Jason Stanley sur la crise de la philosophie
Par julien dutant le mardi 6 avril 2010, 11:07 - Philosophie - Lien permanent
A lire, Jason Stanley, The Crisis of
Philosophy
(Inside Higher Education 5 avr), sur la mésentente entre
philosophie analytique et humanités, qui suscite pas mal de discussion.
(Je n'ai pas encore eu le temps de le lire.)
Commentaires
Outre qu ' il aligne pas mal de banalités, je n 'ai rien trouvé dans cet article qui justifie vraiment le commentaire.
On n' y définit pas ce que peut vouloir dire " humanisme" , ni pourquoi David Lewis serait plus en continuité avec la tradition que Nietzsche.
Une chose est sûre: une très grande majorité de philosophes analytiques d' aujourdhui peuvent difficilement passer pour promouvoir des idéaux humanistes, en tous cas s'ils écrivent comme David Lewis, Kripke, Kit Fine ou Jason Stanley.
Pourquoi n 'avait on pas la même impression avec des auteurs comme Russell, Moore, Carnap, Strawson, Davidson ou Williams ?
Ma suggestion : tous ces auteurs , outre qu'ils avaient fait des mathématiques et de la logique qui sont clairement distinctives de la "culture" analytique, connaissaient le grec et le latin, et souvent plusieurs langues et avaient une grande culture littéraire et historique.
Les philosophes analytiques d' aujourd'hui, aussi bons soient ils dans leur spécialité, donnent l'impression de n 'avoir pas cette culture. ou s' il l'ont, ils la cachent très bien. Les humanités c' est d 'abord cela: connaître les classiques et les langues.
En fait l’article conclue sur une définition de « l’humaniste » :
“A typical humanist might be somewhat interested in the philosophical views of a certain group, but is probably more interested in the identity that results. The philosopher is interested in the logical consequences of the basic doctrines”
Étrangement, personne n’a relevé que Jason Stanley, dans son article, s’intéresse aux vues philosophiques d’un groupe qu’il appelle « les philosophes », mais qu’à l’évidence il semble plus intéressé par l’identité de ce groupe pour lequel il revendique l’exclusivité du label « philosophe ».
Mais peut-être n’est-ce là qu’une conséquence logique pour celui qui regarde la philosophie analytique sub specie aeternitatis.
pardonnez moi mais je ne vois pas où est la définition de "humaniste" ! C' est celui qui s' intéresse aux conséquences de l ' humanisme ? autant me dire qu ' un marxiste est celui qui s' intéresse aux conséquences du marxisme
A mon avis, ceux qui voient une définition dans l’extrait de J. Stanley peuvent être, selon cette définition, des philosophes, ceux qui ne la voient pas, toujours selon cette définition, peuvent être des humanistes qui s'ignorent… quelque chose comme des humanistes qui se prennent pour des philosophes !
Ceci dit, suis d'accord, définition ou pas, ce n'est pas très nutritif.