" ; ex : nous pouvons considérer le terme "cerveau" comme le siège corporel de l'esprit ; etc.)
D'autres dualité sont admises sans être contractées. D'autres sont refusées ou dans leur dénotation (constat empirique de ce que peut désigner une dualité), ou dans leur expression (ex : refus par certains de l'expression "différence de l'identité"). Pourquoi cet écart ? Pourquoi certaines plus que d'autres ? Il y a des raisons d'efficacité (les économistes sont assez pragmatiques, si la destruction créatrice permet à la microéconomie d'expliciter un certain nombre de coûts, d'évolution des courbes de l'offre de travail, ou autres, ils l'adopteront). Il y a des raisons idéologiques, des raisons logiques, des raisons x ou y, dont un certain nombre sont loin d'être infondées en fait.
___
Note 1 : Quel est l'intérêt que celles-ci constituent des dualités ?
Si vous me permettez, je reviendrai à votre citation de Wittgenstein de votre précédent message. Ce dernier n'évoquait pas une appartenance d'une chose à elle-même, mais presque, disons (et encore, c'est peut être exagéré).
Le plus troublant est ce fait-ci : comment une chose peut-elle appartenir à son inverse tout en même temps cet inverse appartient à la première. Choisissons un cas non polémique tel que l'amour de la haine et la haine de l'amour (Si cet exemple vous paraît discutable, vous pouvez choisir une dichotomie qui vous paraitrait non polémique, et raisonner de la même manière). En quelque sorte, si vous réfléchissez à partir des "paires non répétitives", vous disposerez d'un amour de Paul (x-a), d'un amour de Jeanne (x-b), d'un amour de machin (x-machin),... et d'un amour de haine (x-haine). C'est quelque part l'esprit absolu de Hegel où toute chose se rapporte alors à toute autre.
Si vous raisonnez en terme d'"ensemble", alors, la haine deviendra élément de l'ensemble Amour, et réciproquement (pour haine de l'amour), l'amour deviendra élément de l'ensemble Haine. C'est assez fantastique si vous prenez en compte l'organisation rigoureuse des concepts de telle sorte qu'il y ait d'un côté les faits (ensemble Faits, sous lequel classer tous les faits, de l'autre côté les relations (ensemble Relation sous lequel compter toutes les relations).
Si vous n'aimez pas l'interprétation en terme d'ensemble, qu'à cela ne tienne : la paire non-répétitive doit admettre un (x,-x), n'est-ce pas ?
Maintenant, ma réponse devient un peu longue. Si vous souhaitez que je poursuive dans le message suivant, dîtes-le moi.
PS : les mots "barrés" ne sont pas de mon fait, c'est une sorte de bug à la prévisualisation, qui disparaitra peut-être au final.
Bien à vous.
@ Valérian
Merci pour la référence. Celle-ci étant en langue française, je pourrai la lire convenablement !
Ps : il y a une petite différence dans la réaction entre l'humour fait par JD et le mien, elle est qu'à ce moment-là c'était un peu l'hallali tout de même, il fallait bien que je réagisse fermement.
"Vous inclinez dangereusement à la crapoterie". Il faut prouver une telle affirmation à partir des critères que j'ai reproduit. Elle est effectivement un peu blessante et déplacée, je vous remercie de l'admettre, n'ayant aucun rapport au débat, et faisant régresser la discussion que d'autres considéraient bien menée jusque là.
@Steph.
Je vous remercie d'avoir abandonner, après démonstration, l'hypothèse de crapoterie (plus dicible que crackpoterie).
"Ceci dit Ruben, pour maladroite qu'elle soit, JD a montré une réelle et rare attention dans les réponses qu'il t'a faite, et c'est cela que tout le monde a vu au départ, minimisant peut-être le fait qu'il te rudoyait un peu au cours de l'échange. Mais étant donné le généreux Potlach auquel tu t'es livré en retour, il est peut-être temps, avant de te ruiner complètement, de mettre un terme à la cérémonie."
La partie de votre réponse que j'agrée a été par moi-même formulée au sein de la lettre n°9 de ce blog.
La partie vis-à-vis de laquelle je reste assez froid est la suivante : si JD m'a consacré du temps tout en me malmenant, c'est à une série de raisons possibles (je ne sais pas laquelle), lesquelles sont :
-peut être mes idées ne lui parurent pas si stupides qu'ils voulaient bien le faire croire, si bien qu'elles pouvaient être étudiées plus intensément. A l'appui, la lettre n°7
-peut-être a-t-il été passablement énervé du fait que je ne me soumette pas à l'autorité hiérarchique qu'il représente peut être, agacement et énervement attisant sa volonté de domination
-un éventuel "transfert" (au sens des psys). A l'appui lettre 7 : il me compare à lui.
-etc.
"Il me semble qu'une fois établies publiquement et par un grand nombre d'intervenants les erreurs commises par Ruben". La parenthèse qui suit y invite : ces erreurs ne sont pas du tout établies. Les seules établies l'ont été par JD, avant ce débat, dans notre échange de lettres, que j'ai listées au cours de mon précédent message, par ailleurs mises en perspective auprès de celles de JD lesquelles ne sont ni meilleurs ni pires. Si vous ne l'avez pas lu, je vous invite vivement à lire mon texte de réponse publié sur mon blog.
"Mais étant donné le généreux Potlach auquel tu t'es livré en retour, il est peut-être temps, avant de te ruiner complètement, de mettre un terme à la cérémonie."
