Le pape insulte les athées
Par julien dutant le dimanche 27 septembre 2009, 15:35 - Politique - Lien permanent
Vos communautés chrétiennes, après le long hiver de la dictature
communiste, ont recommencé à s’exprimer librement il y a 20 ans [...]. Vous
percevez cependant que même aujourd’hui il n’est pas facile de vivre et de
témoigner de l’Évangile. La société actuelle porte encore les blessures causées
par l’idéologie athée et elle est souvent fascinée par la mentalité moderne
d’une consommation hédoniste, avec une dangereuse crise des valeurs humaines et
religieuses et la dérive d’un relativisme éthique et culturel déferlant.
(Discours
à la cathédrale de Prague, 26/09/2009)
Sans surprise de sa part, mais pour la mienne je me sens aussi insulté qu'un catholique accusé par association aux crimes de l'Inquisition espagnole ou à ceux des missionnaires et colonisateurs catholiques en Amérique, Afrique et Asie. (Mais je ne demanderai pas pour autant qu'on réprime de tels propos!)
Le communisme soviétique était une idéologie néfaste et était athée, mais ce
n'était pas son athéisme qui en faisait une idéologie néfaste - contrairement à
ce que l'expression d'idéologie athée
laisse entendre - mais sa négation
des libertés civiles. Liberté civiles qui, justement, ont été introduites dans
le monde occidental par l'"idéologie" plus athée que catholique des
Lumières.
Quant à l'accusation par association (athéiste) au totalitarisme communiste de l'hédonisme contemporain et du postmodernisme, c'est précisément le genre de confusion qui a aveuglé une partie des catholiques, papauté comprise, sur le nazisme.
On ne peut que souhaiter que ce soient les lumières tout court plutôt que celles de la foi qui guident la République tchèque dont le président Vaklav Klaus nie que le réchauffement planétaire soit d'origine humaine et invite un pape qui tente une réappropriation douteuse du rationalisme:
Monsieur le Président, je sais que vous voulez que soit accordé à la religion un rôle majeur dans les affaires du Pays. Le drapeau présidentiel qui flotte sur le Château de Prague proclame la devise « Pravda Vítĕzí – La Vérité triomphe » : je souhaite sincèrement que la lumière de la foi continue à guider cette nation, bénie abondamment au cours de son histoire par le témoignage de grands saints et martyrs. En cet âge de la science, il est utile de rappeler l’exemple de Jean Grégoire Mendel, Abbé augustin de Moravie, dont les recherches d’avant-garde furent à la base de la génétique moderne. Le reproche de son saint patron, Augustin, ne s’adressait pas à lui, lorsqu’il regrettait que beaucoup étaient « davantage portés à admirer les faits qu’à en rechercher les causes » (Epistula 120, 5 ; cf. Jean-Paul II, Commémoration de l’Abbé Grégoire Mendel à l’occasion du premier centenaire de sa mort, 10 mars 1984, 2). Le véritable progrès de l’humanité est servi au mieux justement par cette alliance de la sagesse de la foi et de l’intuition de la raison. Que le peuple Tchèque puisse toujours jouir des bénéfices qui proviennent de cette heureuse synthèse ! (Discours du pape à la cérémonie de bienvenue)
(PS: j'ai bien sûr découvert ces discours par le Monde, je n'en suis pas encore à lire les discours du pape sur le site du Vatican!)
Commentaires
l'"idéologie" plus athée que catholique des Lumières...
Je sursaute: peut-on dire que le déisme - de Voltaire, de Rousseau -est plus athée que catholique ? N'est-ce pas exactement le contraire ? Catholicisme et déisme ont comme point commun par rapport à l'athéisme de donner du sens là où il n'y a pas à en chercher.
Soit 3 éléments (déisme, catholicisme, athéisme). Il est aisé de prendre n'importe paire et d'en exclure le troisième tant que l'on choisit les bons critères.
Par exemple, on peut dire que le déisme est plus proche de l'athéisme que du catholicisme parce que tous deux ne reposent que sur la "lumière naturelle", ce qui me semble d'ailleurs le point le plus pertinent dans ce contexte où l'on parle des Lumières.
