Dawkins sur la vérité de la théorie de l'évolution
Par julien dutant le mercredi 4 mars 2009, 17:06 - Biologie - Lien permanent
Pour ceux qui ne l'ont pas déjà vu, un compte-rendu par Richard Dawkins du livre de Jerry Coyne, Why Evolution is True, où Dawkins discute en passant la doxa poppérienne.
Apparemment l'un des points forts du livre de Coyne est d'insister sur les données biogéographiques en faveur de la théorie de l'évolution.
Mais le passage du compte-rendu particulièrement intéressant pour les philosophes est le suivant:
Whence, then, comes the oft-parroted canard, “Evolution is only a theory”? Perhaps from a misunderstanding of philosophers who assert that science can never demonstrate truth. All it can do is fail to disprove a hypothesis. Evolution is an unfalsified hypothesis – one that was vulnerable to falsification but has so far survived. Scientists generally don’t mind this kind of philosopher and even thank him for taking care of such matters, thereby freeing them to get on with advancing knowledge. They might, however, venture that what is sauce for the goose of science is sauce for the gander of everyday experience. If evolution is an unfalsified hypothesis, then so is every fact about the real world; so is the very existence of a real world.
This kind of conversation is swiftly and rightly sidelined. Evolution is true in whatever sense you accept it as true that New Zealand is in the Southern Hemisphere. If we refused ever to use a word like “true”, how could we conduct our day-to-day conversations? Or fill in a census form: “What is your sex?” “The hypothesis that I am male has not so far been falsified, but let me just check again”. As Douglas Adams might have said, it doesn’t read well. Yet the philosophy that imposes such scruples on science has no basis for absolving everyday facts from the same circumlocution. It is in this sense that evolution is true – provided, of course, that the scientific evidence for it is strong. It is very strong, and Professor Coyne displays it for us in a way that no objective reader could fail to find compelling.
Dawkins fait bien sûr allusion ici à l'influente doctrine de K. Popper (que j'introduis dûment chaque année à mes étudiants!) selon laquelle on ne vérifie jamais une théorie; on peut au mieux vérifier qu'elle n'a pas été falsifiée jusqu'ici. On peut tirer deux arguments ou considérations de ce passage:
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La conclusion des arguments Popper est implausible, il y a certaines choses dont on sait qu'elles sont vraies. (Une sorte de réponse mooréenne)
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Si les arguments sont justes, ils s'appliquent tout aussi bien aux théories scientifiques qu'à n'importe quelle connaissance ordinaire.
Je suis entièrement d'accord sur le second point, et pense qu'il est très important.
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D'une part, on ne peut pas utiliser Popper pour défendre un scepticisme (modéré) vis-à-vis des théories scientifiques spécifiquement. J'ai l'impression que cette idée est, peut-être pas implicitement adoptée, mais du moins suggérée par les manuels de philosophie des sciences ou d'"épistémologie" qui ne discutent des théories de Popper qu'en relation avec les théories scientifiques, laissant entendre que ces dernières sont les seules affectées par la non-vérifiabilité, par opposition aux connaissances ordinaires. Même si on admet (contre Popper en fait) que les observations, elles, sont vérifiées, cela ne donne qu'une infime partie de nos connaissances ordinaires supposées.
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D'autre part, si l'on adopte une position sceptique à la Popper mais qu'on admet que les affirmations ordinaires de connaissances (du style "Il sait que la Nouvelle-Zélande est dans l'hémisphère sud") sont acceptables si on les prend non pas strictement à la lettre, mais dans un sens relâché, alors il faut faire de même avec les affirmations qu'un scientifique peut faire du genre "la théorie de l'évolution est vraie".
Sur l'autre point de Dawkins, à savoir que la conclusion de Popper (qu'on ne sait pas si les théories sont vraies) est implausible, j'aimerais bien l'adopter mais j'ai des scrupules, que j'ai exposés ailleurs.
Commentaires
"Or fill in a census form: “What is your sex?”“The hypothesis that I am male has not so far been falsified, but let me just check again”."