-> à Steph et à Tous. En fait, je crois que vous m'aimez bien, puisque vous m'offrez quantité de références et souhaitez que j'approfondisse mes idées.
Le reproche de "troll" a été collectivement écarté, celui de "Crack-Poterie" présenté sous son vrai jour : dans le but de "mépriser" & "blesser" (Laurence & Steph).
Je note que vous m'accordez un peu d'humour (Steph), un certain style d'écriture (Mikolka & Hervé), ainsi qu'une bonne conduite de la discussion (Olivier & Mikolka).
Enfin sur le fond, personne ne défend plus que (identité-différence) soit dénuée de sens ou de référence, quoique certains (Mikolka) n'y voient que la désignation d'un signe (ce qui, rien que réduite à cela, démontre qu'elle existe).
De mon côté, j'ai listé mes erreurs, laquelle liste préexistait à ce débat (cf correspondance) et ne concerne pas l'essentialité des questions de fond sur lesquelles je n'ai obtenu aucune réponse. (j'attends toujours !)
Compte tenu du fait que je me trouve en Territoire Analytique Hostile, le bilan est assez positif, et si la discussion s'achève maintenant vis-à-vis de certains qui n'interviendraient plus, je me déclare déterminé à m'améliorer mais satisfait de la lutte, et de cette discussion franche.
"Je crains votre silence, et non pas vos injures ;
et mon cœur, soulevant mille secrets témoins,
m'en dira d'autant plus que vous m'en direz moins."
Andromaque, Racine.
:)
Ce genre de troll est très fréquent sur le net, ceux qui fréquentent des fora de débat ou de politique le savent. ça m'étonne vraiment que quelqu'un comme M. Dutant ait accepté de répondre à un tel personnage.
Il a été reconnu que je n'étais pas un troll. Par contre ton message est clairement le fait d'un troll.
Il est bien plus difficile pour toi de discuter sur le fond ? lol
Pas si facile de réfléchir cher anonyme !
Bien qu'étant plus avancé dans mes études que le niveau que M. Dutant vous attribue sans doute à raison, je n'ai clairement pas les compétences pour discuter logique et philosophie avec quelqu'un comme lui. Donc non, je ne pourrai pas discuter le fond de ses arguments avant au minimum deux années de plus.
Ton message est donc bien totalement inutile. C'est bien ce que je disais, tu es un troll.
Manifestement tu n'es pas même capable de lire un énoncé, étant entendu que l'essentiel du débat ne porte pas sur les arguments du Julien Dutant. C'est, j'imagine, le désir de manifester ta servilité qui explique un tel glissement.
Enfin, quant au niveau exceptionnel du Julien Dutant, tu fais référence j'imagine à son merveilleux texte relatif aux cas Gettier.
C'est une polémique très, très intéressante ! Pourquoi ne pas chercher un éditeur ? C'est tout à fait le genre de débat qui montre l'intérêt de faire de la philosophie.
C'est une polémique très, très intéressante ! Pourquoi ne pas chercher un éditeur ? C'est tout à fait le genre de débat qui montre l'intérêt de faire de la philosophie.
Justement, je comptais employer julien dutant comme agent littéraire.
La théorie fumeuse de Ruben sous-tend, de toute évidence, une entreprise d'apologie de la race blanche (rester entre soi, entre blancs, c'est rester entre gens suffisamment différents au sein d'une identité nationale...).
Merci de ne pas lancer de discussion oiseuse. Je ne vois pas de raison d'attribuer de tels noirs (ou blancs) desseins à Ruben sur la base de ses élucubrations philosophiques, même si moi non plus je n'aime pas les mauvaises blagues sur SOS-Racisme, le CRAN, la Halde et ses liens vers des sites dénonçant le racisme anti-blanc apparues depuis peu sur son site. (Si j'y avais vu ces âneries au temps où il a commencé à m'écrire, cela m'aurait épargné la peine de lui répondre.)
(JD: le commentaire ci-dessous a été bloqué par l'anti-spam, probablement parce qu'il contient le mot "nazi". Ruben a entre-temps posté un autre message, ci-dessous. Je ne les censure pas - même s'il sont à vomir - parce qu'il montre un visage inattendu de Gustave Ruben. Par contre je supprimerai tout message supplémentaire sur ces stupidités racistes.)
Une souffle nouveau pour notre critique.
"Paul est identique à Paul car je suis favorable à SOS Racisme."
"Je ne discute jamais qu'avec ceux qui partagent mes idées"
D'où vient cette régression Dutant ?
Cela sent si peu l'intellectuel qui appelle à l'aide, qui espère obtenir en Morale, ce qu'il manqua ailleurs : une condamnation unanime.
Quant à Pfikkus :
Outre votre pseudo hasardeux, c'est votre petit côté fascislamiste qui vous fait parler ainsi ?
Effectivement vous souhaitez la disparition des Blancs, et vous félicitez de celle des chrétiens, c'est du Pfikkus dans le texte, puis, vous donnez des leçons d'humanité et de morale. haha !
Votre politiquement correct n'échappe pas à ce que vous me reprochez, et que je ne défends pourtant pas :
-approbation d'un modèle biologique supérieur : le métissage ou la diversité multiraciale, jusqu'à l'eugénisme.
-approbation de la disparition d'une partie de la population française : les blancs chrétiens, sous-hommes ne méritant aucune défense.
