Ségolène Royal remporte l'élection présidentielle française
Par julien dutant le dimanche 6 mai 2007, 23:29 - Politique - Lien permanent
Dès l'annonce des résultats, Ségolène Royal, rayonnante, a fendu la foule
enthousiaste de ses partisans à la sortie de son QG pour regagner la rue de
Solférino...
Dès l'annonce des résultats, Ségolène Royal, rayonnante, a fendu la foule
enthousiaste de ses partisans à la sortie de son QG pour regagner la rue de
Solférino. Ayant visiblement préparé son discours longtemps à l'avance, elle a
choisi de prendre la parole très rapidement devant les français, sans néanmoins
sans échapper à un bain de foule improvisé parmi les militants reconnaissants
présents dans la salle du siège du PS d'où elle s'exprimait. Soulignant que le
"le suffrage universel avait parlé", la candidate victorieuse a remercié les "près de 17 millions
d'électeurs" qui ont voté pour elle. Prenant acte de sa victoire, elle s'est
tournée vers l'avenir: "je serai au rendez-vous et j'assumerai la
responsabilité qui m'incombe desormais", a-t-elle déclaré, appelant à se
"rassembler, demain, pour d'autres victoires". Sous les cris de "merci
Ségolène", elle a affirmé avec une sereine détermination que "quelque chose
(s'était) levé qui ne s'arrêtera pas". Quelque minutes plus tard, son ancien
opposant, s'addressant de son côté à des partisans désamparés, a appelé au
respect de sa concurrente, et lui a adressé ses félicitations pour une campagne
brillante, avant de se réfugier avec sa garde rapprochée dans un restaurant de
l'avenue des Champs-Elysées.
Sur les plateaux de télévision, les fidèles d'entre les fidèles de la
nouvelle cheffe de l'Etat, Jean-Louis Bianco, Julien Dray, François Rebsamen,
Arnaud Montebourg, ou encore Michel Sapin, ne cachaient pas leur satisfaction
devant le succès remporté par la candidate, insistant sur la profonde
refondation qu'elle avait apporté au sein de son propre parti, mais surtout sur
le renouvellement de la vie politique qu'elle incarnait, tout en esquivant
toute question sur leur avenir personnel comme étant prématurée, tout comme
celle d'un éventuel rapprochement avec le centre. Seuls les quelques décus de
la campagne interne, tels Domique Strauss-Kahn, Bertrand Delanoë ou Laurent
Fabius, ou des francs-tireurs isolés, comme Bernard Kouchner, boudaient leur
satisfaction devant le résultat obtenu par la candidate socialiste, tandis que
François Hollande rappelait la nécessité de compléter cette victoire dans les
législatives prochaines.
La candidate victorieuse s'est ensuite adressée à la foule en liesse
amassée dans la rue de Solférino, depuis le balcon du siège du PS, et son
discours était presque couvert par les cris enthousiastes du public, qui, après
avoir chanté encore une fois l'hymne national devant une candidate visiblement
émue, a célébré sa victoire en dansant jusqu'à une heure tardive.
notes
- à 00h00, sur le site desirsdavenir.org de Ségolène Royal:
Merci et bravo à toutes et à tous pour cette belle campagne. Avec vous, nos désirs d'avenir continuent. Ségolène Royal.
Commentaires
Oui, faut bien se consoler. Et la France a remporté la coupe du Monde de Football 2006 !
Je ne pense pas que nier la réalité soit un bon moyen de se consoler.