OK, but don't forget that the form can be read in many ways.
J'étais assis un jour en avion à côté d'un robuste Pakistanais. Il remplissait son questionnaire de passager.
Name: Zamindari Surname: Hussein Sex: Very good...
L'hotesse: Excuse me sir, êtes-vous sûr qu'il n'y a pas erreur? Hussein: Mistake? No mistake. Sex very good. L'hotesse: Mais, le questionnaire parle d'identité, il faut choisir entre Male et Female. Hussein: Sex identity? No problem, male, female, all very good.
Hem, by the way. Le checking en solitaire ne m'a jamais apporté aucune certitude. Seuls les yeux de celles qui ont consenti à m'inclure dans leur Erfahrung m'ont parfois apporté un fugitif réconfort.
Il me semble que Stendhal aurait aimé le mot falsifier... En rédigeant son fameux chapitre sur le fiasco... Question d'oreille, probablement.
La réfutabilité implique-t-elle pour Popper qu'un fait réfutable (par exple, la rotation de la lune autour de la terre) soit juste considéré comme une hypothèse non réfutée, et soit ainsi mis sur le même plan qu'une théorie (réfutable et fausse)sensée l'expliquer en recourant à l'idée de vitesse instantanée?
Steph: je suis pas sûr de te suivre, mais 1)Popper met sur le même plan les observations et les théories: hypothèses falsifiables dans les deux cas; 2)il ne met pas sur le même plan les hypothèses falsifiables non falsifiées et les hypothéses falsifiables falsifiées.
Oui merci, question de béotien. J’en conclus qu’il ne distingue pas les hypothèses falsifiables falsifiées qui n’ont jamais été vraies, de celles qui ne le sont plus.
Les hypothèses ne deviennent pas vraies ou fausses avec le temps: si certaines hypothèses ne sont "plus" vraies, elles ne l'ont jamais été!
Je me demande si rejeter le premier point, l'implausibilité, n'oblige pas à accepter le second point, et à soutenir quelque chose comme: «la rotation de la lune autour de la terre est vraie» est un sens relaché de «la rotation de la lune autour de la terre est une hyptohèse non falsifiée», relaché afin de le rendre acceptable pour les discussions ordinaires. Dans ce cas: La distinction entre connaissance ordinaire et connaissance scientifique n'est-elle pas simplement une version elle aussirelachée de la thèse de Popper? N'est-il pas préférable d'accepter la position de Dawkins si l'on veut soutenir des affirmations ordinaires de connaissance, qui ne soit pas juste des hypothèses non falsifiées, à l'usage des discussions ordinaires?
C'est surtout rafraîchissant de voir un savant employer la notion de vérité sans pincettes.
Bonjour, excusez-moi si je débarque sur un sujet éculé, mais auriez-vous un lien qui explique pourquoi vous préférez utiliser le terme "falsifiable" (qui signifie me semble-t-il "qui peut être truqué par malhonnêteté") plutôt que "réfutable" ("qui peut être prouvé faux")? Ce terme dans la littérature scientifique française m'a toujours étonné.
Popper utilise le terme "falsifiable" en anglais, et cet usage est tout aussi peu naturel dans cette langue. L'intérêt de ce terme est de faire le parallèle (et la distinction) entre vérifier et falsifier, vérification et falsification.
Le terme de "réfutation" n'est pas sans problème non plus: dire qu'une théorie est "réfutable" semble impliquer qu'elle est fausse; et il ne me semble pas très naturel de dire qu'une observation une théorie ("réfuter" est comme "argumenter": ce sont des personnes qui le font, pas des faits).
Je pense que la norme de traduction ou d'introduction des termes dans la langue philosophique ne devrait pas être d'utiliser le terme dont le sens usuel se rapproche le plus de ce qui est visé par le nouveau terme. La norme devrait plutôt être de prendre un terme dont il sera aisé de se souvenir d'associer le sens visé, une fois ce dernier introduit. Cette dernière norme joue en faveur de "falsifier"/"falsifiable", dont il suffit de prendre l'étymologie à la lettre pour retrouver le sens de Popper.