C'est supposer qu'il y a des preuves valides de l'existence de Dieu :-)
J'ajoute que le fait que Voltaire et Rousseau aient été déistes n'implique pas que le déisme soit une partie essentielle de l'idéologie des Lumières. On peut aussi voir les choses comme ça: peu ou prou, tous les athées de l'époque adhéraient aux Lumières, alors que tous les catholiques, loin s'en faut, n'y adhéraient pas.
Arf ! Nan, c'est supposer qu'ils pensaient qu'il y avait des preuves valides de l'existence de Dieu.
Surtout, en l'absence de la théorie de l'évolution, j'ai tendance à penser qu'il était tout aussi (voire plus) raisonnable à l'époque d'être déiste que d'être athée. (Bien sûr, cela implique aussi que je pense que les déistes d'aujourd'hui ont moins d'excuses...)
J'ajoute encore que je suis farouchement opposé à l'idée reçue selon laquelle "chercher du sens" <=> chercher Dieu! Voir notamment le chapitre sur le sens de l'existence de Nozick dans Philosophical
explorationsexplanations qui montre bien qu'il n'est pas évident du tout que l'existence ou non d'un dieu ait quoi que ce soit à voir avec la question de savoir si notre existence a un sens. Par exemple, est-ce que le fait que notre existence soit voulue par un pouvoir intelligent et supérieur lui donne un sens? Pas forcément, dit Nozick, avec l'exemple suivant: des Martiens ont planté les êtres humains sur Terre et les ont créés conscients et intelligents parce qu'ils savaient que de telles créatures prolifèreraient, et ils ont besoin d'un garde-manger sur la route d'un voyage de très longue distance qu'ils ont prévu longtemps à l'avance. En fait en creusant la question Nozick peine beaucoup à voir en quoi la recherche de sens pourrait être rattachée à celle du divin, et finit par se raccrocher à une idée très abstraite (et d'inspiration kantienne) selon laquelle le conditionné nous paraît dépourvu de sens, ce qui entraîne la quête de sens dans la postulation d'un inconditionné ou infini.Enfin je rappelle que la comparaison à trois termes originale était entre les Lumières, l'athéisme et le catholicisme. La question est donc: le déisme éclairé de Voltaire et Rousseau est-il plus proche de l'athéisme de Diderot que du catholicisme de l'époque (ou même contemporain)?
Florian:
Entièrement d'accord! La proportion de déistes chez les philosophes éclairés a singulièrement et justement baissé depuis le XIXe siècle! Ce n'est pas une affaire de mode, de renversement métaphysique, ou de mort de Dieu, mais une réévaluation rationnelle (peut-être pas conclusive, mais rationnelle) des données!
Julien 6
Je me suis trop vite exprimé. Par chercher du sens, je voulais dire: expliquer la nature par des causes intentionnelles, par des raisons et non par des causes aveugles. Dire que la création divine est intentionnelle, comme celle des Martiens en question, n'implique pas que l'homme créé trouve du sens à son existence (d'ailleurs l'expression n'est pas claire). Je n'ai pas pris position sur le sujet sur lequel vous apportez la référence très intéressante de Nozick.
Quelques remarques car je crois que les ismes simplifient un peu les choses. Si le Pape simplifie comme le dit Julien, il ne faudrait pas le suivre en ce sens. Les Lumières sont l'objet de récupération et d'opposition par rapport à ce qui n'a pas été à l'époque un programme vraiment unifié, notamment dans sa relation aux religions, il me semble.
Peut-être faudrait-il distinguer entre christianisme et catholicisme car Rousseau, par son théisme, n'est pas catholique, il est de Genève. Pour la défense des libertés individuelles, on sait que la Réforme a joué un rôle important, on peut aussi penser à Locke qui serait un proto philosophe des Lumières sans athéisme et sans catholicisme (voir la Lettre sur la Tolérance).
Il me semble aussi qu'un des défenseurs des Lumières était Kant dont on sait le lien profond à la religion chrétienne la plus dure moralement.
