ATER, "Attachés temporaires d'enseignements et de recherche", est le terme français pour assistants et/ou doctorants boursiers et/ou post-docs. (En philosophie il s'agit typiquement, me semble-t-il, de postes d'enseignement d'une année ou deux en fin de thèse.)

Si vous avez les données pour votre université, soumettez-les à la guilde des doctorants!

Quand j'ai postulé en 2006 (résultats: placé en deuxième position dans une université où il n'y avait pas de poste de toute façon - allez comprendre!), il était question que l'année suivante les offres soient centralisées au niveau du ministère. Apparemment cela a été abandonné, donc les candidats sont repartis à la chasse au postes université par université, envoyant un dossier légèrement différent à chaque fois.

Merci à Clément Layet pour les infos!

Quelques remarques à propos du recrutement des ATERs en philosophie

Le système de recrutement des ATERs français en philosophie est absurde dans le principe. (Je ne sais pas ce qu'il en est pour les autres disciplines.) En effet, les universités annoncent des postes intitulés "philosophie", sans indication de spécialisation: officiellement, les universités recherchent des jeunes enseignants de philosophie, sans discrimination de spécialisation. Elles ne peuvent pas ouvertement demander un philosophe des sciences ou un spécialiste de l'idéalisme allemand.

Ensuite, une commission d'experts (sans indication de spécialisation non plus) est réunie et sélectionne les "meilleurs dossiers". Toutes catégories confondues. Les trois meilleurs sont classés 1, 2, et 3, et on leur propose les postes dans l'ordre.

Si on prend le système au pied de la lettre, voilà ce qui devrait se passer: tous les jeunes doctorants à la recherche d'un emploi universitaire envoient leur dossier PARTOUT. Parmi tous ces doctorants, 4 ou 5 sont en gros les "meilleurs". Donc ces mêmes 4 ou 5 se retrouvent dans les premières positions de toutes les universités.

Etonnamment, ce n'est pas ce qui se passe! La plupart des candidats envoient en effet leur dossiers plus ou moins partout. Mais ce ne sont pas les mêmes qu'on retrouve classés comme meilleurs partout.

Donc de deux choses l'une: ou bien les "experts" sont en désaccord massif sur qui sont les meilleurs. (Ce qui serait d'autant plus surprenant que les experts sont souvent les mêmes d'une commission à l'autre.) Ou bien le jugement se fait sur des critères autres que la seule qualité globale des dossiers toutes disciplines confondues. Dans ce dernier cas, ou bien il y a implicitement des choix de spécialisation, ou bien des considérations de personnes biaisent la compétition.

On dit souvent que les recrutements d'ATER ont un biais important en faveur des candidats locaux. (Idée qui est renforcée par le fait que les universités ne cherchent pas particulièrement à faire savoir qu'elles ont des postes à offrir, et que les administrations prétextent des moindres irrégularités d'un dossier pour l'écarter, sans considération aucune de son éventuelle qualité scientifique.) Si on pouvait collecter les résultats des recrutements au niveau national, cela serait facile à voir. Quelqu'un sait-il si les données sont disponibles quelque part?

Quoi qu'il en soit, le système actuel est dénué de sens sur le plan scientifique. Chaque département de philosophie a des besoins particuliers: quelqu'un pour enseigner l'éthique, ou la philosophie antique, ou la philosophie des sciences, etc. Il est absurde de ne pas en tenir compte. Plus important en principe, le recrutement devrait être le moyen d'étoffer une équipe de recherche, et on devrait donc se soucier des potentialités de collaboration de la jeune recrue avec les chercheurs présents. La triste vérité est que les départements de philosophie en France sont rarement de vrais centres de recherche - c'est notamment ce que j'ai lu dans un article de Jean-Fabien Spitz, "Les trois misères de l'universitaire ordinaire", Le débat n°108, p4-17.

Pendant ce temps-là, à Genève, sur trois postes de doctorants que nous avons ouvert sur un projet sur les normes épistémiques, nous avons recruté deux étudiants venus du Royaume-Uni et un d'Italie, après un appel à candidature distribué sur toute l'Europe!