Philocom
Par Florian Cova le samedi 23 février 2008, 21:46 - Annonces - Lien permanent
Une "web-revue" d'étudiants en philosophie
En trainant sur Internet, je suis tombé sur un site fraichement ouvert : il s'agit de "Philocom", qui se présente comme une "web-revue" dans laquelle les étudiants en philosophie de France et de Navarre sont invités à poster des articles. Certains d'entre vous pourraient être intéressés. Il n'y a pour l'instant que 4 articles, qui ne respectent pas les 3 règles élémentaires de la frime :
- 1) Avoir un titre de la mort qui tue,
- 2) Faire précéder l'article d'un abstract accrocheur bati sur le modèle suivant : soit P un problème classique et apparamment insoluble, et ben ! cet article va proposer un "new framework" révolutionnaire pour résoudre P,
- 3) Finir par une bibliographie contenant uniquement 1/3 d'articles et de livres que vous avez vraiment lu.
Commentaires
Depuis le début de l'année, le ton du blog à la mode Philotropes a changé ! Blagues potaches, jeux à la con, liens inutiles... Philotropes essaierait-il de singer son confrère Philosophie magazine ? Ou bien cherche-t-il à diversifier son lectorat ? Mystère que j'invite les Philotropes à résoudre par eux-mêmes. Julien, tu nous manques...
I. Profitons donc de cette remarque pour faire remarquer qu'il y a une vertu de la blague potache. J'ai toujours trouvé que les étudiants en philosophie faisait beaucoup moins de blagues potaches que les autres, si l'on veut bien entendre par blague potache : quelque soit X une matière universitaire, une blague faite par des étudiants en X au sujet de quelques points de X. Il faut aller sur des sites anglophones pour trouver des pages comme "Porn for philosophers" et autres. Cela me semble refléter une tendance de la philosophie française à s'amouracher de grands maîtres dont il ne faut pas trop expliquer/critiquer/chercher à comprendre le discours. La blague potache nécessite de mettre à distance ce dont on se moque. Dans ce cadre, je milite pour plus d'humour potache et pour une constitution d'un humour potache 100% philosophie française. Alors seulement les choses commenceront par bouger à la Sorbonne et autres, et une aube nouvelle se lèvera pour la philosophie française. Potachons les amis ! Potachons !
II. Maintenant qu'il a été montré en première partie que la blague potache est d'une importance primordiale, prenons un point de vue "transcendantal-politique". Quelles sont, d'un point de vue institutionnel, les conditions de possibilité de la blague potache ? C'est très simple : la blague potache ne peut émerger que dans des domaines où les étudiants partagent des concepts et des connaissances communes, selon le bon vieux théorème : "plus on se connait, plus il y a de private jokes". La blague potache a donc de très bonnes chances de se développer dans des petits cercles de spécialistes. Le fait qu'il y ait peu de blagues potaches en philosophie est donc le signe d'une terrible réalité : l'enseignement de la philosophie est terriblement émietté. On peut ainsi trouver deux étudiants de philosophie qui n'ont pas un grand background commun.
III. J'ai donc, j'espère, démontré l'importance de la blague potache qui est à la fois, 1) un instrument de transformation de la société étudiante, 2) un instrument théorique intéressant pour étudier celle-ci, 3) un ciment nécessaire au partage et à l'unité des étudiants en philosophie. Pour paraphraser ce point 3, je dirais que la blague potache est la manifestation sensible d'un royaume des fins philosophiques encore à venir. Conclusion : étudiants en philosophie, unissez-vous, faites plus de blagues potaches.
D'accord avec Florian sur les trois points. (Mais il y a débat sur la question de savoir si un blague potache à propos d'un agrégé peut remplir le rôle 2.)
J'ai quelques posts en prévisions (une autre preuve de l'omniscience et/ou inexistence de Dieu pour amuser la galerie, encore un peu de factivité, et une petite histoire sur les biais dans les décisions), mais en ce moment je dois avancer ma thèse!
Merci en tout cas à Florian d'avoir continué à animer le blog tout ce temps, et à bientôt!
(JD: Commentaire supprimé, comme les derniers commentaires de "super" sur le blog, pour n'avoir aucun lien avec le contenu du billet ou même du blog. Super: comme je te l'ai dit la dernière fois, si tu n'es pas d'accord avec cette politique, n'hésite pas à m'envoyer un email pour qu'on en discute.)
Effectivement, la blague en question ne demande pas un haut niveau de spécialisation. Mais tous les lecteurs auront remarqué son immense puissance subversive...
Quant au lien, je suis d'accord que le site "Philocom" n'a pour l'instant rien d'exceptionnel. Néanmoins, l'idée d'une revue où des étudiants peuvent poster des articles me semble en soi assez intéressante. Je ne sais pas s'il existe en France d'autres revues "philosophiques" réservées aux étudiants, pas plus que je n'ai entendu parler de séminaires d'étudiants ("undergrad seminars"). L'entreprise me semble donc en quelque sorte novatrice et j'invite les autres étudiants qui pourraient lire ce commentaire à y partciper ou à créer des entreprises similaires, dont l'effet ne peut être que bénéfique au dynamisme de la recherche en philosophie. Tout ça pour dire qu'il y a un projet cohérent qui sous-tend ce lien ET les blagues potaches.
Erratum : il existe bien sûr des séminaires d'étudiants (à l'ENS par exemple). Je voulais écrire des "colloques d'étudiants" comme il peut en exister dans d'autres pays.