Je trouve ça presque "morbide", pathologique, ce genre de réaction. Plus que du déni, c'est presque du délire. Pour le coup, ça peut être bizarre que je dise ça mais ça a pour moi un sens précis : elle ne voit pas la réalité, mais elle ne le sait pas. Les schémas narcissiques sont devenus tellement envahissants qu'ils perturbent sa perception du monde.Ce que je dis peut paraître très éxagéré, mais j'ai ressenti un tel décalage entre la lucidité de DSK (un peu mal venue à 20 h 05 tout de même) et l'aveuglement "délirant" de Royal que ça n'a fait qu'accentuer mon malaise devant le résultat. On dirait qu'elle est tellement heureuse d'avoir pas pris une plus grosse branlée (au prix de concessions au nationalisme) qu'elle se sent capable de poursuivre ces conneries.Il va nous falloir à mon avis quelques jours pour reprendre nos esprits et pour se rendre compte que la France déja bloquée a choisi la révolution conservatrice, comme si la majorité des Français se réjouissaient d'exacerber les tensions qui minent déja notre société.J'ai des potes qui étaient des affrontements de 2005 (et ce sont loin d'être des "voyous") et je peux vous dire que "cette France-là" se sent très inquiète.
Sarko a été très loin devant tout au long de la campagne, dans els sondages et dans les coeurs....Je trouve votre surprise à tous étonnante... et même votre deception : depuis le temps qu'on savait qu'il serait élu, vous auriez dû vous y faire ! A mon avis, c'est le sens de la réaction de Ségogole : elle a toujours été consciente qu'elle ne pourrait pas gagner - l'écart est inférieur aux 5 points prévu - donc : elle est contente... Why not ?Et puis une petite révolution conservatrice ça nous fera le plus grand bien. Vous allez voir. Vivement que Nozick et Hayek soient aux programmes de terminale ! :-D
petite précision : ma dernière phrase était ironique bien sûr. J'espere surtout (mais là je rêve un peu) qu'il va privatiser l'école "républicaine", grande entreprise d'abrutissement s'il en est...
« J'ai des potes qui étaient des affrontements de 2005 (et ce sont loin d'être des "voyous") et je peux vous dire que "cette France-là" se sent très inquiète. »Je me suis toujours demandé pourquoi ceux qui vivaient dans des clapiers, à trainer sans rien foutre au bord des périphériques, à l'ombre des boites aux lettres, pourquoi ils ne se révoltaient pas ? Ils rêvent de paillettes, de voitures sirupeuses, de lumière, de vitrines, de basket en soie, de marques luxueuses... Faute d'être assis au festin, ils font brûler la beauté. Le feu jouit. Est-ce le cri d'une jeunesse qui désire subordonner le pouvoir politique aux individus ? Ils inquiétent la France entière, ils soulèvent des millions d'euros. Mais je me demande si repeindre les cages en rose et planter des géraniums aura un effet sur les vies minuscules ? A côté d'une culture de l'injustice, faut-il chercher une explication vers l’euphorie et la fascination de l’incandescence ? Est-ce que la carbonisation d'une voiture accélère la vie, augmente la puissance d'exister et transforme le rebus en beauté ? Mais pourquoi l'esthétique de la révolte doit passer par la vengeance, la palpation de son pouvoir et l'opposition violente à autrui ? L'homme violent embrasse l'effet de groupe, la morale du ressentiment et l'apologie des passions tristes. Pour l'exprimer dans une logique Nietzchéenne : la violence correspond à l'expression d'une impuissance haineuse à affirmer la vie. Un sentiment réactif tourné contre ce qui n'est pas soi, contre ce qui est libre. Une volonté de puissance sadique qui se cherche des esclaves, qui se cherche des coupables. La violence paye pour ces enfants du bénéfice. Incapable de se créer, ils envient le sourire d'une mémé ingénue. Les mouvements de masse sentent le fromage de chèvre. La sagesse nous invite à l’indifférence. Est-ce qu’un sarkozy ou une Royal peuvent affecter la réalité ?Diogène Laërce évoque dans le livre VI, une poitique : 1/ Apatheia 2/ Adiaphoria 3/ Atuphia, 4/ adoxaston einai 5/ anaideia, 6/ askesis 7/ medem eleutherias prokinon 8/ parakharattein to nosmina 9/ autarkeia 10/ parrhesia 11/ spoudogeloios 12/ kata phusin