En ce qui concerne les preuves de l'existence de Dieu, bientôt vont paraitre 1) Dieu existe-t-il ? de Swinburne (Oxford) aux éditions Ithaques et 2) Philosophie de la REligion, Vrin, coll Textes Clés.
Je ne saurais trop recommander ce petit chapitre de Nozick - malheureusement très mal résumé sur Wikipédia. (En fait le bouquin devrait être traduit, mais c'est un pavé!) Il contient une analyse de la (des) notion(s) ordinaire(s) de sens bien meilleure que ce que j'ai pu lire chez des phénoménologues, dont c'est pourtant le boulot (au hasard, dans Herméneutique et cognition de Salanskis) et qui ne se privent pas de prétendre à un pré carré d'étude du sens qui soit à part (ou au-dessus?) des sciences ou de la philosophie analytique.
Par curiosité, qui sont les éditeurs des Textes Clés de Philosophie de la Religion ? (
Yann: cela m'a pris du temps à voir que tu entendais en un sens péjoratif! Attention au complisme, c'est bien de simplifier les choses en général non?
Sinon je prends certes le point que les Lumières étaient un mouvement divers sur le plan théologique, quoi qu'on puisse trouver plus d'unité sur leur conception de la place de la religion dans la société!
Résumé dudit Herméneutique et Cognition :
Les sciences cognitives ont pris une place importante dans le paysage intellectuel, depuis une vingtaine d'années. Regardées avec effroi par beaucoup comme réductrices et déshumanisantes, elle reprennent d'un autre côté le grand programme de recherche qui fut au dix-neuvième et au début du vingtième siècle celui des sciences de l'esprit, et pour lequel les doctrines hautement " spiritualistes " de l'herméneutique ont joué un rôle essentiel. Ce livre propose une lecture des recherches cognitives contemporaines avec les lunettes de l'herméneutique. Très largement didactique, il inclut des exposés synthétiques à la fois des contenus de l'herméneutique philosophique et de plusieurs théories cognitives. Mais il offre, en même temps, une vision inorthodoxe et critique de ce dont il parle, puisque, par exemple, il utilise la pensée de Michel Foucault pour analyser le traitement de la notion de représentation, ou puisqu'il fait droit, du côté cognitif, aux orientations récentes et anti4ogicistes du morpho-dynamicisme et de la vie artificielle. Tel quel, il est susceptible d'intéresser tous ceux qui ont de la curiosité pour les domaines qui viennent d'être évoqués, et qui aiment la manière dont la philosophie dérange les situations intellectuelles en ajoutant son grain de sel.
WOW ! Rien que ça !
Il y a eu un courant à Paris dans les années 80-90 autour notamment de Francisco Varela et Jean Petitot au CREA, qui pariait sur un rapprochement entre la phénoménologie et certains courants des sciences cognitives qui s'appuyaient sur des modèles de systèmes dynamiques en physique (le connexionnisme en particulier) et remettaient en cause les modèles computationnels et la notion orthodoxe de représentation (si tant est qu'il y en ait une!). Cela a donné notamment le gros volume Naturaliser la phénoménologie (2003), et le courant se retrouve aujourd'hui dans le séminaire Formes symboliques. (Et la scission du CREA avec en gros le départ des "orthodoxes" représentationnalistes et analytiques à l'Institut Jean Nicod.)
Le bouquin de Salanskis s'appuie sur ce courant, mais il reste assez superficiel et abstrait sur les sciences cognitives, et m'a déçu sur l'exposé introductif de l'herméneutique (alors que je me réjouissais de découvrir enfin ce que c'était): pour ce que j'en retiens, il dit que le sens c'est une direction un aller-vers (comme dans "le sens de la flèche") sans aller beaucoup plus loin que la métaphore!
Comme je sais qu'il existe beaucoup d'admirateurs de J. Bouveresse sur ce blog, je me contente de signaler son livre sur la croyance: J. Bouveresse, Peut-on ne pas croire? Sur la vérité, la croyance et la foi, Agone, 2007:
Que vaut le « besoin de croire » ? Est-il rationnel d’avoir des croyances dont nous ne pouvons rendre raison ? Toutes les croyances religieuses sont-elles respectables du seul fait d’être crues ?