Désolé de vous décevoir mais cette théorie régresse elle est fortement contestée dans les milieux scientifique. Sauf que, les failles de cette théorie et des scientifiques qui s’y opposent, ne sont pas connus du public.
Le dernier bilan de la communauté scientifique sur l’état des connaissances sur les origines de la vie et de l’univers date de 2007. Après 150 ans, la communauté scientifique reconnaît qu’elle revient à la case départ. On ne sait pas. On ne connaît pas la composition de la «soupe primitive» Comment peut-on expliquer l’origine de la vie venant d’une soupe organique dont on ne connaît pas les ingrédients Pire la soupe pour les acides aminés n’est pas celle des protéines et ainsi de suite. Tous les éléments de la première cellule vivante ainsi que son ADN déjà programmée se devaient d’être présent au même moment ! Aucune erreur de programmation n’est permise. Et cette première cellule vivante aurait immédiatement été détruite par les rayons cosmiques ! Cette découverte a beaucoup ébranlée la théorie de l’évolution. Le document fossile ne dit rien. Le chaînon manquant et bien il manque toujours…
Pour vous donnez une idée de la contestation
Le 24 septembre 2001, la chaîne de télévision publique américaine PBS qui est pro évolutionniste reçue un communiqué de presse qui a eut l’effet d’une douche d’eau froide. Après l’annonce d’une série télévisée sur l’évolution et des propos gratuits d’une porte parole de la station qui disait : «Tous les hommes de sciences réputés reconnaissent la théorie de Darwin». PBS reçu une pétition d’une centaine de signatures de scientifiques qui se disaient en désaccord avec la théorie de l’évolution. - Chaîne de télé, PBS. (Public Broadcoasting System, chaîne de télévision publique américaine).
Parmi les signataires, la critique la plus virulente venait du chimiste et candidat au prix Nobel, Henry « Fritz » Schaefer, qui réprimandait les darwinistes pour « avoir adopté des types de preuves en faveur de l’évolution qu’ils n’auraient jamais acceptés en tant que scientifiques dans d’autres circonstances. »
http://www.reviewevolution.com/pres...
« Face à une improbabilité aussi éclatante, comment un scientifique possédant un soupçon d’honnêteté peut-il attribuer à des interactions aléatoires la complexité que nous observons dans les systèmes du vivant? Agir ainsi, alors que l’on a parfaitement connaissance des chiffres, est à mon sens une violation grave de l’honnêteté scientifique. » John Baumgardner géophysicien.
Biens d’autres scientifiques n’appuient pas la théorie de l’Évolution :
Un professeur, de biologie, de chimie et de physique du nom de Jerry Bergman a établit de son côté une liste partielle d’hommes de sciences qui ne soutiennent pas la théorie de l’évolution. Cette liste contient plus de 3,000 noms. Plusieurs autres ont refusés d’y être de peur de nuire à leur carrière.
http://www.rae.org/darwinskeptics.h...
Autre liste de scientifique dissidents celle-ci de 700
http://www.dissentfromdarwin.org/
Cher MJ,
J'ai en effet entendu parler de la propagande anti-évolutionniste motivée et financée par des chrétiens dogmatiques, mais vous aurez noté qu'elle est à court de soutien parmi les biologistes et de publications dans des journaux scientifiques. (Je ne vois pas en quoi un prix Nobel de chimie serait mieux placé qu'un bon philosophe, sans parler d'un biologiste, pour évaluer les preuves empiriques de la sélection naturelle.) Bien sûr on peut penser qu'il y a de gros intérêts politico-financiers qui, pour une raison encore inexpliquée, cherchent à étouffer les voix de la "dissidence" scientifique (de peur que la découverte de la fausseté de la théorie de l'évolution cause une révolution???).
Entre autres listes de signataires, vous avez sûrement entendu parler de la liste de 1000 scientifiques qui soutiennent la théorie de l'évolution et qui s'appellent Steve.