Ce qui me consterne dans l’attitude des intellectuels face à la campagne électorale c’est qu’ils restent aussi superficiels que peuvent l’être les journalistes. Qu’ils soient de droite comme de gauche, tous considèrent que ce sont des personnes qui s’affrontent, ou à la rigueur des programmes ou des valeurs. Mais l’enjeu des luttes politiques n’est-il pas en final l’hégémonie d’un groupe social ? Les candidats, les partis ne sont-ils pas d’abord les porteurs d’intérêts de classe (il faut bien appeler les choses par leur nom !).Nicolas Sarkozy représente les intérêts de la couche sociale la plus étroite mais la plus puissante qui soit, celle qu’incarne le Medef auquel il est lié. S’il a gagné, s’il devait gagner, c’est qu’en tant que gestionnaire désigné des intérêts du Medef, il disposait d’énormes moyens, de la quasi-totalité de la presse et des médias. Mais c’est surtout qu’il avait face à lui des adversaires (Royal et Bayrou) dont l’ambition première n’était que d’être des gestionnaires plus avisés que lui et non d’être les porteurs des intérêts des catégories sociales les plus nombreuses, les salariées, les artisans etc.Si l’enjeu du débat était de savoir qui était le plus qualifié pour gérer, c’était assurément celui qui était directement issu du sérail qui l’était car il était forcément le plus cohérent et le plus conséquent dans ses choix. Pourquoi le Medef et ses puissants intérêts auraient-ils cherché ailleurs ?A cela s’ajoute que l’effritement des partis traditionnels au profit des extrêmes menaçait à terme la stabilité sociale et donc les intérêts dominants. Cette tendance devait être renversée et les moyens employés pour y parvenir ont été à la mesure de l’enjeu. Ce n’est pas le parti socialiste qui a choisi Ségolène Royal. Elle a été littéralement mise en selle à la manière d’une Jeanne d’Arc. Annoncée puis traitée bien au dessus de ses adversaires avant tout débat (voir les moyens mis à sa disposition avant son intronisation et en particulier les conditions de ses voyages à l’étranger). Qui donc a orchestré cette campagne et avec quels moyens puisque ce n’était pas le parti socialiste ?Moi ce qui m’importe ce n’est pas que les gens aient voté à droite ou à gauche mais qu’au moins ils comprennent ce qu’ils ont fait, qu’ils voient clairement ce qui se jouait et qui distribuait les cartes. Si les intellectuels ne font pas le travail de radioscopie des événements qui le fera ?PS : je ne crois pas que la droite sera jamais assez sotte pour mettre Hayek au programme des écoles parce que ce serait se montrer « à poil » ; elle est bien trop habile pour cela.
"Si les intellectuels ne font pas le travail de radioscopie des événements qui le fera ?"Lemoine sans doute..."l’enjeu des luttes politiques n’est-il pas en final l’hégémonie d’un groupe social... Nicolas Sarkozy représente les intérêts de la couche sociale la plus étroite mais la plus puissante qui soit, celle qu’incarne le Medef auquel il est lié."Ha d'accord, merci Lemoine de cette radioscopie en profondeur, cette analyse magistrale nous change bien de la "superficialité" des journalistes et des intellectuels. Sincerement, je n'ai jamais entendu ça nulle part. Ca m'ouvre les yeux tout d'un coup......"La droite sera jamais assez sotte pour mettre Hayek au programme des écoles"Bah désolé, je ne sais pas si c'est la droite qui l'a mit au programme mais j'ai étudié Hayek au lycée (aux cotés de bourdieu, marx, durkheim, keynes et biend d'autres), en cours d'éco--gestion (et rapidement en cours de philo)... Sincèrement, je ne crois pas vraiment que Hayek souit la référence ultime de Sarkozy... pour preuve la haine que lui vouent les pro-libéralisme
Pour la petite histoire, pendant que je rentrais tranquillement chez moi à Bastille, à cause d'une petite fête en honneur de la victoire de Ségolène... j'ai fait ma première expérience personnelle des gaz lacrymogènes de la police... qui sont plutôt désagréables
Je ne prétends pas avoir fait une analyse ni avoir les compétences et les moyens pour le faire.Mais qu'il faille aller plus loin que les questions de personne et de programme annoncé, qui peut le contester? Qui peut prétendre aujourd'hui comprendre ce qui vient de se passer?Comment imaginer que les plus puissants intérêts aient assisté en spectateurs (il ne s'agit pas seulement du Medef mais aussi de "nos partenaires européens et américains")Quel est le rôle de chacun? quels moyens mis en oeuvre?
