Citation(s) du Jour
Par Florian Cova le samedi 24 octobre 2009, 06:00 - Philosophie - Lien permanent
Encore une fois, deux citations. Trouvez 1) l'auteur et 2) l'ouvrage. Si vous savez déjà, laissez jouer un peu ceux qui ne savent pas.
"C'est après seulement que la séparation radicale entre les deux genres de philosophie se sera imposée dans la conscience de l'époque que la philosophie pourra emprunter à la vraie science sa forme et son langage, et qu'elle tiendra pour un défaut ce qu'on a tant vanté chez elle et qu'on a même été jusqu'à imiter : la profondeur. La profondeur est le symptôme d'un chaos que la vraie science veut transformer en un cosmos, en un ordre analysé, simple, absolument clair. La vraie science, aussi loin que s'étende sa doctrine, ignore la profondeur."
Plus loin :
"Nous sommes encore trop sous l'emprise de préjugés qui remontent à la Renaissance. Il importe peu à celui qui est vraiment sans préjugé qu'une assertion ait pour auteur Kant ou Thomas d'Aquin, Darwin ou Aristote, Helmholtz ou Paracelse."
Commentaires
J'ai d'abord pensé à l'auteur, mais je ne te voyais pas le citer. Je me suis donc demandé (à ma grande honte) si ce n'était pas un fragment posthume de Nietzsche, avant (à mon grand soulagement) de penser que ce n'était pas crédible. Bref si moi, qui n'ai quasiment pas lu l'auteur en question, je le reconnais à la première impression, je doute que tu ais beaucoup de réponses.
Oooohhhh ! Zut ! Ce serait si facile que ça ?
je le crains... mais attendons!
Je suppose que la connaissance du statut FB de FC m'interdit de donner une réponse...
Personne ne risque de nom?
Je me lance.
Husserl, la philosophie comme science rigoureuse.
Gagné !
C'est bien ce que je pensais!
Allez, j'en ai quelques unes à vous proposer aussi.
1) Facile, je pense.
"O sublime philosophie, fille de la lumière! mère de la sagesse et de la science! si tu es telle, à coup sûr tu ne t'es pas encore montrée à l'esprit humain, et tu n'as pas encore répandu sur nous, de l'éclat de tes rayons, que ce qu'il en fallait pour nous faire apercevoir l'obscurité qui couvre les facultés humaines, et pour troubler cette paix et cette tranquilité dont jouissent les heureux mortels qui n'ont jamais encensé tes autels, et qui n'ont point reçu tes célestes influences. Si tu n'as pas la puissance de dissiper ces nuages et ces fantômes que tu as toi-même élevés, retire ce rayon que tu ne donnes jamais que d'une main avare, et qui a jeté une espèce de sort sur nos esprits. Je n'ai plus pour toi ni foi ni respect ; je renonce à ton flambeau (...)
2) Je pense que celle ci est facile aussi, mais elle est au moins amusante!
"La vraie religion sera pleinement appréciée par les femmes, aussitôt qu'elles connaîtront assez ses principaux caractères. Celles même qui regretteraient d'abord des espérances chimériques ne tarderont point à sentir la supériorité morale de notre immortalité subjective, dont la nature est profondément altruiste, sur l'ancienne immortalité objective, qui dut toujours être radicalement égoïste.
Et un peu plus loin:
Le meilleur résumé pratique de tout le programme moderne consistera bientôt dans ce principe incontestable: l'homme doit nourrir la femme, afin qu'elle puisse remplir convenablement sa sainte destination sociale."
3)
Plus difficile cette fois! (A vrai dire, je ne m'attend pas à ce que vous trouviez, c'est un honteux stratagème pour vous faire lire ce texte, qui me fait beaucoup rire... Ce n'est pas un philosophe.):
"Je vous mets au défi de trouver un Bourgeois qui ne soit pas poète à ses heures. Ils le sont tous, sans exception. Le Bourgeois qui ne serait pas poète à ses heures serait indigne de la confrérie et devrait être renvoyé ignominieusement aux artistes, à ces espèces d'esclaves qui sont poètes aux heures des autres.
Par exemple, il est un peu difficile de comprendre et d'expliquer ce que peut bien être cette poésie aux heures du Bourgeois. Supposer un instant que cet huissier se repose des fatigues de son ministère en taquinant la muse, qu'il se console du trop petit nombre de ses exploits en exécutant des cantates ou des élégies, serait évidemment se moquer de ce qui mérite le respect. Ce serait, si j'ose dire, une idée basse.
Le Bourgeois n'est pas un imbécile, ni un voyou, et on sait que les vrais poètes, ceux qui ne sont que cela et qui le sont à toutes les heures, doivent être qualifiés ainsi. Lui est poète en la manière qui convient à un homme sérieux, c'est-à-dire quand il lui plaît, comme il lui plaît et sans y tenir le moins du monde. Il n'a même pas besoin d'y toucher. Il y a des domestiques pour ça. Inutile de lire, ni d'avoir lu, ni seulement d'être informé de quoi que ce soit. Il suffit à cet homme de s'exhaler. L'immensité de son âme fait craquer l'azur.
Mais il y a des heures pour ça, des heures qui sont siennes, celle de sa digestion, entre autres. Quand sonne l'heure des affaires, qui est l'heure grave, les couillonnades sont immédiatement congédiées."
Blop:
Le dernier est écrit par Léon Bloy, dans les Exégèses des lieux communs. C'est vraiment pas de chance d'avoir un amateur de Bloy parmi les lecteurs et rédacteurs de Philotropes !
Le problème, c'est qu'on peut sans difficulté retrouver la source de ces citations sur internet !
1 = T. Reid
2 = A. Comte
Merci Cédric ! Comme ça tout le monde croit que j'ai pompé sur Google Books !
Ce n'est pas dans Google books...
"les philosophes croient que des mots - comme réalité -contiennent qqch d'important, qu'il faut extraire du mot comme si ce mot n'était pas en dernière analyse un objet fabriqué au petit bonheur par images, et discussions, par des emplois incooordonnés, - et qu'il fût donné par Dieu. Ainsi le "temps", ainsi le "Monde", et l'Esprit et toutes les choses... Et ils croient aussi à la Logique"
Les Fleurs de Tarbes ?
Je me suis lourdement trompé parce que sur la première citation de Florian j'étais persuadé que c'était Quine...
12 Covan:
Vous brûlez, c'est un auteur français et c'est écrit 20 ans avant la publication des Fleurs de Tarbes (1941)
@Patrick : si, si, on peut trouver la référence dans Google Books : Paul Valéry !
Diantre, j'avais pourtant cru prendre mes précautions :-) Ça m'aura appris qqch, que je ne sais pas bien chercher sur Google Books, que vous ne me faites pas confiance, Cédric, et que vous avez raison :-)