CONF: J Dutant, Connaissance Sûreté et Aptitude
Par julien dutant le samedi 3 octobre 2009, 08:52 - Epistémologie - Lien permanent
Ma conférence à PhilEAs hier (résumé et l'exemplier distribué).
C'était un plaisir de re-donner une conférence à PhilEAs (ma précédente était il y a trois ans)! Résumé:
Deux façons de concevoir la connaissance sont très influentes depuis quelques années: (1) une connaissance est une croyance à l'abri de l'erreur, en sûreté (Williamson, Sosa, Pritchard, Engel), (2) une connaissance est un accomplissement du sujet, le résultat normal d'une compétences intellectuelles qu'il possède (Sosa, Greco, Riggs). Les philosophes disent qu'on est à l'abri de quelque chose ssi cette chose ne se produit pas dans des situations ("mondes") possibles « proches ». Nous développerons une difficulté notée par John Hawthorne (2005) qui suggère qu'on doit distinguer deux notions de proximité entre situations possibles. La proximité contrefactuelle est affaire de ce qui pourrait en fait se produire dans les circumstances spécifiques dans lesquelles on se trouve. La proximité stéréotypique est affaire de ce qui pourrait typiquement se produire, c'est-à-dire de ce qui se produit dans une classe d'alternatives normales à la réalité, indépendamment du fait que cela ait ou non pu se produire dans les circumstances présentes. La distinction (a) éclaire plusieurs contrexemples apparents à la condition de sûreté, lesquels impliquent un danger contrefactuel mais non stéréotypique, et (b) suggère une analyse en termes de sûreté de la notion d'accomplissement en faveur de laquelle Sosa a récemment abandonné la condition de sûreté: un acte est accompli (c'est-à-dire réussi parce qu'habile) ssi cette habilité est suivie de réussite dans les alternatives normales à la réalité. Mais bien que la sûreté stéréotypique semble guider nos jugements intuitifs de connaissance, nous soutenons que la sûreté contrefactuelle est la propriété que ces jugements visent implicitement. Nos jugements sur les contrexamples apparents doivent donc être rejetés, et on peut maintenir que la connaissance est une croyance basée sur une méthode contrefactuellement sûre.
L'exemplier distribué est assez détaillé (10 pages), notamment sur la partie introductive où je reprends les choses depuis le début (la question "qu'est-ce que la connaissance?", le problème de Gettier, etc.). (J'aurais bien aimé retoucher deux trois choses après discussion, mais je le donne en l'état pour l'isntant.)