Conférence intéressante donc dans l'ensemble, les meilleures présentations étant selon moi celles de Philippe Descamps sur Habermas (sujet qui pourtant ne m'intéressait guère, personnellement) et de Alex Rosenberg défendant la thèse selon laquelle tout naturaliste conséquent doit être nihiliste en matière d'éthique (je plussoie).

Quelques remarques qui me sont venues à l'esprit après cette plongée dans un univers de philosophes naturalistes (ou pas) :

  • Sur les question méta-éthiques, de nombreux malentendus surviennent parce que les termes méta-éthique ne sont pas utilisés par tous dans le même sens. Ainsi, certains entendent par "relativisme" ce que d'autres appellent "nihilisme", n'utilisent pas "cogntivisme" dans le même sens etc. Du coup, je rappelle la nécessité de TOUJOURS définir ce genre de termes avant de les utiliser, histoire de gagner du temps pour la partie "questions" des interventions. (Personnellement, j'essaie d'aligner l'usage de ces termes sur celui de la SEP, mais c'est un choix comme un autre)
  • Pas mal de "naturalistes" semblent croire pouvoir échapper à la conclusion nihiliste (= les propriétés éthiques n'existent pas de manière objective et aucun jugement moral n'est plus fondé qu'un autre, plus "vrai" ou plus "juste"). Ils se rabattent souvent sur une solution consistant à dire : un naturaliste peut toujours dire que certains jugements moraux sont vrais et d'autres faux. Il suffit de rédéfinir "vrai" (par exemple comme : étant considéré comme tel par beaucoup de personnes) ou les termes éthiques eux-mêmes (par exemple : on va définir "bon" comme "ce que l'évolution nous a poussé à considérer comme bon"). Personnellement, j'ai l'impression que c'est un tour de passe-passe, une sorte de "hocus pocus" définitionnel qui n'arrange rien (mais ne fait qu'accroître la confusion).

Sinon, Laurence Harang a fait sur son blog un compte-rendu de la journée de samedi, où je suis gentiment comparé à Eric Zemmour version tonton-flingueur. Je l'ai mérité : désolé à tous ceux qui auraient eu l'impression d'être trop malmenés (mais il est difficile de résister aux plaisirs de la joute éristique).