Les débats sur croyance et vérité, foi et raison, science et religion valent mieux que les simplifications et les amalgames contemporains. Pour en retrouver à la fois toute la complexité et les vraies lignes de partage, Jacques Bouveresse engage ici une discussion serrée avec Nietzsche, Renan, James, Russell, Freud et quelques autres.
Sommaire
I. La puissance du faux et la valeur du vrai.
II. Faut-il défendre la religion ?
III. Wittgenstein et les chemins de la religion.
et aussi, le nº 23 de la revue Agone, "Qu'est-ce que croire?", avec des contributions de Ludwig Wittgenstein, Jacques Bouveresse, Paul Veyne, Charles Sanders Peirce, Henri Broch et Jean Bricmont, disponible en lyber-agone, c'est-à-dire online.
JD écrit
"Quant à l'accusation par association (athéiste) au totalitarisme communiste de l'hédonisme contemporain et du postmodernisme, c'est précisément le genre de confusion qui a aveuglé une partie des catholiques, papauté comprise, sur le nazisme."
Je ne vois pas d'association entre le soviétisme et le postmodernisme dans les propos du Pape. Il utilise une conjonction de coordination : l'idéologie athée (=le communisme soviétique) fait encore souffrir ce peuple ET ce peuple est exposé aux dangers du postmodernisme et du relativisme. Je ne vois pas comment, à strictement parler, vous pouvez assurer qu'il les met dans le même sac à partir d'une conjonction. Il semble plutôt que le Pape tente d'identifier des causes aux difficultés des chrétiens contemporains tchèques et que celles-là semblent l'expliquer. (Que ce "contexte causal" les explique effectivement, c'est une autre question.) En tant que causes, elles sont mises au même niveau, mais elles ne semblent pas être confondues, du moins cela ne me paraît pas aussi évident dans le discours. Peut-être les journalistes du Monde et leur mauvaise foi habituelle et méchante sur certaines questions vous a-t-elle abusé ?
Sa Sainteté semble bien associer athéisme et relativisme.
C'est de bonne guerre pour elle de penser que si Dieu est mort tout est permis. Mais si Dieu est mort tout n'est pas permis. Je conseille de lire Simon Blackburn
http://www.phil.cam.ac.uk/~swb24/re...
Plusieres points dans ce billet me semble nécessiter plus de discussion.
D'abord je n'ai pas vraiment compris quelle est le point qui insulte les athées selon Julien. Est-ce le fait que le pape semble dire (1) que c'est l'athéisme qui faisait du communisme une idéologie ou (2) est-ce finalement le fait de dire l'athéisme est une idéologie?
(1) Il me semble quand même que ce n'est pas évident de tirer la prémiere conclusion si rapidement. Pape n'est pas en train de dire que tout athéisme aboutient nécessairement au communisme soviètique! (Or si on fait l'identification, il faudra accepter l'implication dans deux sens! Mais le pape ne le fait pas. (il y a aussi d'autres idéologies qui était aussi athées, donc les athées ne sont pas nécessairement des communistes (sans dire si athéisme est une idéologie ou non, nous devons nécessairement (et le pape le fait aussi) accepter que les athées ne sont pas nécessairement des communistes)) Donc, il ne s'agit pas de dire que tous les athées sont mechants comme des communistes. Par contre, j'accorde que le pape entend qu'il y avait une idéologie athée de communisme qui a causé des "blessures". Il me semble qu'ici il s'agit du domaine de la foi. Le pape parle de "vivre et témoigner de l'Evangile". Il semble qu'il ne s'agit pas de parler de blessures de communisme en general qui biensûr était néfastes parce que reprimaient des libertés civiles. Mais dans le contexte de ce discours, le communisme est accusé parce que (aussi! et pour le pape ce n'est pas juste un petit point) en tant que idéologie reprimant la foi sans pour autant de dire que toute athéisme est néfaste dans tous les domaines comme communisme l'était.