Alberto, tu avais choisi le mauvais endroit. Il fallait s'équiper. A la Concorde, c'était Johnny !
Allons, ce serait de la lâcheté, bien sûr, que de faire profil bas et de se retirer.
pas besoin d'échafauder des théories du complot.... C'est dur à admettre si on est pas sensibles aux registres de séduction que le nouveau président a déployé dans la campagne mais celui-ci avait bien tout pour gagner :1. D'abord, il n'y avait personne en face : la candidate de gauche était peu crédible (il est temps de l'admettre, les meutes de bobos qui l'on fait élire en interne en faisant de l'entrisme au PS nous ont volé l'éléction...) 2. Sarko a un côté punchy ("j'aime l'action etc.") qui plait bien aux gens de droite. 3. Il a largement chassé sur les terres du FN, et de façon assez subtile quoi qu'on en dise... avec ce côté flic qui plait aux vieux (et on est dans un pays de vieux rappellons nous en...)Tout ça est amplement suffisent pour se faire élire en Frzance, quel beau pays.... mais ne dramatisons pas plus que de mesure l'election qui vidnt d'avoir lieu : sarkozy ce n'est ni hitler ni berlusconi - il va plus ou moins poursuivre la politique menée par raffarin et villepin.... avec un peu plus d'arrogance au début mais une ou deux grosses greves et ça passera...
Et le comportement de segolene, limite heureuse, est certes plus noble que celui de Jospin en 2002 mais pour l'interet de la gauche il vaudrait mieux qu'elle s'eclipse....
"Et le comportement de segolene, limite heureuse, est certes plus noble que celui de Jospin en 2002"Bien sûr, quelle honte que d'avoir affiché un tel mépris pour les électeurs (qui sont, cela va de soi, incriticables), et quelle noblesse de faire comme si l'on avait été porté par un grand élan électoral alors qu'on subit une défaite sévère et que, pour une partie importante, ses voix sont dues seulement au fort rejet de l'autre candidat.
Mes chers compatriotes,Demandez-vous pourquoi Sarkozy a gagné: - les vieux; ok - les cadres dynamiques, ok - les toutes catégories: faut redresser la France et rembourser ses dettesCe n'est pas Royal qui porte la responsabilité de l'échec mais le socialisme. Et "il" devrait s'interroger sur ses échecs et se renouveller. Pourquoi pas changer de nom, "le renouveau Gauche" ou "la renaissance" ? Enfin, vous êtes des machos, moi non
Pour moi, Sarkozy a gagné pour 3 raisons : - la faiblesse de la candidate socialiste ; Royal s'est souvent défendue quand elle était en difficulté en taxant ses détracteurs de misogynie : or un homme qui aurait dit "bravitude" aurait eu grand peine à gagner ne serait-ce que le conseil général charentais. Comme me le confiait un ami proche de Rocard : quand Cresson est devenue 1er ministre, les français se sont dit "cool, une femme 1er ministre", mais 3 mois plus tard ils se sont dit "merde, c'est Edith Cresson 1er ministre". Pareil pour Royal : sa féminité l'a plutot bien servie à cacher ses faiblesses personnelles qui d'ailleurs sont largement apparues lors du débat d'entre deux tours. - le 21 avril 2002 Pour laver cet affront, la gauche a choisi de tout sacrifier ; il fallait à tout prix être au 2è tour. Même soutenir une candidate qui cite volontiers Benoît XVI ("l'ordre juste" et même "aimez vous les uns les autres" à Charléty -sic) et qui renvoie Rocard ou Kouchner à leurs chères études. Ces personnalités ont pourtant certainement fait plus pour la gauche que le nouveau pape ! - la qualité de Sarkozy ; Sarkozy est intelligent, très bien préparé, et a à mon sens bien compris que les français en avaient marre, entre le tournant de la rigueur mitterandien, les privatisations jospiniennes ou encore la fracture sociale chiraquienne, des candidats qui ne semblaient pas foncièrement du côté politique qu'ils étaient sensé représenter : Sarkozy est un mec de droite, avec un discours de droite et une action politique de droite : d'où la crédibilité du "je fais ce que je dis". Absurde quand on voit en réalité sa frilosité dans le dossier du CPE (certifié Chirac Mai 68), mais très efficace au final dans le contexte actuel. Malheureusement...La gauche est dans un triste état...