Vous êtes une sorte de nazi.
Encore un pas, appelez un peu plus ouvertement au massacre, que cela soit clair.
Un souffle nouveau pour notre critique.
"Paul est identique à Paul car je suis favorable à SOS Racisme."
"Je ne discute jamais qu'avec ceux qui partagent mes idées"
D'où vient cette régression Dutant ?
Cela sent si peu l'intellectuel qui appelle à l'aide, qui espère obtenir en Morale, ce qu'il manqua ailleurs : une condamnation unanime. lol Je souhaite, par charité, que vous y parveniez.
Quant à Pfikkus :
Outre votre pseudo hasardeux, je ne vois pas quoi répondre à un fascislamiste antiblanc qui se plait au sacrifice d'une partie de la population française, et la censure complète des innombrables crimes antiblanc et antichrétiens.
Ruben: c'est bon, tu gagnes, tu es vraiment un troll. Sauf que tu ne me fais plus rire, inutile de poster des idioties sinistres de ce genre ici, je supprimerai allègrement les suivantes. (Cf. politique du blog).
Les autres: inutile de répondre, je supprimerai aussi.
haha Mais c'est vraiment n'importe quoi Dudule, je n'avais pas songé que la reductio ad hitlerum pouvait être ton ultime stratagème. ça a un côté très pathétique, le philosophe de bazar (cf ce torchon sur les cas gettiers) qui ne sachant quoi répondre, censure haha
Bien en même temps, cela met un terme à ce débat qui n'en finissait pas, et c'est assez rassurant sur le point de la qualité exagérée de mon contradicteur.
PS : Mon cher Béraud, donne donc ton adresse, que je sache où envoyer la boîte de chocolat !
La reduction ad hitlerium consiste à dire: Hitler pense que p, donc p est faux. Là mon argument c'est: Ruben pense une chose stupide, donc il est stupide. Cela n'a rien à voir.
Quel débat? Celui dans lequel je t'ai expliqué que ton n'avait pas le minimum d'intelligibilité nécessaire pour constituer à proprement parler un ensemble de thèses? Ce débat-là s'est arrêté à JD#6 et GR#7. J'ai posé une série de questions, pour mémoire:
Tu n'as pas répondu aux questions, contrairement à ta promesse bravache de GR#3 (). Tout ce que tu as trouvé à dire, c'est de renvoyer évasivement vers un manuscrit ou des solutions à venir - cela fait deux mois, où en es-tu? - et à faire comme si je te signalais de simples fautes d'orthographes:
Alors que les points que je soulevais étaient vraiment basiques, comme la question de savoir si tes sont elles des mots, des concepts ou des choses.
Plutôt que de réfléchir à ces questions élémentaires, tu as cherché à me recruter pour les résoudre à ta place.
Quand tu as vu que cela ne marchait pas, après deux-trois messages de plus en plus obscures sur le soi-disant problème pour le principe d'identité dont tu ne connaissais même pas la formulation (quand tu l'auras trouvé, ce problème, n'hésite surtout pas, envoie un papier à Mind) tu es rapidement passé au mode "je fais feu de tout bois pour montrer que j'ai raison et tu as tort" (sans qu'on sache très bien sur quoi tu es censé avoir raison) puis aux insultes. J'attends toujours les réponses à mes questions, ou au problèmes sur les méta-dualités et autres conséquences absurdes des quelques idées qu'on peut difficilement extraire de ton .
A moins que tu veuilles parler du sur mon article sur le problème de Gettier? Je t'ai dit dans mes messages #18 et #19 que je ne défendais pas la théorie de la croyance vraie et justifiée ni le faillibilisme, en citant une page pour ce dernier point, et comme n'importe quel lecteur non-stupide de l'article s'en rend compte. Pour ce que j'en ai lu, ta discussion est truffée de méprises de ce genre. Je ne peux pas passer mon temps à te faire des explications de texte. Mais je t'en prie, n'hésite pas à l'envoyer à Klesis ou à quelque autre revue, elle sera sans nul doute publiée si elle vaut ce que tu crois.
Le seul vrai débat qu'il y ait eu ici était celui sur la question de savoir si tu étais un troll ou un illuminé, et je crois que la réponse est assez claire maintenant: les deux.
Sinon en parlant de censure, pourquoi n'as-tu toujours pas ajouté de lien vers ce billet dans ta version du ? Tu as peur que tes lecteurs lisent la mienne? Ou tu avais plus urgent à faire, comme de rajouter quelques blagues racistes sur ton site?
Tout ceci est vraiment passionnant. Non, je plaisante.
Chacune de vos interventions respire l'acrimonie. De quelques année votre cadet, je ne croyais pas devoir vous policer.
Si vous n'avez pas d'éducation, hé bien, je tenterai d'en avoir pour deux.
"To be precise is to make it as easy as possible for others to prove one wrong. That is what requires courage.
Etre précis consiste à rendre aussi facile que possible aux autres de démontrer qu'on a tort. C'est cela qui requiert du courage.
(T. Williamson, 'Must do better', 2004.) cité sur le blog Philotropes en page d'accueil"
En exergue, cette phrase mériterait des admirateurs plus zélés.
J'ai, de mon côté, listé à plusieurs reprises mes torts.
Je l'attends toujours du vôtre - ce qui n'adviendra pas, excepté des torts tournant à votre avantage, et de ce fait ne sont que faiblement sinon pas du tout, à la hauteur de vos inspirations.