N'hésitez pas à aller faire un tour sur Panda's Thumb si le sujet des preuves de la sélection naturelle et des supposés réfutations de celle-ci vous intéresse!
Deux choses:
- sauf à me tromper, Popper jugeait le darwinisme infalsifiable ; or on peut dire que c'est une erreur comme le met en évidence ce passage de Dawkins tiré de Pour en finir avec Dieu (The God Delusion 2006):
" Quand J.B.S. Haldane a été défié par un poppérien zélé de dire comment on pourrait jamais réfuter l' évolution, il a marmonné cette fameuse réponse: " Des lapins fossiles dans le Précambrien"." (p.165 Perrin col. Tempus)
- le post de Michel Julien est bien mis en perspective par la lecture précisément de Pour en finir avec Dieu. Avant de le lire, j'étais loin d'imaginer à quel point ceux que Dawkins appelle les "talibans américains" font obstacle à la connaissance de la vérité scientifique sur la question de la vie. Comme le fait M. Julien, que je n'assimile bien sûr pas pour autant à eux :-), ils pratiquent ce que Dawkins nomme "la vénération des lacunes": "si l'on trouve une lacune apparente, on présuppose par défaut que c'est Dieu qui doit la combler" (p.162 Perrin ibid.). Spinoza dans l'Ethique (I Appendice) dénonçait déja le recours à "la volonté de Dieu, c'est-à-dire dans l' asile de l'ignorance" ajoutant: "ils savent bien qu'une fois supprimée l'ignorance, la stupeur, c'est-à-dire le seul moyen qu'ils ont pour argumenter et maintenir leur autorité, est supprimée." (trad. Pautrat 1988)
Philalèthe
- sauf à me tromper, Popper jugeait le darwinisme infalsifiable ; or on peut dire que c'est une erreur comme le met en évidence ce passage de Dawkins tiré de Pour en finir avec Dieu (The God Delusion 2006):
" Quand J.B.S. Haldane a été défié par un poppérien zélé de dire comment on pourrait jamais réfuter l' évolution, il a marmonné cette fameuse réponse: " Des lapins fossiles dans le Précambrien"." (p.165 Perrin col. Tempus)
Hervé
La position de Popper sur le darwinisme est très nuancée. Dans "La quête inachevée", et notamment le chapitre "Le darwinisme comme programme de recherche métaphysique", Popper dit en effet que "le darwinisme ne prédit pas véritablement l'évolution de la variété des espèces. C'est pourquoi il ne peut véritablement l'expliquer. Il peut tout au plus prédire l'évolution de la variété sous "des conditions favorables". Mais il est pratiquement impossible de décrire, en termes généraux, ce que sont ces conditions favorables - on peut seulement dire qu'en leur présence, une variété de formes apparaîtra."
Plus loin, Popper insiste cependant sur le fait que la théorie de Darwin comporte cependant une prédiction essentielle, celle de la variation graduelle des formes de vie dans le cheminement évolutif : "D'un point de vue logique, la progressivité est donc la prédiction centrale de la théorie. (Elle me semble même sa seule prédiction). De plus, tant que les changements, qui s'opèrent à la base génétique des formes vivantes, sont graduels, la théorie les explique, du moins "en des principes". Car la théorie prédit l'occurence de petits changements, chacun dû à une mutation." (Popper, op. cit.)
Or, si l'on trouvait des lapins fossiles dans le pré-cambrien, c'est précisément la variation graduelle qu'implique le darwinisme qui serait récusée. La remarque d'Haldane ne me paraît donc pas remettre en question la conception popperienne du darwinisme.
Notons au passage que Popper trouve de nombreux points de convergence entre le darwinisme et son épistémologie. Un d'entre eux mérite tout particulièrement d'être souligné : si l'épistémologie popperienne fournit un critère de sélection des théories, elle ne peut à proprement parler avoir de valeur explicative, elle ne permet pas de prédire l'évolution future de nos connaissances, comme la théorie de Darwin "ne prédit pas véritablement l'évolution de la variété des espèces".
Merci, Hervé, pour ces précisions éclairantes.
