Dès l'annonce des résultats, Ségolène Royal, rayonnante, a fendu la foule enthousiaste de ses partisans à la sortie de son QG pour regagner la rue de Solférino. Ayant visiblement préparé son discours longtemps à l'avance, elle a choisi de prendre la parole très rapidement devant les français, sans néanmoins sans échapper à un bain de foule improvisé parmi les militants reconnaissants présents dans la salle du siège du PS d'où elle s'exprimait. Soulignant que le "le suffrage universel avait parlé", la candidate victorieuse a remercié les "près de 17 millions d'électeurs" qui ont voté pour elle. Prenant acte de sa victoire, elle s'est tournée vers l'avenir: "je serai au rendez-vous et j'assumerai la responsabilité qui m'incombe desormais", a-t-elle déclaré, appelant à se "rassembler, demain, pour d'autres victoires". Sous les cris de "merci Ségolène", elle a affirmé avec une sereine détermination que "quelque chose (s'était) levé qui ne s'arrêtera pas". Quelque minutes plus tard, son ancien opposant, s'addressant de son côté à des partisans désamparés, a appelé au respect de sa concurrente, et lui a adressé ses félicitations pour une campagne brillante, avant de se réfugier avec sa garde rapprochée dans un restaurant de l'avenue des Champs-Elysées.

Sur les plateaux de télévision, les fidèles d'entre les fidèles de la nouvelle cheffe de l'Etat, Jean-Louis Bianco, Julien Dray, François Rebsamen, Arnaud Montebourg, ou encore Michel Sapin, ne cachaient pas leur satisfaction devant le succès remporté par la candidate, insistant sur la profonde refondation qu'elle avait apporté au sein de son propre parti, mais surtout sur le renouvellement de la vie politique qu'elle incarnait, tout en esquivant toute question sur leur avenir personnel comme étant prématurée, tout comme celle d'un éventuel rapprochement avec le centre. Seuls les quelques décus de la campagne interne, tels Domique Strauss-Kahn, Bertrand Delanoë ou Laurent Fabius, ou des francs-tireurs isolés, comme Bernard Kouchner, boudaient leur satisfaction devant le résultat obtenu par la candidate socialiste, tandis que François Hollande rappelait la nécessité de compléter cette victoire dans les législatives prochaines.

La candidate victorieuse s'est ensuite adressée à la foule en liesse amassée dans la rue de Solférino, depuis le balcon du siège du PS, et son discours était presque couvert par les cris enthousiastes du public, qui, après avoir chanté encore une fois l'hymne national devant une candidate visiblement émue, a célébré sa victoire en dansant jusqu'à une heure tardive.

notes

  1. à 00h00, sur le site desirsdavenir.org de Ségolène Royal: Merci et bravo à toutes et à tous pour cette belle campagne. Avec vous, nos désirs d'avenir continuent. Ségolène Royal.