"La reduction ad hitlerium consiste à dire: Hitler pense que p, donc p est faux."
C'est faux.
Michel pense x
Hiler pensait x
Donc Michel est Hitler
Ou, dans une version plus simple : réduire son adversaire à Hitler pour le discréditer, peu important que Hitler l'ait ou non pensé.
"Là mon argument c'est: Ruben pense une chose stupide, donc il est stupide. Cela n'a rien à voir."
Je vous retourne le compliment.
(NB : vous régressez encore)
"Le seul vrai débat qu'il y ait eu ici était celui sur la question de savoir si tu étais un troll ou un illuminé, et je crois que la réponse est assez claire maintenant: les deux."
Il a été reconnu que les reproches de trolls et autres n'étaient que des insultes, et, donc, constituent eux-mêmes... des messages de troll. Premier forum auquel je participe où le modo se comporte comme un troll.
"Quel débat? Celui dans lequel je t'ai expliqué que ton "manifeste" n'avait pas le minimum d'intelligibilité nécessaire pour constituer à proprement parler un ensemble de thèses?"
Il a l'intellegibilité suffisante à un honnête homme, ni plus ni moins que votre texte sur les cas gettier, dont, comme tout texte, chaque mot pour être soumis à une critique, ainsi que je l'ai faite, à laquelle vous avez par ailleurs souscrit, m'invitant à gaspiller mon temps.
"Ce débat-là s'est arrêté à JD#6 et GR#7."
Le débat s'est poursuivi : vous avez par exemple esquissé un début de critique de l'expression "différence de l'identité".
"(2)Qu'entendez-vous par "inverse"?"
Pour des propriétés il y a la notion de "contraires": A est un contraire de B si aucune chose qui est A n'est B. (Cela vient d'Aristote). C'est différent de "contradictoire". Mais pour les relations, comme aimer ou haïr, qu'avez-vous en tête?
-Je me réfère au sens commun.
-La même pensée que s'agissant de différent ou identique.
-Cette question est de peu d'importance étant donné que j'aborde également des "dualités imparfaites", exemple : amour et amitié, qui a priori ne s'opposent pas, et qui pourtant témoignent des mêmes caractéristiques.
(4) est-ce que selon vous tous les concepts abstraits vont par "paires" de ce type (que je ne saisis pas très bien), par ex quelle est le concept apparié à
"similaire" : identique
"oncle de" : je ne sais pas
"homme" : femme
"premier" (ordinal) : je ne sais pas
"équilatéral" : je ne sais pas
"inexistant" : existant.
Un message plus haut proposait une solution commode :
"Exemple de questions éludées : La question du champ d’application (soleil noir a-t-il un sens ?, destruction créatrice ? débats, réponses, limitation, etc.)
-champ d'application habile : considérer que ce champ d'application se limite aux dualités qui font sens, et nommer de tels concepts, par ce biais, les concepts abstraits
-champs d'application moins habiles : distinction dualité littéraires/non-littéraires, distinction dualité utiles/ou parfaitement inutiles à la démonstration d'une connaissance quelconque,
-champ d'application plus fin : en rester aux dualités existantes, ajoutées de celles "acceptablement" démontrables."
"(3) une "dualité" est une "forme": un concept complexe, un type de concept complexe, une expression? "
Un mot, un concept, un concept abstrait, une expression dénotant d'autres expressions, ou ce que vise d'autres expressions
""constante" = ? de tout temps?"
Définition de constant : Qui persiste, qui fait preuve de persévérance.
"quelles que soient leur formes": les dualités sont des formes qui ont des formes?
L'apparence des dualités variera. Exemple : contractée ou non. La masochisme est une forme contractée du plaisir de la souffrance. Oui, une dualité a elle même une forme.
"phénomènes abstraits" = qu'est-ce à dire? qu'est-ce qu'un "phénomène abstrait"? Est-ce distinct d'un concept abstrait? Est-ce une chose abstraite qui instancie un concept abstrait? "exister en tant que phénomène abstrait" je ne comprends pas non plus."
Je n'emploie plus l'expression "phénomène abstrait".
""elles désignent": les dualités sont des "formes" qui "désignent" des objets: ce sont des concepts ou des expressions alors? Mais ce sont des phénomènes en même temps?"
Cf réponse plus haut. Enfin, partez d'un exemple, vous aurez vos réponses tout seul.
"Non, la principale raison pour laquelle cette affirmation de l'existence des dualités n'a pas été proposée c'est qu'en général le simple fait qu'un concept existe n'implique pas qu'il existe quoi que ce soit qui y corresponde."
Non. La raison pour laquelle cette affirmation n'a pas été proposé s'illustre à peu de choses près ici et la difficulté qu'il y a à penser "la différence de l'identité".
"Tu n'as pas répondu aux questions, contrairement à ta promesse bravache de GR#3 ("Je crois ne pouvoir être plus honnête en vous proposant pour chaque passage du Manifeste qui vous heurterait, une explication claire à laquelle Boileau n'eût rien à me reprocher."). Tout ce que tu as trouvé à dire, c'est de renvoyer évasivement vers un manuscrit ou des solutions à venir - cela fait deux mois, où en es-tu? - et à faire comme si je te signalais de simples fautes d'orthographes"
C'est faux.
Certaines s'apparentaient à des fautes d'orthographes, et d'autres à des questions de fond puisque je les aborde dans ce manuscrit.
