The Good Life as Conceptual Art
Par Hichem Naar le vendredi 18 décembre 2009, 13:38 - Esthétique - Lien permanent
Un petit article de mon cru qui vient d'être publié par l'American Society for Aesthetics Graduate E-Journal où j'essaye de faire le lien entre l'art conceptuel et l'éthique de la vertu.
Résumé
If we take conceptual art seriously, that is, if we consider that art does not have clear-cut boundaries and that it is not limited to the production of aesthetic objects, then a whole spectrum of possible artworks is open to us. Not only can random objects be conceived as artistic, but cognitive states (ideas, concepts, representations) and behaviors can also be meaningfully conceived as pieces of art by their producer and by any sensitive observer. If one is to take one’s life as a piece of conceptual art, one then faces the question of what kind of life would count as a worthwhile piece of art, i.e., what kind of life can have any artistic worth. In this paper, I discuss the possibility that the pursuit of a worthwhile life in the Aristotelian sense, more particularly the meticulous design of a character as a set of good emotional, conative, and behavioral dispositions, can count as an artistic endeavor. My aim is to show how this can be the case, and to show that this bears on major issues in contemporary philosophy of art concerning the relation between ethics and aesthetics.
Commentaires
Merci - j'ai ajouté l'abstract (qui est alléchant, c'est une chouette idée) dans le billet!
Bonjour, quelle est la différence entre votre perspective et l'idée d'une esthétique de l'existence que l'on peut trouver chez Foucault ?
Aucune idée. Je ne connais pas Foucault, encore moins son idée d'une 'esthétique de l'existence'. En cherchant un peu sur Google, j'ai l'impression (mais je me trompe sans doute!) que l'idée d'une esthétique de l'existence est une façon de concevoir la vie sans pour autant la construire délibérément comme une oeuvre d'art. Je n'ai pas l'impression que Foucault avait en tête l'idée que les gens 'chercheraient' à faire de leur vie une oeuvre d'art authentique.
Dans l'article, je parle plutôt du cas de celui qui, d'une manière délibérée et consciente, prendrait sa vie (ie pensées, désirs, émotions, comportements) comme le matériau sur lequel travailler afin de créer quelque chose de nouveau, un nouvel être si vous voulez. (Imaginez une sorte de reconfiguration intentionnelle du cerveau.) Si cela est possible, alors une multitude de vies différentes s'offrent à nous, dépendant bien sûr de notre position initiale. Quelle vie souhaiteriez-vous, une vie basée sur le bien ou la vertu, le mal ou le vice, une combinaison des deux? C'est le problème que je me pose dans l'article.
Il me semble qu'il y a une très forte ressemblance entre votre approche et celle de Foucault.
1°) Foucault pose justement la question d'une extension possible de la notion d'art au-delà de la sphère des objets, et d'une application à la vie elle-même.
À comparer avec le texte de votre abstract : « Not only can random objects be conceived as artistic, but cognitive states (ideas, concepts, representations) and behaviors can also be meaningfully conceived as pieces of art by their producer and by any sensitive observer »
2°) Foucault parle d'esthétique de l'existence lorsqu'il s'intéresse aux morales antiques, qui sont justement des éthiques de la vertu.
À comparer là encore avec votre abstract : « In this paper, I discuss the possibility that the pursuit of a worthwhile life in the Aristotelian sense, more particularly the meticulous design of a character as a set of good emotional, conative, and behavioral dispositions, can count as an artistic endeavor. »
Je précise toutefois que mon jugement ne se fonde que sur la lecture de votre abstract. C'est pourquoi je me demandais quelle différence il peut y avoir entre votre approche et celle de Foucault.
Très intéressant, Cédric. J'irai voir les textes en question.
Oui et puis les textes que Cédric cite laissent l'"approche" de Foucault (je ne connais pas non plus) largement indéterminée. Tout ce qu'on sait de l' "esthétique de l'existence" c'est qu'elle n'est pas l'idée d'une "morale comme obéissance à un code de règles". Cela laisse ouvert une quantité immense de choses (l'utilitarisme classique par ex!).
Mais pour autant que je puisse voir, rien dans l'idée d'une vie comme oeuvre d'art que Hichem suggère n'est pas incompatible avec l'idée que la vie en question consiste à obéir à un code de règles. (Et de fait faire de sa vie une oeuvre d'art peut fort bien passer par la mise en place de rituels réglés!) Cela ferait déjà une différence entre la conception d'Hichem et ce que dit Foucault.