J'en ai assez du mépris montré par tant de gens de "gauche" pour Ségolène. Ce sont eux qui nous ont fait perdre! La position de leader de Segolène a toujours été fragilisée depuis l'intérieur même de son parti. Or un chef n'est fort que parce que tout son camp le soutient. Des apparachiks haineux ont tout fait pour briser l'élan et l'espoir qu'elle a éveillés. On n'a cessé de répandre la suspicion sur ses capacités à gouverner alors que 1. On ne gouverne jamais seul. 2. Les capacités à gouverner se révèlent à l'oeuvre et à la fin du mandat. Quelqu'un de psychorigide comme Sarkozy donne l'illusion du "professionnalisme" présidentiel, alors que président de la République, ce n'est pas une profession!Sarkozy est quelqu'un qui va mettre la merde en Europe et dans la société française, parce qu'il arrive avec la certitude qu'il sait d'avance tout ce qu'il faut faire! Comment peut-on, par exemple, déclarer péremptoirement que la Turquie ne doit pas entrer dans l'Europe? Avec un tel mépris des opinions, des complexités, des dangers de la poudrière mondiale! Comment peut-on représenter la France avec des idées de représentant en cravates? Ecoutez la meilleure! Pourquoi la Turquie ne doit-elle pas entrer en Europe d'après Sarko? Eh bè, ''parce qu'elle est pas en Europe''! Bravo pour la logique! Ca marche peut-être devant l'électorat de Le Pen, mais pas devant une opinion mondiale pas aussi abrutie que le croit notre nouveau président. Je signale que le seul argument qu'il a trouvé pour dire que la Turquie, "elle est pas en Europe", c'est qu'elle est en "Asie Mineure". Voilà, le mot le dit : elle est en "Asie Mineure". Nous on est en "Europe Majeure". Ses conseillers auraient pu lui souffler à l'oreille que les entités continentales ne sont pas d'essence aussi simple. Après tout, il existe bien une "Eurasie".
Et puis, je ne vois pas en quoi il incarne la rupture et le changement. C'est un conservateur, ami des puissances de l'argent et du showbiz, qui veut distribuer des sacs d'or aux riches. C'est un réactionnaire, qui veut liquider mai 68 et mettre les pauvres et les modestes au travail, leur jetant les miettes des heures supplémentaires. Voilà le problème! On a élu un petit Bush qui va mettre la merde dans notre pays et dans le monde. A moins que l'exercice du pouvoir ne l'arrange un peu. Mais qu'il ait été élu au vu "d'évidentes" capacités à gouverner, en face d'une Ségolène qui ne les avait "évidemment" pas, ça j'en ai marre de l'entendre.