Enfin, j'ai le choix de mes réponses.
"Alors que les points que je soulevais étaient vraiment basiques, comme la question de savoir si tes "dualités" sont elles des mots, des concepts ou des choses."
Je maintiens ma réponse, laquelle est parfaitement juste.
"Plutôt que de réfléchir à ces questions élémentaires, tu as cherché à me recruter pour les résoudre à ta place."
C'est faux. J'ai discrné un certain intérêt, ce qui n'a pas manqué, le message suivant tentait une application de mes idées dans votre (inutile) langage de logicien.
"Quand tu as vu que cela ne marchait pas, après deux-trois messages de plus en plus obscures sur le soi-disant problème pour le principe d'identité dont tu ne connaissais même pas la formulation (quand tu l'auras trouvé, ce problème, n'hésite surtout pas, envoie un papier à Mind) tu es rapidement passé au mode "je fais feu de tout bois pour montrer que j'ai raison et tu as tort" (sans qu'on sache très bien sur quoi tu es censé avoir raison) puis aux insultes. J'attends toujours les réponses à mes questions, ou au problèmes sur les méta-dualités et autres conséquences absurdes des quelques idées qu'on peut difficilement extraire de ton "manifeste".
Je suis devenu de plus en plus clair sur le principe d'identité. Vous avez été de plus en plus évasif, pensant que des insultes constituent des arguments, vous en êtes resté là. D'ailleurs plus personne ici ne défend que "la différence de l'identité soit denuée de sens".
Le "mode" "je fais feu de tout bois" a pour origine 1/votre agressivité, cela dès le premier message, 2/vos insultes, 3/votre religiosité analytique (vous attendez que l'on se convertisse), 4/votre arrogance disparaissant à la critique de vos textes, 5/ le présupposé (cf les reminiscences de votre propre parcours) que la SEULE VOIE SALUTAIRE est celle de Julien Dutant. Enfin, c'est ridicule.
"A moins que tu veuilles parler du "débat" sur mon article sur le problème de Gettier? Je t'ai dit dans mes messages #18 et #19 que je ne défendais pas la théorie de la croyance vraie et justifiée ni le faillibilisme, en citant une page pour ce dernier point, et comme n'importe quel lecteur non-stupide de l'article s'en rend compte. Pour ce que j'en ai lu, ta discussion est truffée de méprises de ce genre. Je ne peux pas passer mon temps à te faire des explications de texte. Mais je t'en prie, n'hésite pas à l'envoyer à Klesis ou à quelque autre revue, elle sera sans nul doute publiée si elle vaut ce que tu crois."
Je me fiche de votre cas gettier. Les critiques que j'en ai faites sont justes. Et vous n'y répondez pas. Je ne veux pa avoir à relire ce texte pour à nouveau en faire la critique. Autant que je me souvienne, vous définissiez la connaissance comme une croyance vraie, justifiée et assortie d'une condition de sécurité.
"Sinon en parlant de censure, pourquoi n'as-tu toujours pas ajouté de lien vers ce billet dans ta version du "débat"? Tu as peur que tes lecteurs lisent la mienne? Ou tu avais plus urgent à faire, comme de rajouter quelques blagues racistes sur ton site?
La critique de l'antiracisme n'est pas la critique d'une race ou d'une ethnie mais celle d'une idéologie politique.
Sur la pseudo-apologie de la race blanche, j'ai renvoyé pkikus à la lecture de l'apologie de la "race noire" par aimé césaire, ce qui ne choque aucun islamo-gauchiste de votre trempe. Sur l'esthétique raciale des orteils des français de souche, je l'ai renvoyé à la lecture de "femme nue, femme noire".
L'oubli de votre lien est juste. Je l'ajouterai donc. A mettre en rapport à vos cris paranoïaques selon lesquels je n'avais pas placé les lettres sur mon site : il y avait deux liens, que j'ai mis en "gras" pour que vous les voyiez bien.
Techniquement, Blogger refusait de prendre en charge une page de la taille : "texte + lettres", vous pouvez accomplir le test si votre parano l'exige.
Ce dernier message renoue, comme non à l'accoutumée, avec un frémissement de débat de fond, noyé, il faut bien le dire, dans des insultes. Peut-être Julien Dutant s'est-il senti rétrospectivement excessif, et plutôt que reconnaître ce qui fut un emportement déplacé, distille quelques idées en catimini dans une soupe d'idées fausses, vulgaires et insultantes.
Mes plus respectueuses salutations vous sont réservées.
GR
JD:
GR:
Wikipedia: Et non a dire que les defenseurs de ces campages sont Adolf Hitler (ayant survecu a son suicide?) parce qu'ils pensent comme Adolf Hitler.
GR:
JD: pas du tout. Vers 33 Olivier a change d'avis et a rejoins l'avis vaguement majoritaire selon lequel tu n'etais pas un troll mais un illumine. Il s'est excuse, ce qui veut dire que c'etait une insulte mais pas que ce n'etait qu une insulte: c'etait aussi une hypothese serieusement envisageable vu l'enormite de ce que tu ecris, ta surdite a mes explications de tes erreurs et ton impatience a trouver des erreurs dans ce que je disais. Mais surtout, c'etait avant tes messages a partir de 59 ici et ceux que tu as poste sur les autres billets, ou tu te comportes clairement comme un troll.