Alternative pour la règle n°2 de la frime:
2') Faire précéder l'article d'un abstract accrocheur bati sur le modèle suivant : soit P une position adoptée par presque tout le monde et à laquelle toutes les alternatives semblent folles, et ben! cet article va présenter un "new paradox" révolutionnaire qui montre que P est intenable.
Alternative pour la règle n°3:
3') ne citer que 5 références, dont 4 archi-classiques et 1 totalement oublié datant d'il y a 30 ans mais publié dans une revue connue ou écrit par qqn de connu.
Il serait temps de terminer votre thèse à votre âge. J'ai un titre "accro" et deux bonnes blagues: "des choses cachées depuis toujours" et deux blagues de Doux douille (parolier): "Tous les hommes politiques sont d'accord: dans le domaine de l'emploi, il faut faire un effort immense d'imagination. C'est ça, les chômeurs n'ont qu'à imaginer qui'ls ont du boulot" et "P. Douste-Blazy: à la mairie de Toulouse, il voulait apporter un souffle nouveau à la politique municipale. Il a réussi: avec AZF, il a failli souffler toute la ville." Pas mal ?
Non.
C'est Descartes qui va au restaurant.
Le serveur lui demande :
- Vous voulez boire quelque chose avant de manger ?
- Je ne pense pas, répond Descartes.
Et pouf ! il disparaît...
That's the spirit !
Cova Florian, je suis d'accord avec vous. Peut-on par exemple imaginer le sketch suivant en français :
http://www.youtube.com/watch?v=yiZt79UKUFQ
Bon Antoine, j'ai une autre blague: " Contrôle de géographie: tracer à l'aide d'une calculette la carte scolaire avec ses montagnes de réformes et de directives fleuves qui se jettent dans unemer d'incompréhension, puis dessiner les petites ruisseaux de bonne volonté et évaluer le temps qu'ils mettront à sécher dans les mares d'indifférence administrative". ça va ?
A l'attention de Daniel Schneidermann, sachez que le principal but de ces posts était de remettre un peu d'animation sur le blog, de lancer des discussions. Et voyez le nombre de commentaires dans les derniers jours ! Philotropes is alive ! Et ainsi les fidèles seront en nombre quand notre Sauveur reviendra avec dans sa hotte des posts par milliers.
Les bibliographies d'articles sont bien plus faciles à faire ces temps ci que de mon temps ( bruits d'articulations rhumatisées et d'arthrite dans les cuisses, choc la canne du vieillard sur le plancher fait du bois noueux de l'humanité, grommellements cacochymes et borborygmes paléo-professoraux). On devait aller à la bibliothèque - si on pouvait y accéder , ce qui au Quartier Latin, relevait déjà de l'exploit - attendre les livres des heures, et se répérer dans la jungle des cotes; il y avait des livres et des revues absentes des rayons français - la plupart en fait pour quelqu'un travaillant sur la philosophie anglophone - qu'il fallait aller chercher à Oxford ou Londres en prenant le ferry ( pas deeasy jet à l'époque) et en photocopiant à tout va pendant deux jours à la Library de Merton Street pour revneir les valises chargées. quand on avait fait tout ce boulot, on s'entendait dire par les professeurs que ces références étaient exotiques, illisibles. Bref , on faisait des bibliographies pauvrettes, difficiles, et vaines.
Aujourd'hui tout brille: il suffit d'aller sur un site internet, de copier-coller les biblios à partir des articles du domaine, et avec quelques clics, hop! , vous avez l'apparence du savoir et le touch qu'il faut pour donner à votre recherche l'impression de sérieux. Résultat net : sur les projets de recherche et dans les publications, les bibliographies sont toutes les mêmes, aux coquilles près. Les absences sont souvent assourdissantes. Mais peu importe: très peu de gens s'en aperçoivent.
Merci Florian d'être allé faire un tour sur Philocom. Ce site est en effet tout nouveau. Pour l'instant, il est difficile de trouver des étudiants qui soient motivés pour envoyer leurs articles, mais je ne désespère pas. Pour les trois points que tu suggères d'améliorer, je pense que tu as de bonnes idées. Je vais voir ce que je peux faire pour le mois d'avril. En attendant si tu souhaites m'apporter ton aide, elle est la bienvenue. Je t'invite à prendre contact avec moi : nicolas point rouillot à gmail point com
A bientot
(JD: j'ai édité l'adresse email pour t'éviter de recevoir encore plus de spam)
Bonjour Nicolas, quelques suggestions pour le site:
A plus long terme, si tu veux attirer des gens, il faut que ton site ait un rattachement institutionnel. Ce qu'un étudiant qui aurait un texte à soumettre se demande c'est: qu'est-ce que représente ce site, quel est sa réputation/reconnaissance parmi nos pairs, quelles sont les garanties que j'ai sur sa durabilité, etc.
Bon courage pour la suite!
Un petit message pour vous tenir au courant des avancées du site. Merci à Julien pour ses précieux conseils. Nous avons à présent développé une nouvelle revue en ligne qui s'appelle Les contemporaines. Nous lui avons donné un cadre institutionnel puisqu'il s'agit d'une association qui a comme objectif de réunir des étudiants et des chercheurs autour de problématiques philosophiques et actuelles. Et pour répondre aussi à Florian, nous avons dès cette année réuni un colloque "d'étudiants" autour de thèmes comme "pensée et présent" ou encore "l'écologie" (cf. sur le site). Nous sommes à présent à la recherche de rédacteurs pour alimenter le site, n'hésitez pas à me contacter si vous souhaitez participer à l'aventure...
voici l'url du site (vous pouvez aussi cliquer sur nom) : http://www.lescontemporaines.fr