J'en ai assez du mépris montré par tant de gens de "gauche" pour Ségolène. Ce sont eux qui nous ont fait perdre! La position de leader de Segolène a toujours été fragilisée depuis l'intérieur même de son parti. Or un chef n'est fort que parce que tout son camp le soutient. Des apparachiks haineux ont tout fait pour briser l'élan et l'espoir qu'elle a éveillés. On n'a cessé de répandre la suspicion sur ses capacités à gouverner alors que 1. On ne gouverne jamais seul. 2. Les capacités à gouverner se révèlent à l'oeuvre et à la fin du mandat. Quelqu'un de psychorigide comme Sarkozy donne l'illusion du "professionnalisme" présidentiel, alors que président de la République, ce n'est pas une profession!Sarkozy est quelqu'un qui va mettre la merde en Europe et dans la société française, parce qu'il arrive avec la certitude qu'il sait d'avance tout ce qu'il faut faire! Comment peut-on, par exemple, déclarer péremptoirement que la Turquie ne doit pas entrer dans l'Europe? Avec un tel mépris des opinions, des complexités, des dangers de la poudrière mondiale! Comment peut-on représenter la France avec des idées de représentant en cravates? Ecoutez la meilleure! Pourquoi la Turquie ne doit-elle pas entrer en Europe d'après Sarko? Eh bè, parce qu'elle est pas en Europe! Bravo pour la logique! Ca marche peut-être devant l'électorat de Le Pen, mais pas devant une opinion mondiale pas aussi abrutie que le croit notre nouveau président. Je signale que le seul argument qu'il a trouvé pour dire que la Turquie, "elle est pas en Europe", c'est qu'elle est en "Asie Mineure". Voilà, le mot le dit : elle est en "Asie Mineure". Nous on est en "Europe Majeure". Ses conseillers auraient pu lui souffler à l'oreille que les entités continentales ne sont pas d'essence aussi simple. Après tout, il existe bien une "Eurasie".Et puis, je ne vois pas en quoi il incarne la rupture et le changement. C'est un conservateur, ami des puissances de l'argent et du showbiz, qui veut distribuer des sacs d'or aux riches. C'est un réactionnaire, qui veut liquider mai 68 et mettre les pauvres et les modestes au travail, leur jetant les miettes des heures supplémentaires. Voilà le problème! On a élu un petit Bush qui va mettre la merde dans notre pays et dans le monde. A moins que l'exercice du pouvoir ne l'arrange un peu. Mais qu'il ait été élu au vu "d'évidentes" capacités à gouverner, en face d'une Ségolène qui ne les avait "évidemment" pas, ça j'en ai marre de l'entendre.
Si les intellectuels ne font pas le travail de radioscopie des événements qui le fera ?"Les intellectuels médiatiques se sont peut-être aperçu de l'inutilité de leur intervention. Ils ne sont, en vérité, ni intellectuels, ni médiatiques... Ils ne réflechissent pas, ils ne prennent pas le temps de l'expérience et de la distance, ils s'aveuglent par l'illusion flatteuse de leur autorité, ils s'avèrent beaucoup moins médiatique qu'un chanteur ou qu'un footbôleur. Sarkozy s'est entouré de Johnny et non d'Onfray. Pour celui qui ne les connait pas, leurs pensées sont sans conséquences. Pour celui qui les connait, ils ne sont que des commerçants de la citation ou du recyclage.
Sur la "posture" de l'intellectuel qui s'exprime "comme s’il avait extrait une deuxième dimension du présent qui échapperait à l’historien prosaïque ou au sociologue besogneux", cf ce texte de Descombes sur le site de Jean-Pierre Voyerhttp://perso.orange.fr/leuven/intel-critique.htm
Merci Lev!L'article d'Alexis Dalem prédisait que Ségolène Royal perdrait parce qu'elle serait trop au centre, pas assez à gauche. Pas sûr que cela ce soit révélé vrai. D'ailleurs le nouvel article reprend cette vieille légende, selon laquelle la majorité des français à voté "non" à la constitution européenne "parce qu'ils voulaient une Europe plus sociale" (le "non" de droite n'a pas eu lieu!).