(1) Inverse: tu te referes au sens commun. Mais le sens commun peut appeler "inverse" les contraires et les contradictoires, et milles autres choses distinctes. Alors sont-ce les inverses dans tous les sens, un sens au choix, un sens ou un autre suivant les cas?
(1b) Maintenant "amour et amitie" sont des dualites. En fait tout ce qu'on peut associer est une dualite, comme sel et sucre, sel et poivre, vacances et plage, etc.
(2) Tu soutiens que "toutes les dualites existent" mais apparement tu ne sais pas pour la moitie d'entre elles ce qu'elles sont. Comment sais-tu qu'elles existent?
(3) Les dualites sont maintenant des concepts ou des expressions qui designent ou bien des expressions, ou bien des choses. La these de l'existence des dualites devient donc parfaitement triviale et sans interet. Est-ce que l'expression existe? Eh bien oui, je viens juste de la citer!
(4) Tu soutiens l'existence "constante" des dualites: les dualites font "preuve de perserverance dans l'existence". Elles sont douees de volonte aussi?
(5) Les dualites sont des formes qui ont des formes. Soit!
(6) Sur l'inintelligibilite de "phenomene abstrait": tu n'emploies plus le mot. C'est bien!
(7) Maintenant qu'il est clair que la difference de l'identite est une dualite et donc une expression, a savoir l'expression "la difference de l'identite", cette idee ne tient pas du tout la route. Je n'ai pas de mal a "penser" l' expression "la difference de l'identite": c'est une expression constituee de 5 mots, qui est un groupe nominal, le nom principal est "difference", son complement du nom est "de l'identite", elle a un article defini. Elle existe, sans nul doute. Et elle est trop ambigue pour vouloir dire quoi que ce soit sans qu'on precise ce qu'on entend par la. Mais maintenant que tu as precise ce qu'elle designait: a savoir elle-meme, il n'y a plus d'ambiguite, et ce qu'elle designe (a savoir elle-meme) existe sans aucun doute, et cette existence est triviale et depourvue d'interet et extremement facile a penser. La these de l'existence des dualites est devenue these de l'existence des expressions oxymoriques et associatives qui se designent elle-memes!
(8) JD: "Alors que les points que je soulevais étaient vraiment basiques, comme la question de savoir si tes "dualités" sont elles des mots, des concepts ou des choses." GR: Je maintiens ma réponse, laquelle est parfaitement juste.
"Maintenir" est un bien grand mot puisque ce n'est que maintenant que tu as clarifie que par "dualite" tu voulais designer des expressions comme l'expression "difference de l'identite". Clarification tant entendue qui rend ta these triviale.
(9)
Sauf que je ne soutiens pas cela, et que le peu que j'ai lu des critiques m'attribuait la these celebrement fausse selon laquelle la connaissance est une croyance vraie justifiee. Mais tes critiques sont justes, meme si tu n'as decouvert les cas Gettier qu'en lisant mon texte et que tu ne l'as pas compris. De meme tu as refute le principe d'identite sans en connaitre une formulation correcte.
Dans l'attente de ta reponse, puisque visiblement tu tiens a avoir le dernier mot sur ce fil de discussion! Je te signale en passant, au cas ou cela soit la raison de tes multiples posts ici, que les liens qui apparaissent dans les commentaires ne sont pas pris en compte dans Google et ne feront donc pas monter ton site dans ses classements.
1/ Citation wiki pour citation wiki :
wikitionaire : redution ad hitlerum : Sophisme visant à discréditer un adversaire en le comparant à un personnage détesté du passé. C'est la définition de L; Strauss, laquelle se rapproche plus de :
-Michel pense x / Hitler pense x / Donc michel est Hitler ou de "réduire son adversaire à Hitler"
que de :
-Hitler pense que p / donc p est faux
Votre trait d'esprit est mauvais : l'hitler survivant est justement l'une des clefs de cette réduction : présuposer un fascisme menaçant la planète sous cinq minutes, ou un Hitler réincarné, ou toutes autres curiosités de cette sorte.
NB : renforcer la thèse de son contradicteur par un trait d'esprit est une sottise.
2/ La plupart des intervenants ont rejeté les reproches de trolls, hoax, hackeurs, crackpot. Vous notez qu'aucun n'a défendu votre thèse sur les cas gettiers (l'un d'eux, sans le citer, l'a même enfoncé), aucun n'a défendu que l'expression "différence de l'identité" était dénué de sens, etc. Pire, si j'en crois votre vérité d'opinion, j'ai de l'humour, un certain style, etc.
Vous vous êtes comporté comme un troll si tout vos messages, excepté le dernier, n'avait que pour but d'insulter.
NB : insulter son contradicteur est une régression.
3/ Très peu ont soutenu que j'étais un crackpot, et les rares qui l'ont fait sont revenus sur leur propos. C'est encore votre comportement de troll-modo qui vous y a obligé. Ce n'est que vous, et vous seul, qui a décidé du libellé "crackpoterie". Enfin, ainsi que je l'ai démontré, ce reproche de crackpoterie respecte bon nombre de conditions de la crapoterie, ce qui le rend, au mieux, une insulte, au pire, vu que vous vous y accrochez comme n'est pas permis de raison, une forme d'obsession ou de sentiment de persécution, ou autres. Olivier Morin que vous citez à l'appui de votre thèse a parlé de tenue remarquable de la discussion, ce qui n'est pas le meilleur compliment à adresser à un illuminé, il n'a d'ailleurs pas fait référence à la crackpoterie, lui faire tenir des propos, qui (hypothèse) pourraient être les siens, mais ne l'ont jamais été jusqu'à présent est le propre d'un mensonge.