Il semble qu'il faut rejeter ce point.
(2) Alors il semble qu'il reste seulement un point qu'on peut discuter. Le point que pape sous-entend d'accuser l'athéisme d'être une idéologie. Mais encore une fois, il me semble que tout d'abord il ne s'agit pas de parler d'athéisme en générale. Il s'agit de l'athéisme communiste qui dans son contexte (car conjugé avec l'idéologie communiste) est une idéologie néfaste. Deuxième option est de dire que le pape entend quand même (sans le spécifier ici explicitement) que l'athéism est une idéologie. Il semble que la réponse possible est de dire qu'il faudra préciser les termes. Peut être le pape entend que l'athéisme est *l'idéologie*, mais dans un sens spécifique (reste à préciser ce sens, qui pourait être quelque choses comme une idéologie réligieuse), sans parler de l'idéologie au même sens que des idéologies politiques totalirtaristes.
Par ailleurs, moi aussi je ne pense pas, encore une fois en bien relisant ce discours, que le pape semble confondre athéisme avec le rélativisme etc, il semble juste dire que comme les uns tant les autres produit des "blessures" pour la pratique de la foi (ce que je pense tout le monde serait d'accord de dire, au moins dans la forme plus neutre - que ces positions ne sont pas compatibles avec la foi catholique).
Bref, je trouve cela un peu rapide de prendre ce discours comme un discours de pape sur l'athéisme de manière générale.
Et dernier point que je voulais discuter, était concernant le nazisme et la papauté. Ces matières sont très discutés et complexes. Il semble que c'est un peu imprudent et trop rapide de parler de "l'aveuglement de la papauté", nombreuses témoignages parlent du contraire, par exemple ici: http://www.rue89.com/2008/10/02/qua...
Mikolka: en effet dans ce passage tout porte sur comment on comprend le "avec" ("con" en italien, traduit par "amid" en anglais). Mais de mémoire le fameux discours de Ratisbonne disait assez clairement que la religion catholique était celle de la raison et le rempart contre le relativisme. Je ne serais pas surpris qu'on trouve ci ou là des discours du pape défendant plus explicitement l'idée que athéisme = perte des valeurs = relativisme et hédonisme. C'est quand même le pape!
(PS: Le Monde anti-catholique? Pas avant le départ d'Henri Tincq en tout cas!)
Artus: en effet je me rends compte que le passage serait entièrement acceptable (= non insultant) s'il avait dit "l'athéisme intolérant" plutôt que l'idéologie athée. Ce que je trouve insultant, pour être clair, ce n'est ni l'idée que l'athéisme serait une idéologie (parce que je ne suis pas sûr de savoir ce qu' "idéologie" veut dire), ni l'idée que l'athéisme ferait du communisme une idéologie (pour la même raison), mais l'idée que ce serait l'athéisme qui ferait du communisme un mal. Si l'idée du pape ici était juste de dire que l'athéisme intolérant des communistes a fait du mal, alors ce ne serait pas insultant pour les athées. Mais j'ai franchement du mal à "entendre" cette interprétation. Comparez:
Quelle est la façon la plus naturelle de lire cette affirmation? (a) le captialisme est une idéologie, et il est dangereux, ou (b) dans sa version idéologique, le capitalisme est dangereux?
j'ai quand même quelques reflections encore, je sais pas si c'est totu à fait abouti..
Il me semble quand même qu'il faudra faire plus des distinctions.
J'ai l'impression que le problème vient de la confusion de trois differents comprehensions du "mal" qu'on pourait trouver dans ce discours:
i) le mal de l'intolérance (ou d'autre sorte de persecution)
ii) le mal de combatre la religion
iii) le mal de ne pas croire.
J'ai l'impression que le problème ou l'aspect qui pouvait insulter (une remarque: ne serait-il pas trop fort de parler des insultes dans cette situation, or il me semble que dans le discours aucun "fighting word" n'a été dit?) vient du fait que chez l'athéisme communiste tout les trois sens se sont reunies.