Dernière minute. Nous SAVONS maintenant pourquoi Sego a perdu. Elle avait un dépit amoureux qui l'a conduite à se présenter par défi contre François Hollande. voirhttp://www.letemps.ch/template/international.asp?page=4&article=206909C'est donc l'mour qui est responsable de sa défaite. De même pour Sarkozy, avec Cécilia. Mais Sarkozy a su garder tête froide, à la différence de Ségo.tout ceci confirme ce que dit Lucrèce dans De rerum natura, livre IV 1908 sq. Le philosphe doit se garder de l'amour, source d'illusions électorales
Merci Lev!
L'article d'Alexis Dalem prédisait que Ségolène Royal perdrait parce qu'elle serait trop au centre, pas assez à gauche. Pas sûr que cela ce soit révélé vrai. D'ailleurs le nouvel article reprend cette vieille légende, selon laquelle la majorité des français à voté "non" à la constitution européenne "parce qu'ils voulaient une Europe plus sociale" (le "non" de droite n'a pas eu lieu!).
Dernière minute. Nous SAVONS maintenant pourquoi Sego a perdu. Elle avait un dépit amoureux qui l'a conduite à se présenter par défi contre François Hollande. voir
http://www.letemps.ch/template/international.asp?page=4&article=206909
C'est donc l'mour qui est responsable de sa défaite. De même pour Sarkozy, avec Cécilia. Mais Sarkozy a su garder tête froide, à la différence de Ségo.
tout ceci confirme ce que dit Lucrèce dans De rerum natura, livre IV 1908 sq. Le philosphe doit se garder de l'amour, source d'illusions électorales
http://www.bakchich.info/article1115.htmlSur les relations de Bolloré avec l'état.
Le problème majeur - l'un des problèmes majeurs, car ce n'est pas le seul - l'un des nombreux, donc, problèmes majeurs que soulève l'exercice du pouvoir est fonction de qui on trouve pour l'exercer ; ou plutôt, de qui s'arrange à amener les gens à le laisser l'exercer sur eux. En résumé, il est un fait patent, que ceux-là mêmes qui ont le plus envie de gouverner les gens sont, ipso facto, les moins aptes à le faire. Pour résumer le résumé : quiconque est apte à parvenir à se faire élire président ne devrait à aucun prix être laissé libre d'exercer cette fonction. Pour résumer le résumé du résumé : les gens sont un vrai souci.Le Dernier restaurant avant la Fin du Monde, p. 228
Le problème majeur - l'un des problèmes majeurs, car ce n'est pas le seul - l'un des nombreux, donc, problèmes majeurs que soulève l'exercice du pouvoir est fonction de qui on trouve pour l'exercer ; ou plutôt, de qui s'arrange à amener les gens à le laisser l'exercer sur eux. En résumé, il est un fait patent, que ceux-là mêmes qui ont le plus envie de gouverner les gens sont, ipso facto, les moins aptes à le faire. Pour résumer le résumé : quiconque est apte à parvenir à se faire élire président ne devrait à aucun prix être laissé libre d'exercer cette fonction. Pour résumer le résumé du résumé : les gens sont un vrai souci.
Le Dernier restaurant avant la Fin du Monde, p. 228
Maginifique! La coïncidence avec le titre du bouquin est impressionante!
Monsieur, que voulez-vous dire avec le restaurant ? Merci mille fois.La quiche.
Madame, Rien. C'est le titre du livre. PS : Monsters don't eat quiche Jeff smith.
Enchanté. Mais je suis un monsieur fragile. Ouf, il n'est pas question de cannibalisme.
certes
(NB, Dougal: si tu mets un lien seul le filtre croit que c'est du spam, désolé - le voilà rétablit maintenant...)
très bien Dougal
Julien Dutant, "rétabli" sans "t"; compris ?
C'est bien malheureux, je crois que je perds toute mon orthographe depuis que j'écris principalement en anglais...
tant que ce n'est pas le cerveau !
vous êtes dur. Peut-être, est-ce à cause d'une asiatique anglaise. C'est beau l'amour.