NB : mentir pour défendre sa thèse est une régression.
4/ Mais le sens commun peut appeler "inverse" les contraires et les contradictoires, et milles autres choses distinctes. Alors sont-ce les inverses dans tous les sens, un sens au choix, un sens ou un autre suivant les cas?
Il faudra examiner au cas par cas.
5/ En fait tout ce qu'on peut associer est une dualite, comme sel et sucre, sel et poivre, vacances et plage, etc. Ce ne sont pas des concepts abstraits puisqu'ils ne permettent pas un jeu dual.
6/ Tu soutiens que "toutes les dualites existent" mais apparement tu ne sais pas pour la moitie d'entre elles ce qu'elles sont. Comment sais-tu qu'elles existent?
Vous soutenez que tous les cas gettiers existent. Vous ne savez pas à 99% lesquels ils sont.
7/ Les dualites sont maintenant des concepts ou des expressions qui designent ou bien des expressions, ou bien des choses. La these de l'existence des dualites devient donc parfaitement triviale et sans interet. Est-ce que l'expression "la difference de l'identite" existe? Eh bien oui, je viens juste de la citer!
Vous disiez l'inverse dans toutes vos lettres. Là, vous êtes parvenu au point de Mikolka mais cela reste insuffisant. Il faut maintenant admettre leurs dénotations.
NB : Prétendre que le terme "expression" ne désigne aucune expression est une régression.
8/ Tu soutiens l'existence "constante" des dualites: les dualites font "preuve de perserverance dans l'existence". Elles sont douees de volonte aussi ?
Vous avez raison, c'est un point capital.
9/ "Maintenant qu'il est clair que la difference de l'identite est une dualite et donc une expression, a savoir l'expression "la difference de l'identite", cette idee ne tient pas du tout la route. Je n'ai pas de mal a "penser" l' expression "la difference de l'identite": c'est une expression constituee de 5 mots, qui est un groupe nominal, le nom principal est "difference", son complement du nom est "de l'identite", elle a un article defini. Elle existe, sans nul doute. Et elle est trop ambigue pour vouloir dire quoi que ce soit sans qu'on precise ce qu'on entend par la. Mais maintenant que tu as precise ce qu'elle designait: a savoir elle-meme, il n'y a plus d'ambiguite, et ce qu'elle designe (a savoir elle-meme) existe sans aucun doute, et cette existence est triviale et depourvue d'interet et extremement facile a penser. La these de l'existence des dualites est devenue these de l'existence des expressions oxymoriques et associatives qui se designent elle-memes!"
NB :
-Le délire est mauvais pour la santé. Je n'ai jamais prétendu que les "dualités" se désignaient elles-mêmes.
-Vous n'avez jamais répondu aux arguments avancés, préférant insulter votre contradicteur.
10/ Je n'ai jamais prétendu connaitre les cas Gettiers, j'ai découvert cela en vous lisant et répondant le soir-même.
Je n'ai jamais dit que vous ne définissiez la connaissance comme croyance simplement vraie et justifiée.
11/ "Sauf que je ne soutiens pas cela, et que le peu que j'ai lu des critiques m'attribuait la these celebrement fausse selon laquelle la connaissance est une croyance vraie justifiee. Mais tes critiques sont justes, meme si tu n'as decouvert les cas Gettier qu'en lisant mon texte et que tu ne l'as pas compris. De meme tu as refute le principe d'identite sans en connaitre une formulation correcte."
Je maintiens pour moi-même, le principe d'identité sous la forme A=A, tel que l'écrivait Hegel, et je me "fous" a peu près de ce qu'en pensent les logiciens. Je ne suis pas logicien, je m'intéresse à une pensée quotidienne, celle d'un homme normal.
12/ "les liens qui apparaissent dans les commentaires ne sont pas pris en compte dans Google et ne feront donc pas monter ton site dans ses classements."
Il faudrait que vous me consacriez un nouveau post. Si j'étais malpoli, j'en demanderais un par mois.
Cela arrive de tomber sur des étudiants croyant avoir découvert la pierre philosophale et montant des systèmes, certains allant même jusqu'à réformer le langage... Leur demande auprès d'un enseignant de philosophie, qui a le pied dans l'institution qu'ils n'ont pas (le problème étant de savoir si ils sont en mesure de le prendre, leur pied, hem...) est la plupart du temps ambigue. Il est rare qu'ils acceptent ce que nous appelons une critique.
Pour ma part, je me cantonne à exercer mon magistère dans le strict respect des cadres universitaires.
Car, comme le disait Wittgenstein, la folie nous environne de toutes parts, et je ne souscris pas à la croyance selon laquelle il faudrait aller faire un tour du côté de la folie pour être meilleur en philosophie.
J'admire encore une fois JD qui se laisse parfois entraîner dans des discussions sans issues, par honnêteté intellectuelle. Mais bon, la vie est courte... Non?
En effet, la vie est courte! M'engager dans une discussion pareille tient au moins autant au syndrome SIWOTI qu'à l'honnêteté intellectuelle. (Disons, la décision de répondre tient du SIWOTI, le fait de répondre en s'efforçant d'argumenter correctement tient de l'honnêteté intellectuelle!)