A titre d'info, cette note de Bernard Sève dans La question philosophique de l'existence de Dieu (1994):
" Il faudrait méditer sur un fait assez frappant: les physiciens, notamment les astrophysiciens, sont assez spontanément portés à un théisme que récusent au contraire vigoureusement leurs collègues biochimistes ou biologistes. Comme si l'ordre du Cosmos plaidait pour Dieu et les ratés du vivant contre lui."
Je pense que c'est aussi parce que l'évolutionnisme fournit une explication du vivant qui ridiculise l'argument physico-téléologique. L'astrophysique n'est pas en mesure de faire au niveau de l' univers ce que la biologie a réussi au niveau de l'évolution de la vie - l'apparition de la vie, elle, pose des problèmes que ne règle pas bien sûr l'évolutionnisme - mais un c'est un des intérêts du livre de Dawkins (the God delusion 2006) de faire connaître entre autres les hypothèses de Lee Smolin qui cherche à penser l'univers - plus exactement le "multivers", un ensemble d'univers- en termes darwiniens (cf en particulier les p.188-191 de l'édition française de poche Perrin Tempus).
Bonjour, sur Popper et la théorie de l'évolution, le premier chapitre de l'article suivant est utile :
http://www.talkorigins.org/faqs/evo...
Merci beaucoup, Cédric !
Merci à Philalèthe et à Cédric pour ces très intéressantes références.
Félicitations Cédric pour votre excellent travail sur le site de la Sopha qui contient une mine d'articles et de commentaires.
Cordialement à tous,
Pour répondre à Michel Julien dans la continuié de julien dutant, je tiens à signaler quelques aspects factuels.
Si Henry Schaefer est effectivement un grand chimiste il n'est pas prix nobel de chimie et il est impossible de savoir s'il a été nommé 5 fois à ce prix puisque les nominations sont confidentielles pendant 50 ans...
Les créationnistes font preuve d'une mauvaise foi navrante, usant de l'argument d'autorit (généralement pour citer des philosophes, des chimistes, des géophysiciens, des climatologues, mais rarement des biologistes), utilisant des citations tronquées ou hors-contexte à l'appui de leur dire, et toutes les astuces rhétoriques classiques sans pour autant jamais avancé un seul fait positif à leur appui.
Sur le fond, Darwin n'a jamais prétendu expliquer l'apparition de la vie mais seulement son évolution, c'est à dire l'apparition de nouvelles formes de vies. Le titre de son ouvrage commence bien par On the Origin of Species et non On the Origin of Life.
Il existe un excellent dossier du CNRS sur le sujet de l'évolution : http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/dose...
Un des articles est consacré au créationnisme : http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/dose...
La compréhension du darwinisme de Popper était biaisée par sa lecture de Spencer. Popper voit comme d'autres dans la théorie de Darwin une tautologie : celui qui survit est le plus apte, or le plus apte est celui qui survit. Ce n'est pas ce que dit Darwin, il avance que se maintiennent les caractères assurant un taux de reproduction/multiplication le plus élevé dans leur environnement. Si l'environnement change, d'autres caractères sont sélectionnés par un jeu différentiel de taux de multiplication. Cette théorie est aisément testable.
Quant au gradualisme de Darwin, on a beaucoup ergoté dessus mais la position de Darwin était bien plus nuancée qu'on ne la présente habituellement. Les arguments principaux en faveur du gradualisme (théorie chromosomique de l'héridité, concept de mutation) sont postérieurs à Darwin. Darwin postule ainsi un gradualisme sans avancer de preuves (Il le défend contre les archives sédimentaires discontinues en arguant de leur lacunarité, ce qui le rend plausible et non sûr) Ainsi trouve-t-on dans l'Origine de l'espèce, chapitre 11 la phrase suivante : "bien que chaque espèce ait dû parcourir de nombreuses phases de transition, il est probable que les périodes pendant lesquelles elle a subi des modifications, bien que longues, si on les estime en années, ont dû être courtes, comparées à celles pendant lesquelles chacune d'elle est restée sans modifications. "