Autrement dit, le pape, et cela est constitutif de chaque religion, considere que de ne pas croire est un mal pour la foi, autrement dit, on ne peut pas de croire et de ne pas croire en même temps. Il s'agit d'un sens de "mal" qui est celui de non adhesion à une religion ou position (pour prendre une comparaison: un activiste politique de la partie x va croire que c'est un mal de soutenir le candidat de la partie y, lequel soutient des positions contraires. Pour autant, il peut croire que ce n'est pas le même mal que d'être intolerant.).
Ce que je voulais dire est (1) qu'il parrait possible d'accepter que le pape accepte l'idée que l'athéisme est un mal, (au sens de la foi ou doctrine - pour croire ce n'est pas bien de ne pas croire), mais en même temps (2) le pape n'est pas en train d'identifié tous le maux avec l'athéisme (il y a des maux qui sont produits par des non-athées, le pape ne dit pas le contraire ici), cela amène à l'idée (C) qu'il y a différents sens de "mal" (si on parle du mal). Le pape ne pas en train de dire que tous les athées sont des mechants, juste que l'athéisme est un mal pour la religion (d'ailleurs c'est exactment ce que dit le discours - "pour vivre et témoigner de l'Évangile").
En resumé il semble que le pape a consideré effectivmeent l'athéisme comme un mal, mais pas au même sens (niveau?) que le mal d'intolérance, de persecutions, des massacres ou des génocides. Si on accepte cela, il semble que nous pouvons soutenir que le pape ne soutient pas nécessairement l'idée que ce le mal de ne pas croire qui fait de communisme un mal, mais la conjonction de tous les éléments a fait que c'était un mal dans divers aspects.
Pris dans un blog que je fréquente de temps en temps, les principes d'une théocratie:
la République Islamique d’Iran :
Le gouvernement de l’Iran est une République Islamique que le peuple iranien, sur la base de sa foi séculaire dans le règne du droit et de la justice du Coran, a adopté à la suite de sa révolution victorieuse sous la direction de la Haute Autorité Spirituelle du Grand Ayatollah Imam Khomeiny lors du référendum du dix et du onze Farvardine mille trois cent cinquante-huit de l’Hégire solaire, correspondant au premier et au deux Djamadi Al-oula de l’année mille trois cent quatre-vingt-dix-neuf de l’Hégire lunaire (30 et 31 mars 1979), à une majorité de 98,2% de l’ensemble des personnes ayant le droit de vote.
La République Islamique est un système basé sur la foi en :
1 - Un Dieu unique (« Il n’y a de dieu que Dieu »), l’exclusivité de sa souveraineté, son pouvoir exclusif de légiférer et la nécessité de se soumettre à ses commandements.
2 - La Révélation divine et son rôle fondamental dans l’énonciation des Lois.
3 - La Résurrection et son rôle constructif dans la marche évolutive de l’être humain vers Dieu.
4 - La Justice de Dieu dans la Création et dans ses commandements.
5 - l’Imamat, sa direction permanente et son rôle fondamental dans la poursuite de la Révolution de l’Islam.
6 - la Dignité, la valeur suprême de l’être humain et sa liberté empreinte de sa responsabilité envers Dieu, qui, par le moyen :
a) de l’effort constant des "Faghih" réunissant toutes les conditions requises, conformément au Livre et à la tradition des Immaculés13 (Que la paix de Dieu soit avec eux),
b) de l’utilisation des sciences et des techniques et des expériences développées de l’humanité, et des efforts en vue dus faire progresser,
c) du rejet de toute forme d’oppression et de soumission à l’oppression, de domination et de sujétion,
assure l’équité, la justice et l’indépendance politique, économique, sociale et culturelle ainsi que la solidarité nationale.
JD : il faut distinger la version papier et la version internet du journal. La seconde est assez férocement anti-catholique, prête à bondir sur le moindre faux-pas du Vatican ou de ce qui en dépend. Ne distinguant pas entre le jugement de valeur et l'apport d'information.
VIVE DE DADAïSME LIBRE !
Le Monde internet ? Cela vaudrait peut-être le coup de jeter un oeil à la presse laïque du début du siècle pour mettre les choses en perspective ;)