Je ne pense pas que répondre à un ou plusieurs emails soit un des cadres universitaires. Vous voulez peut-être plutôt dire que vous exercez votre magistère dans le seul respect des cadres universitaires.
Au plaisir & merci pour le message,
Employer, en guise d'arguments à la critique d'une thèse adverse, les reproches successifs de "troll", "crackpot", "hoax" ne relèvent pas trop d'une honnêteté *intellectuelle* (!) mais du plat désir de discréditer ad hominem son contradicteur par des moyens pitoyables. Du reste, cette malhonnêteté a été, contrairement aux prévisions, reconnue comme telle par une majorité d'intervenants.
1/ Certains arguments de Julien Dutant ont été maintes fois reconnus par moi comme légitimes, j'ai maintes fois rappelé que je n'avais, encore, aucune solution à y proposer ou bien que j'en possédais déjà, et qu'ils me paraissaient tous accessoires (limitation du champ d'application, manque de rigueur langagière, allégorie inconvenante, etc.), qu'ils constituaient, au fond et au pire des cas, le défaut courant de nombreuses thèses.
2/ D'autres arguments, qui seuls m'importent en ce qu'ils me semblent fondamentaux (signification de l'expression "identité de la différence", existence des dualités, raison de non reconnaissance de ces dualités, etc.), sont, jusqu'au jour de leur réfutation, non réfutés.
J'ai reproché, à Julien Dutant, sur ces questions fondamentales :
- de me renvoyer à des auteurs qui, par ri.cochet, me réfuteraient, plutôt que de m'indiquer en une ligne ce qui dans leur pensée justifie une telle force de réfutation
- de m'expliquer en quoi est légitime de prétendre irréductible la distinction faits/relations d'identités, alors même que l'expression "fait d'une relation d'identité" doit bien faire sens ...,
-etc.
La folie se situe, au plus près, dans ce cirque des anonymes ou moins anonymes, qui ne prenant la peine de lire l'entier débat, assène d'une même stu.pidité un même reproche (cf n°1) le croyant nié par moi, ce qui n'est pas, cela au réconfort de prendre place au sein d'une communauté de pensées, et de bénéficier de l'assurance systématique de penser juste.
La folie ne consiste pas à refuser la légitimité de certains reproches (cf n°1) si cette légitimité a été reconnue, mais à enrégimenter la fausse croyance en la non-reconnaissance de cette légitimité. Je ne veux pas être méchant, je constate cependant que cette ignorance fait que l'on me reproche - faussement - ce à quoi l'on s'expose par contre.
DSL POUR CE MESSAGE SACCADé, MON NAVIGATEUR POSAIT PROBLEME POUR LE PUBLIER EN UN BLOC.
PS : Le remède à votre syndrome Julien, qui n'est jamais issu que d'une mauvaise foi, est de reconnaître à votre contradicteur la vérité de ses idées, au moins partiellement, ce que vous admîtes du bout des lèvres lors de votre prétendu "dernier mot".
Sinon, je vous autorise à reconstituer mon message, en plusieurs morceaux, en un seul.
C'est reparti pour un tour ?
Non merci, on a déjà donné! Quel intérêt de discuter avec quelqu'un qui et pour qui est ? La philo est une discipline comme les autres, il faut en maîtriser les bases pour en faire sérieusement. Et quelqu'un qui confond type et token, ne sait pas si sa notion centrale refère à une chose, une propriété ou une expression, et se contente de scander "A=A" sans pouvoir dire si c'est une expression quantifiée, un schéma ou une proposition singulière ne maîtrise pas les bases. S'il s'était montré capable ou désireux d'apprendre de ses erreurs, cela en aurait valu la peine, mais la discussion a amplement montré que son ego l'empêche de réfléchir ou même de lire attentivement ce qu'écrivent les autres.
heu.
Ce n'est pas exactement ce que vous plaidiez auparavant (acquisition d'un langage à des fins institutionnelles/professionnelles ; démonstration dans un langage de ce qui ne parvient pas à être réfuté dans un autre ; critique inopérante (on peut bien me balancer une distinction type/token ; sans justifier ce en quoi elle réfute, elle ne réfute rien) ; etc.).
Cela étant, si vous me c/c une liste d'une dizaine d'ouvrages (en français si possible) utiles à l'acquisition de telles bases, je peux les lire dans l'année, malgré ma "charge" de travail.
Pouvez-vous me communiquer la liste par mail ou la copier ci-dessous ? Si vous y rechignez, cela peut aussi constituer un très beau sujet de topic : "les ouvrages fondamentaux".
A cela deux tempéraments :
- je ne les lirai que par curiosité, et
- je souhaite me réserver, après lecture des ouvrages, la possibilité de contester l'utilité de les avoir lu.
- j'aurais d'autres tempéraments à ajouter, mais je préfère être succinct.
Professeur, je suis très heureux que vous ne contestiez plus la, même modeste, intelligence des idées en cause, et que vous vous rangiez globalement à une conflit de pure forme. Je suis content, et je dis cela sincèrement.
Ce soir j'ai perdu mon temps à lire vos débats, l'honnêteté intellectuelle ça va un moment ... Il faut se rendre à l'évidence la monsieur JD.
Le temps que vous ne perdîtes pas à lire, car vous n'avez rien lu, tâchez de ne pas le perdre à commenter, outre anonymement, inutilement.