Revue des oeuvres de Lévi-Strauss dans le TLS
Par julien dutant le samedi 1 novembre 2008, 23:50 - Philosophie - Lien permanent
A lire dans le Times Literary Supplement,
The century of Claude Lévi-Strauss
par Patrick Wilken,
une revue des
Oeuvres de Lévi-Strauss parues dans la Pléiade.
Bien que le structuralisme ait vite vieilli, survivant à peine à la retraite de Lévi-Strauss, et que son genre d'anthropologie philosophique n'existe plus dans ce qui est maintenant une discipline beaucoup plus spécialisée, cette édition de la Pléiade rappelle à quelle point sa contribution a été originale. On le compare souvent à Freud, et il y a chez Lévi-Strauss un air d'homme d'idées du début du XXeme siècle. Comme Freud, Lévi-Strauss était un théoricien sans appréhension qui lançait une multitude d'idées nouvelles, transformait des spéculations en modèles gravés dans le marbre et parcourait des aires immenses avec une assurance parfois téméraire. Tout comme celles de Freud, nombre de ses affirmations spécifiques ont été depuis réfutées, mais le corpus de œuvre pris comme un tout a laissé une trace indélébile sur la pensée du XXe siècle.
Patrick
Wilken,
The century of Claude Lévi-Strauss
, Times Literary Supplement,
29/10/2008. (traduction JD)
Commentaires
J'adore l'emploi de l'imparfait dans la citation. Pour quelqu'un qui est encore vivant, ça fait plaisir!
Ivan Lendl est un tennisman en vie mais retraité. Diriez-vous de lui:
ou:
De la même façon, on peut certes dire que , mais parler au passé dans ce cas ne me semble pas inapproprié non plus si, comme j'ai l'impression, cela fait un bon nombre d'années que Lévi-Strauss a abandonné la théorisation pure et dure.
Le problème est de savoir dans quelle mesure on peut identifier une carrière intellectuelle à une carrière sportive...Un tennisman se retire des compétitions, un chercheur ne se retire pas de la recherche. Une retraite de professeur au Collège de France n'est pas identifiée à une suppression de la capacité de théoriser, mais seulement à une suppression de la possibilité de diffuser la théorie par le biais du Collège de France.L'imparfait est donc un peu indélicat car il suggère que certaines causes (vieillesse, maladie etc) font que le chercheur qui aurait pu continuer de théoriser hors institution (par exemple en écrivant des textes non donnés à la publication)ne le fait plus. L'imparfait révèle ainsi une impuissance, tandis que dans le cas du sportif, il dénote factuellement un statut.
Bonsoir,
Ce qui m'étonne un peu dans ce Pléïade, c'est qu'il s'agit d'oeuvres choisies et non d'oeuvres complètes. Lévi-Strauss a écrit beaucoup de livres. Tous ne pouvaient pas tenir dans un volume. Il aurait fallu prévoir un second tome (je pense que l'investissement de la maison d'édition aurait été très probablement remboursé) pour une édition complète de ses oeuvres.
N'êtes-vous pas surpris que les Structures élémentaires de la parenté ne se trouvent pas dans le volume? de même pour l'Anthropologie structurale et pour la Vie familiale et sociale des Nambikwara? Je ne fais pas d'anthropologie et je n'en lis pas ou très peu. Mais il me semble que ces oeuvres n'ont pas été moins marquantes que Le Totémisme aujourd'hui ou Regarder, écouter, lire.
Je sais bien que l'auteur, s'il est vivant, participe au choix des oeuvres sélectionnées pour une oeuvre publiée aux éditions de la Pléïade. Mais je ne peux pas m'empêcher de m'étonner face à ce choix. Pourquoi ces oeuvres plutôt que les autres? Ou plutôt: pourquoi CL-S veut-il qu'on retienne ces oeuvres plutôt que les autres?
Amicalement